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L'Imagination Et l'Imaginaire en Phi Lo Sophie

L'Imagination Et l'Imaginaire en Phi Lo Sophie

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imagination
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05/11/2014

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Leçon27. L
imagination et l
imaginaire
 

 Jamais culture n’a, comme la nôtre, autant fait l’éloge de l’imagination. La publicité, les medias, non seulement fontconstamment appel à l’imagination, mais font aussi miroiter en permanence la figure de l’ailleurs imaginaire contre le réel.Partir dans l’ailleurs de l’
imaginaire
, c’est la seule manière pour l’homme postmoderne de se sentir libre. C’est se donnerlibrement un autre monde que celui de la réalité. Et nous avons tous les moyens techniques pour y parvenir. Gloire àl’imagination donc, car elle est devenue le symbole de la liberté par excellence, nous qui revendiquons avant tout le
droit derêver
!
  L’imagination n’a-t-elle pour fin que de délivrer les moyens de la fuite de la réalité? L’imaginaire se réduit-il à la marge decompensation de nos désirs?Quelle différence y a-t-il entre imagination et imaginaire? Quel est le principal ressort du travailde l’imagination? L’imagination permet-elle de nous mettre en rapport avec un autre monde possible ou bien de quitterlibrement celui-ci pour trouver satisfaction ailleurs? Si les fantaisies de l’imagination ne faisaient qu’emprunter leur contenu àla réalité, pour la reconstruire au gré des fantasmes et des désirs, l’imagination ne ferait que copier. Elle se bornerait àcombiner des images dans des tableaux quiimitent les faits de la nature, tout en ne représentant rien de réel ou d’existant. Ellene serait pas si libre ni si riche que nous voudrions le croire. Mais n'est-il pas excessif de dire que l'imaginaire est seulement un sous-produit de la perception retravaillé par le désir?
Qu
est-ce que
imagination?
 * **
 A. Image, perception, souvenir et concept
 L’imagination, comme laperception, ou la mémoire, constituent des modalités de la conscience, des formes del’intentionnalité. Cependant, être conscient d’une
image
, ce n’est pas du tout être conscient d’une
chose
au cœur de laperception ; et cette intentionnalité diffère aussi de celles du
souvenir
et du
 jugement
. Dans un premier moment, nous pouvonsmarquer les distinctions conceptuelles entre image, concept, perception et souvenir. (
texte
) Le décalage entre l'imagination et la perception est très net, ce sont même deux formes de conscience qui sont antinomiques.
 Plus je perçois
de façon aiguë, de manière attentive, vigilante, lucide, et
moins j
imagine
.
Percevoir, c'est êtreprésent,ici et maintenantprès de cette fenêtre ouverte, rester à même la perception, dans cette pièce où je me tiens. Non pass'évader en pensée. Plus je me laisse aller à l’imagination, moins je puis percevoir ce monde actuel, de telle manière que laconscience d’image chasse la conscience de chose et réciproquement. La conscience d’image ne se développe qu’en donnantcongé prov isoirement au Monde de la vigilance, sans que pour autant la consciencene tombe dans la torpeur d’un sommeil. La  vigilance suppose une conscience des choses etune conscience du Monde, une tension caractéristique qui appelle unesurveillance . Cette tension de la surveillance est celle qui justementdoit se relâcher pour que je m’évade et me livre tout entierà des images. D’un côté, il y a donc le
réel
et toutes ses exigences, de l’autre, il y a
l’irréel
et toutes ses séductions; en d'autrestermes, ou bien aussi:la conscience de la vigilance et l’inconscience qui tend vers le rêve. (
texte
) Le rapprochement avec le
souvenir
nous met tout de suite dans une possibleconfusion. Si, par exemple, j’évoque en pensée la maison de ma grand-mère enBretagne où j’ai passé une partie de mon enfance, il y a bien des images qui mereviennent, mais ces images ont une tonalité particulière, elles sont plusexactement des souvenirs. Ce qui fait qu’une image est de l’ordre du souvenir vientde ce qu’elle est marquée par le
temps
dans la dimension du passé. Je revois unemaison nonloin du bourg, des lieux comme une plage de galets. Je pourrais peut-être me souvenir de la couleur des volets de la maison. C’est là une imagecomplexe, mais c’est aussi un souvenir. Pour rencontrer une image dans son modeparticulier de manifestation, il faudrait se dégager de la perspective temporelle. Le
souvenir
se définit comme prise de conscience par le sujet du passé, alors que
l’image
ne nous fait pas sortir du présent : l’image est plutôt
intemporelle
. Lesouvenir prend place dans la Durée. Toute image n’est pas nécessairementsouvenir, mais inversement, dans tout souvenir, il y a des images. De même, danstoute image, il y a bien un élément de perception sensorielle, mais qui a étéemprunté à la perception, pour être transformé ensuite. Je peux très bien formerl’image d’un cheval ailé, sans évoquer nécessairement tel cheval que j’ai vu un jourcourir dans un pré. Ce qui me permet de former l’image est en un sens moinsintime qu’un souvenir, c’est une sorte de connaissance de
formes
plus intemporelleque les souvenirs. Dans le souvenir, la tonalité émotive est très forte : j’ail’impression de retrouver
à travers les images
, mon passé, de me retrouver
moi
.
 
