Carol Watters
LA QUESTION DE LA CARENCE DU PERE CHEZ JOYCE
« Je suis embarrassé de Joyce comme un poisson d’une pomme »
(1), constateLacan. Au-delà d'une lecture littéraire, il construit une approche clinique qui leconduira à inventer
le sinthome.
Joyce chargé de père
Le symptôme de Joyce, c'est son père, un père carent
, « le symptôme ,dépend, au dernier terme, d'une structure où le Nom-du-Père est un élément inconditionné
» écrit Lacan (2). Stephen, héros du «
Portrait de l'artiste en jeunehomme
», document capital sur Joyce lui-même, décrit ainsi son père : «
Etudiant en médecine, champion d'aviron, ténor, acteur amateur, politicien braillard
,
petit propriétaire terrien, petit rentier, grand buveur, bon garçon, conteur d'anecdotes,secrétaire de quelqu'un, quelque chose dans une distillerie, percepteur decontributions, banqueroutier et actuellement laudateur de son propre
passé.
»Joyce a nommé son jeune héros
Stephen Dedalus
, patronyme évoquantl'architecte grec du labyrinthe,
Stephanoporos
, dit Jacques Aubert, est le porteur de la couronne, celle-ci pouvant être la couronne royale donnant la possibilité deporter la marque du roi par légitimation, mais qui peut être aussi la couronne delaurier , celle de la renommée, ou la couronne d' épine, celle du Christ ou desmartyrs, Saint Stéphane a sacrifié sa vie pour témoigner d’un enseignement, qu’iln’avait pas reçu en personne, directement, mais pour la transmission de la paroledu Christ, c’est en cela qu’il est le prototype du martyr, protomartyr : «
le premier àavoir témoigné sans avoir vu, au prix de sa vie »
(4).. Le choix du prénom du père
Simon Dedalus
, n'est pas non plus innocent, il évoque Simon, le mage, et laSimonie, comme trafic d'objets sacrés de biens spirituels ou de charges
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