I. - Etat de la question.
La petite région qui nous intéresse a déjà fait l'objet d'une véritable 'dissection' de ses originesreligieuses par un chercheur très brillant et très intuitif, hélas trop tôt enlevé à l'école historiquebretonne, René Largillière, dont, aujourd'hui encore, près de trois quarts de siêcle après lapublication de ses travaux, la méthode et les principales conclusions continuent d'être utilisées partous les historiens du haut Moyen âge breton. Mais Largillière, qui concentrait son attention et sesrecherches sur la mise en place des structures paroissiales primitives, n'a fait qu'effleurer lesquestions dont nous traitons ici.En 1954, un jeune agrégé d'Histoire, Léon Fleuriot, donne un article synthétique sur le Yaudet
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qui,compte-tenu des différents éléments d'histoire et d'archéologie collectés, conclut à l'existence en celieu d'une
civitas
, laquelle aurait recueilli au Vè siêcle " une partie de l'héritage de Carhaix" entermes d' "organisation ecclésiastique gallo-romaine" ; mais bientôt, dans la première moitié du VIèsiècle, cette organisation est ruinée et Tréguier devient alors la "nouvelle capitale du diocèse" sousl'impulsion de Tugdual. "Le souvenir de l'importance ancienne du Yaudet subsiste d'ailleurs etdonne peu à peu naissance, à cause d'une vague similitude de nom, à la 'légende de Lexobie',développée dans la
tertia Vita
[de saint Tugdual] et attaquée par La Borderie. Mais si le nom estcontroversé, la tradition n'était pas entièrement fausse"
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.En 1973, Denis-Bernard Grémont produit une longue étude sur saint Melar
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, petit Prince martyrdont l'un des principaux lieux de culte est justement Lanmeur : à cette occasion, il évoque àplusieurs reprises la tradition locale ; mais, outre le fait qu'il emprunte l'essentiel de sa matière à untravail antérieur de Largillière
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, il n'y a dans ses pages aucun élément relatif à un quelconque siègearchiépiscopal à Lanmeur.Depuis ces questions paraissent avoir perdu beaucoup de leur intérêt. Le cas du Yaudet a étérapidement examiné par le Professeur Léon Fleuriot en 1980 dans son ouvrage sur
les origines de la
Bretagne
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et par Monsieur G.Bernier dans l'édition abrégée de sa thèse soutenue la même année
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.Pour le premier il s'agit en fait d'un simple réexamen et d'un correctif : "l'article publié sous le titre"une civitas éphémère : le Coz Yaudet" ...(...) est à corriger : il ne s'agit pas d'une
civitas
mais d'un
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