Dans le souvenir, l’essentiel, c’est le rapport de ma conscience au passé, l’image ne jouant qu’un rôle intermédiaire. Dans le rapport à l'imaginaire, l'image est directement l'objet. Une image est produite,inventée, elle est une
création
de l’esprit, ce n’est pas seulement une reproduction de ce que l’esprit a déjà pu voir. La mémoire vise le passé et non pas l’image en tant que telle, ce qui justifie la distinction des deux facultés. Dans l’imagination, l’image n’estpas un intermédiaire, elle est le but de la visée en tant que telle. La conscience qui perd pied par rapport à la perception sedéploie dans des images, la conscience se fait tout entière image et jouit de sa production imaginaire. (
texte
) Il semblerait donc que l’image soit plus impersonnelle que le souvenir, ce qui semble la rapprocher du concept, l’objet desactes du jugement. Cependant, nous le voyons bien, une image n’est pas un concept, même si elle est pensée
au moyen
deconcepts. Quand je me donne une image comme celle du cheval ailé, je la
pense
en usant du concept de cheval et de celui d’aile.L’image de la maison appelle logiquement leconceptd’abri, de fenêtre, de porte, de toit, de façade etc. Pourtant une image n’estpas la même chose qu’un concept. Le concept est par nature abstrait, tandis qu’une image est toujours concrète. Le concept estun genre, une catégorie abstraite. Le concept de chien est une catégorie générale qui recoupe des espèces et individualitésextrêmement diverses. Le concept suppose le langage, le mot pour le dire. Quand j’imagine un chien, je ne peux pas imaginerune idée, je me représente tel ou tel chien
particulier
, un teckel, un berger allemand, un setter irlandais etc. Je suis placé dansune situation qui est semblable à celle de la perception qui est elle aussi confrontée à la particularité de la chose perçue. Je ne vois pas «
un arbre» je vois cet arbre-ci que je peux identifier comme un sapin. De même, l’image que j’ai dans l’esprit c’est
un
cercle,
un
animal,
une
maison,
une
fée.Dans un
schéma
pourtant, nous réalisons en quelque sorte l'intermédiaire entre conceptet image concrète. Un schéma simplifie l'idée et la rend concrète, mais d'une manière qui n'est pas très détaillée.Ceci parexemple peut passer pour le schéma d'un homme : Les entités mathématiques de même sont d'abord pensées par l'esprit avant de pouvoir être représentées par l'imagination.
  Il y a pourtant une différence essentielle entre ce que j’imagine et ce que je conçois. Il est possible que parfois nous puissionsconcevoir une chose, sans être capable de l’imaginer. Descartes donne l’exemple du polygone à 1000 côtés. «
Si je veux penserà un chiliogone, je conçois bien à la vérité que c’est une figure composée de mille côtés, aussi facilement que je conçois qu’untriangle est une figure composée de trois côtés seulement, mais je ne puis imaginer les mille côtés d’un chiliogone, comme jefais les trois côtés du triangle». (
texte
 
