ses origines de gauche ».Au titre des apports structurants de la
«troisièmevoie»
, est-il besoin de rappeler, par exemple, l’agenda2010 de Gerhardt Schröder, particulièrement brutalpour le monde du travail, qui s’est traduit au planeuropéen par l’adhésion à une stratégie économiqueet sociale profondément libéral ? La déréglementa-tion des marchés du travail au nom de la« flexisécurité », les politiques de défiscalisation, lesrefontes des systèmes de retraite, les privatisations ?
Quant au New Labour britannique
, qui devaittransformer les forces militantes en base «à la foismassive et passive», selon un proche de Tony Blair, ilest en crise lui aussi. Des 400 000 adhérents qu’ilcomptait en 1994 lorsque Tony Blair en prit ladirection, il en restait 177 000 en juin 2007.
Le temps maintenant est à lareconstruction de la gauche,lucidement
En France, le 21 avril 2002, a été le premier chocpolitique. Le 7 juin 2009 en est la continuité. Ouidepuis le 7 juin les différentes élections partielleslocales montrent un retour à des résultats «dans lanorme», mais pour autant, pouvons-nous nouscontenter de nous accrocher à cette brindille enespérant qu’elle nous porte vers un nouveau monde? Qui peut en raison, continuer à croire que «la placedu Modem doit être discutée» alors qu’à l’échecélectoral de la formation de François Bayrou, s’ajoutele fait indiscutable que les 6 députés européensModem élus siègeront, comme prévu, dans legroupes des libéraux-démocrates, allié du PPE, auParlement européen ?
L’avenir de la gauche ne peut passer par dessupplétifs
. Elle commence par une analyse lucide :nous sommes incapables depuis 2002 d’incarner, dedéfinir et même de nommer la société que noussouhaitons.Et pourtant, la même envie de renaissance des valeursqui ont fondé nos premiers engagements nous anime.
Nous considérons que «le socialisme n’est pas mort»,que l’aspiration au bonheur est plus forte que larésignation de nos concitoyens.
Cette envie de vivre mieux, dans une société plus justenous en étions les porteurs, jusqu’à ce que la tentationde ne plus parler que de nous, éloigne de nospréoccupation apparentes et médiatisées, les citoyenset d’abord les classes populaires, salariées que nousdevions défendre. Dès 2002 seuls 13 % des ouvriersont voté PS. Paradoxalement, si nos élus et candidatslocaux résistent mieux c’est justement grâce à la faiblemédiatisation des élections et des «conflits» locaux.
Ces mouvements de fonds, ne sauront être dépasséspar un unique totem guérisseur
. Ni le mot «primaires»,ni l’affirmation du «grand parti socialiste» ne peuventremplir le vide laissé par la stérilité de lasocial-démocratie, incapable de proposer unestratégie pour répondre au quatre crises majeuresauxquelles le monde est confronté – crise financière,énergétique, alimentaire et environnementale. Il n’yaura pas de raccourci.Sur le fond, les chantiers sont ouverts.
Après la chutedu mur de Berlin et la fin de l’horizon communiste,alors que la «finitude» de la planète est maintenantune perspective angoissante mais potentiellementréalisable
, la famille de la gauche politique, associative,de la gauche d’engagements, partage un socle devaleurs communes qui lui doit lui permettre d’élaborer un nouveau modèle de développement à proposer àla société. Elle divergera sans doute sur les rythmes,les voies, les moyens, et même sur certainscompromis, mais elle a en commun d’avoir toujoursconsidéré que tout n’est pas marchandise, quel’individu, comme la planète, ne peuvent être soumisà la loi du marché comme source de régulation.
C’est de la maison commune de la gauche que doitémerger cette matrice politique, c’est notre cap
. Ilamènera peut être, comme conséquence, certainesorganisations politique à se dépasser, à muter, maisce n’est ni le sujet, ni le but. Il en va de même de laRénovation. C’est à cette aune qu’elle doit êtreportée. Comme un outil, pas une fin. Il est clair quel’enjeu dépasse largement la question des primaires
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