traitement d'agir au moment d'un pèlerinage. En outre, faut-il nommer "miracle " unéventuel effet psychologique favorable, du type placebo ?- Ce sont des arguments d'intellectuels. Nous nous adressons à la majorité de la population, pour laquelle les miracles ont toujours été un élément capital dans lesdiscussions sur l'existence de Dieu.- Autrement dit, nous ne nous adressons qu'à des imbéciles, c'est ça ? C'est dunivellement par le bas, votre sondage !· Mon cher enfant, si vous vouliez rester dans la subtilité et la finesse, il valait mieux ne pas recourir à un référendum.- C'est dans la simplicité que je voulais rester. Un sondage en une seule question, bizarre certes, mais honnête : Etes-vous pour ou contre l'existence de Dieu ? Riende plus. Il ne nous appartient pas de juger la pertinence des esprits. Le besoin deDieu est une réalité éternelle qui n'a jamais eu rien à voir avec l'intelligence. Après des semaines de disputes, les sous-commissionnaires, qui voulaient avoir la paix, donnèrent raison à Richter.- Encore un détail, ajouta ce dernier. Je propose que ce vote soit obligatoire.- Vous appelez ça un détail ? C'est du totalitarisme, votre histoire !- Le vote est déjà obligatoire en Belgique, au Luxembourg, en Italie et en Grèce.Et ce ne sont pas des pays totalitaires.- S'agissant d'une question pareille, ne serait-il pas choquant de forcer les gensà voter ?- S'agissant d'une question pareille, ne serait-il pas choquant qu'il y ait desgens qui ne votent pas ?- En somme, vous voulez forcer les gens à faire ce qui est bon pour eux ? Ças'appelle du dirigisme.- Dans l'isoloir, ils auront la liberté de s'abstenir. Richter menaça dedémissionner si le référendum n'était pas obligatoire. On fut tenté de le prendreau mot, mais l'idée des semaines qu'ils avaient consacrées à cette affairedécouragea les commissionnaires. On lui accorda tout ce qu'il voulait et on se vengea ensuite en médisant sur son compte. Le vote fut fixé au 24 août 1995. Malgréles interdictions gouvernementales, il y eut une campagne électorale sauvage. On vit des gens défiler dans la rue avec des pancartes : Oui à l'existence de Dieu.Leurs enfants arboraient des tee-shirts imprimés : J'ai besoin de Dieu. Pendant cetemps, les opposants collaient des affiches : Que faisait Dieu le 6 août 1945 ? ou Non à l'existence de Dieu, oui a l'existence de l'homme ou encore Dieu ne vote pas pour vous, pourquoi voteriez-vous pour lui ?Ceux que l'on appelait les existencistes se déclaraient pleins de commisération pour les non-existencistes, lesquels s'inquiétaient haut et fort de la santé mentale de leurs ennemis. L'Eglise s'offusqua. Protestants, catholiques, anglicans,orthodoxes oublièrent les schismes qui les séparaient pour constituer la Ligue Œcuménique. Ils se disaient horrifiés que l'on osât confier une telle question àdes humains : Comment l'œuvre pourrait-elle statuer sur l'existence de son Créateur? C'est pire qu'un sacrilège, c'est un non-sens. En outre, c'est une interventioninacceptable du politique clans le religieux. Et puis enfin, qui a eu l'idéeignoble de fixer la date du vote au jour de la Saint-Barthélemy ? Richter réfutait point par point : Ce que nous faisons n'est guère différent de ce que saint Paul afait - et vous n'avez pas excommunié Saint Paul, n 'est-ce pas ? Nous ne comptons plus les incursions du religieux dans le politique : pour une fois que l'inverse se produit, c'est un juste retour des choses. Nous nous contentons, en l'occurrence,de pallier les carences de l'Eglise qui ne peut s'en prendre qu'à elle-même si ellene satisfait plus personne.
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