) C’est une difficulté que nous avons rencontrée par exemple avec la théorie de larelativité : du point de vue du concept, l’idée peut-être claire, mais l’imagination ne parvient pas à suivre, car elle doits’éloigner trop des repères ha bituels. Contrairement à ce que l’on admet d’ordinaire, la puissance de l’imagination n’est pastoujours au-dessus de la puissance de conception de l’intellect. La pensée imaginative éprouve parfois des difficultés àreprésenter ce que l’entendement conçoit. Du reste, dans les matières abstraites, le schéma donné par l’imagination n’est jamaisqu’un support pour la pensée et non pas son but. Cela peut aider, notamment dans un but pédagogique, mais c'est tout. On peut
 
 je peux identifier ce qui correspond àla
définition 
d'un homme en
reconnaissant quelques uns de sesattributs : deux jambes, deux bras,station debout, un tronc, une tête.C'est grâce au
concept 
que je peuxidentifier cette image.
 
 
une ligne, cen'est pas
la 
 ligne, pardéfinition elle
ne devrait pas
avoir
d'épaisseur et
être non
limitée
 
 
un trianglemême maldessinéschématiseencore leconcept detriangle
 
 
très bien en faire aussi l'économie, si nous pouvons saisir l'idée sans intermédiaire. En résumé, image, souvenir et concept ont des aspects communs. Le plus caractéristique est le fait que dans tous les cas, ils serapportent à un objet
absent
. Le souvenir se rapporte à un passé qui n’est plus. Le concept se développe sur un plan qui excèdela perception singulière et vise un genre. L’image, elle aussi, vise ce qui n’est pas là, mais dont elle se donne une pseudo-présence. Le souvenir est du côté de la copie affaiblie de la réalité tandis que l’imagination semble la recréer. L'imagination estcréatrice, le souvenir doit sa vie à une Durée qui a été vécue et qui n'est pas une création actuelle.
B. La conscience et l
imaginaire
 
