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Jules Verne
L’INVASION DE LA MER 
(1905)
    É    d    i   t    i   o   n    d   u   g   r   o   u   p   e  «   E    b   o   o    k   s    l    i    b   r   e   s   e   t   g   r   a   t   u    i   t   s  »
 
Table des matièresPRÉFACE JULES VERNE vu par LÉON BLUM.....................3
 
I L’OASIS DE GABÈS...............................................................5
 
II HADJAR............................................................................20
 
III L’ÉVASION.......................................................................31
 
IV LA MER SAHARIENNE....................................................46
 
 V LA CARAVANE...................................................................59
 
 VI DE GABÈS À TOZEUR......................................................73
 
 VII TOZEUR ET NEFTA........................................................86
 
 VIII LE CHOTT RHARSA....................................................102
 
IX LE SECOND CANAL.......................................................118
 
X AU KILOMÈTRE 347.......................................................132
 
XI UNE EXCURSION DE DOUZE HEURES......................144
 
XII CE QUI S’ÉTAIT PASSÉ................................................162
 
XIII L’OASIS DE ZENFIG...................................................174
 
XIV EN CAPTIVITÉ.............................................................187
 
XV EN FUITE......................................................................202
 
XVI LE TELL........................................................................213
 
XVII DÉNOUEMENT..........................................................224
 
 À propos de cette édition électronique.................................237
 
 
– 3 –
PRÉFACEJULES VERNE vu par LÉON BLUM
Ce texte a paru dans le quotidien l’Humanité le 3 avril1905, quelques jours après la mort de J. Verne.
Je voudrais parler aujourd’hui de Jules Verne, et ce n’estpas seulement pour m’acquitter d’un devoir de reconnaissance ;car j’ai lu Jules Verne quand j’étais enfant comme tantd’enfants ; c’est aussi pour réagir contre une injustice négli-gence. Nous sommes fâcheusement enclins à dénier toute valeurlittéraire aux œuvres qui se présentent à nous sous une figuresimple, sans appareil, aux livres écrits pour le peuple, aux œu- vres écrites pour les enfants, c’est toujours une injustice ; c’esttrès souvent une erreur. Cette erreur, l’avenir la redresseracomme toutes les autres, car il n’y a guère qu’en littératurequ’on soit toujours assuré de la justice finale.Pourquoi celui qui écrit pour le peuple en paraîtrait-il,
àpriori
, négligeable aux délicats et aux lettrés ? On a beaucouploué Jules Verne du tact, du bonheur avec lequel il avait su choi-sir et formuler les problèmes de la science. Il ne semble pas ce-pendant que sa culture scientifique ait dépassé ou même égalécelle d’un vulgarisateur quelconque. Mais il avait, si l’on peutdire, l’instinct des directions de la science. Il avait assez deculture pour voir le but ; il n’en avait pas assez pour qu’aucunedifficulté théorique et technique l’embarrassât.Je ne crois donc pas que son œuvre puisse garder, mêmeprovisoirement, une valeur de vulgarisation scientifique. Maiselle pourra conserver longtemps sa valeur éducatrice et pédago-
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