 C
’est cette forme de conscience faite de pseudo-présenceque nous devons examiner. En quel sens l’image est-elle une formede conscience? La perception des voitures qui passent dans la rue est aussi une forme de conscience, mais elle est la saisie de la
réalité,
au sens du Monde de la vigilance
,
dans mon champ de conscience. Je suis en rapport avec le réel présent ici etmaintenant, à travers la fenêtre de la
perception
. De cette manière, c’est l’existence qui est donnée à mon regard. Or, quandentre en jeu l’imagination je me détourne de
ce qui est
pour me livrer à des images. Je me donne un objet irréel, un objet
absent
, mais qui est, comme dans la perception, particulier et concret. 1) Comment est-ce possible? On peut dire de l’image qu’elle est l’homologue sur le mode de la
 visée d’un irréel
de ce qu’est laperception sur le mode de la
 visée du réel
. L’image est le
mode de conscience
par lequel s’appréhende dans sa particularité unobjet visépar la conscience, sous la forme de l’irréel ou de l’absence. La perception est
donation de présence
, l’imagination estune
donation d’absence
. La formule est étrange mais elle est très claire du point de vue de l’expérience. Dans la perception jeme donne la présence du monde, dans l’imagination, je quitte cette présence et je me réfugie en moi-même. Du coup, je me faisabsent pour tous les autres : «
Tu rêves?» me dit-on. Ma conscience qui se met à rêver les yeux ouverts, cesse d’être vigilante; je bascule vers le
rêve
à travers cet étatintermédiaire qu’est la
rêverie
. De fait, le rêve, en tant qu’état de conscience, est le prototype du travail de l’imagination.
Larêverie
constitue un état intermédiaire, une réintroduction de l’inconscience onirique dans la veille. Pour bien comprendre cequ’est l’imagination, il faut partir de l’état de rêve;pour bien comprendre ce qu’est la perception, il faut partir de ce qu’est l’étatde veille. Le rêve est typiquement une manière pour le sujet de se perdre dans desimages, en maintenant quelques temps un état d’inconscience qui ne supprime pasles pensées (sinon il chuterait dans le sommeil profond). Le défilé chaotique durêve, sa capacité de servir la réalisation de tous les désirs, son non-respect des loisde laréalité, en particulier la cohérence des objets, la causalité, toutes cescaractéristiques nous montrent que la structure du réel, tel qu’il est mis en placedans la veille se voit détruite en faveur d’un irréel posé par l’imaginaire. Le rêveconstitue une projection dans le champ de l’imaginaire et le modèle d'une illusion bien construite. L’irréel n’est pas le vide. L’irréel a une
pseudo-existence
en tantqu’image pour la conscience qui le pose comme son objet. Selon le modèle del'intentionnalité de la vigilance, on ne peut pas avoir conscience d’un «
rien
», laconscience est conscience-de-quelque-chose. Dans le rêve, la conscience estdevenue, non plus conscience de choses perceptibles, mais conscience d’images.L’image est un «
quelque-chose»
pour
la conscience, mais un quelque chose quin’a pas son entrelacement dans les structures du monde de l’état de veille. Quand lesujet ressort d’un mauvais rêve, il pense «
ouf, ce n’était qu’un rêve»
!
et reprendpied dans la cohérence du monde de la vigilance. Il reprend pied dans la réalité enfaisant tomber une illusion, en mettant fin à l’hallucination onirique. (
texte
 
) Nous pouvons retrouver ce travail de la conscience dans l’état de veille quandnous délaissons le perçu en faveur de l’imaginaire en nous laissant aller à larêverie. Nous pouvons demeurer dans cet état de semi-conscience dans lequelnous invitons des images, au risque d’êtresurpris en train de rêver les yeuxouverts. Il y a bien une
activité imageante
, une intentionnalité très particulière àl’œuvre dans l’imagination, différente de celle qui se développe dans laperception. Le perçu possède une richesse dont je nepeux pas faire le tour. Il s’enrichit au fur et à mesure que je détaille de mieux en mieux les esquisses par lesquelles la chose seprésente à moi. L’image ne possède rien de tel. L’image se donne tout d’un coup et se donne dans sa pauvreté essentielle ditSartre. Entre l’arbre perçu et l’arbre imaginé, il y a la différence entre l’observation vraie et la
quasi-observation
. L’image n’estpas vide par rapport à la perception, elle correspond à une manière qu’a la conscience de se rapporter à un objet. L’image enveloppe en elle une intentionnalité qui est le pouvoir de l’irréel. Or le pouvoir de l’irréel veut aussi dire le pouvoirde
déréaliser
et donc aussi de nier. Quand par exemple, je me trouve à la terrasse d’un café pour attendre Pierre, l’attente, sielle pèse sur ma conscience, fera que je quitterai très vite la perception. Que m’importent ces gens, ces murs, cette serveuse quime sourit, ces détails au plafond. Pierre n’est pas là ! Je ne suis plusdisponiblepour ce monde. Ma pensée n’est pas tournée vers
 le
monde, elle est portée vers
un
monde, le
monde-sans-mon-ami
. Le passage dans l’imaginaire est spontané. Je pense à lui,’imaine un monde avec mon ami résent et du cou e biffe la réalide ce monde actuel. D’une certaine faon e ne eux as

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