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AFDEL-peremption

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AFDEL
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REPONSE DE L’AFDEL A LACONSULTATION DE LA CNIL SUR LEDROIT A L’OUBLI NUMERIQUE
Réflexions de la CNIL sur le droit à l’oubli numérique
Les origines du droit à l’oubli numérique
Réaffirmée par les nouveaux usages du monde numérique et des réseaux, la question del’oubli dans le monde numérique est pourtant aussi ancienne que la loi « Informatique etLibertés ». Dès sa création, la CNIL a abordé la question du droit à l’oubli dans la plupartde ses rapports annuels. Dans son 19
e
rapport d’activité de 1998, la Commissionprécisait, par exemple, que
« jusqul'informatisation d'une société, l'oubli était unecontrainte de la mémoire humaine. Avec l'informatisation, l'oubli relève désormais duseul choix social. Le « droit à l'oubli » n'est pas nouveau ; il n'est pas né avec la loi du 6 janvier 1978, qui d'ailleurs ne le consacre pas, même s'il inspire toute notre législation.Ce droit est né avec l'idée même d'équilibre. C'est cet équilibre qu'une démocratie doit sans cesse rechercher ».
Le droit à l’oubli n’est pas un concept juridique, mais il résulte de l’application combinéede plusieurs principes de la loi « Informatique et Libertés » dans sa rédaction initialecomme dans celle issue de la transposition de la directive 95/46/CE du 24 octobre 1995sur la protection des données personnelles, ainsi que dans la convention 108 du Conseilde l’Europe du 28 janvier 1981. Au-delà des principes de finalité, de loyauté, d’exactitudeet de mise à jour des données, il s’agit de l’obligation de définir et de respecter desdurées de conservation conformes à la finalité poursuivie et de prendre en compte lesdemandes de droit d’opposition.La CNIL a décliné le concept de droit à l’oubli ainsi entendu dans un certain nombre dedomaines, notamment à l’égard des fichiers liés à la santé, à l’éducation et, bien sûr, desfichiers de police. A partir de 1998 et de la généralisation de l’utilisation d’Internet, elles’est évidemment préoccupée des conséquences pouvant résulter des possibilitésoffertes par les moteurs de recherche. Sa première intervention marquante a étél’adoption de la recommandation du 29 novembre 2001 relative à l’anonymisation desdonnées de jurisprudence diffusées sur Internet
1
.
Le droit à l’oubli numérique sur Internet
Le droit à l’oubli numérique sur internet serait la possibilité offerte à chacun de maîtriserses traces numériques et sa vie - privée comme publique - en ligne. Nécessité humaine etsociétale, ce droit ne doit, cependant, pas être interprété comme un impératif absolud’effacement des données et informations. Il est, en effet, nécessaire de trouver unéquilibre entre le droit à l’oubli d’une part, et la nécessité de se ménager des preuves, le
1http://www.legifrance.gouv.fr/affichCnil.do?oldAction=rechExpCnil&id=CNILTEXT000017653503&fastReqId=901231488&fastPos=1Page 1 sur 11
 
devoir de mémoire et la liberté d’expression d’autre part, comme le prévoit d’ailleurs leprojet de règlement européen présenté par la Commission européenne le 25 janvier 2012et actuellement en cours de discussion.
Etes-vous d’accord avec cette approche du droit à l’oubli numérique ?Réponse de l’AFDELL’AFDEL n’est pas favorable à la création d’un nouveau droit à l’oubli mais aurenforcement des moyens de contrôle des autorités compétentes.
Le droit d’opposition en Europe, tel qu’il existe en France dans la loi Informatique etlibertés de 1978, tel qu’il est défini par la directive européenne de 1995 et tel qu’il estprévu par le projet de règlement européen dans son article 19 donne déjà le droit à unutilisateur de supprimer – ou de demander la suppression de – ses données.
L’AFDEL ne voit pas l’intérêt de renommer les droits existants pour les appeler «droit à l’oubli ».
 
L’AFDEL défend plutôt le principe d’un renforcement des ressources allouées auxautorités nationales de contrôle, notamment à la CNIL
, pour renforcer les moyensde mise
 
en œuvre des droits existants. Il faut en effet surtout faciliter les procédures pourles citoyens et veiller à la bonne application des droits existants. Les autorités de contrôledoivent notamment pouvoir s’assurer (et au besoin tester) de l’effectivité, la fluidité et larapidité des procédures de désactivation des comptes ou d’effacement des donnéespersonnelles ou encore des possibilités d’intervention mises à disposition des parentsd’adolescents.
Chercher à aller plus loin que ce qui existe déjà en matière de droit à l’oubli enEurope pourrait comporter plusieurs risques :
-
Risque fort de conflit, voire d’atteinte, aux autres droits et libertésfondamentaux
, en particulier à la liberté d’expression. Un droit à l’oubli généralpourrait en effet résulter en une forme de censure d’Internet, qui mettrait en causele modèle libre et ouvert sur lequel s’est construit ce dernier, et irait à l’encontredes effets recherchés en termes de protection des droits des personnes. Lespréoccupations sont grandissantes sur ce sujet, comme en témoigne la campagnede l’association des archivistes français contre le projet de règlement dont lapétition intitulée « Sans nom l’histoire a-t-elle encore le même sens ? » a recueilliplus de 50 000 signatures. Selon Denis Peschanski, historien, « Si on se met àdécider de la destruction des données personnelles, on se condamne à devenir dessociétés sans mémoire, sans Histoire. » De la même manière, dans un article de2012 sur le droit à l’oubli, Jeffrey Rosen, professeur de droit à George WashingtonUniversity, estimait que « le droit à l’oubli représente la plus grande menace à laliberté d’expression sur Internet au cours de la décennie à venir ».
-
Difficulté de mise en oeuvre: la structure du droit à l’oubli s’accorde malavec le fonctionnement d’internet
(dissemination des données…)
-
En outre, un droit à l’oubli général pourrait entrainer des effets secondaires tout àfait indésirables en matière de comportements des internautes:
un internautedéresponsabilisé est un internaute vulnerable
. Il serait contreproductif de
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donner à l’internaute le sentiment d’évoluer dans un environnement autorisantquasiment sans condition l’oubli, libérant dès lors tous les comportements, mêmeles plus irresponsables. Comme l’écrit le psychanalyste Serge Tisseron, «
Le droit àl’oubli pourrait alors rapidement encourager l’oubli du droit, et notamment du droit à l’image : tout pourrait être tenté parce que tout pourrait être effacé »
. Il faut viserl’objectif exactement inverse (qui dépasse le cadre du règlement) : responsabiliserl’internaute grâce à l’éducation pour lui permettre de maîtriser ses données,notamment celles qu’il a mises en ligne et de connaître ses droits en la matière(droit à l’information, droit d’opposition au traitement de ses données, droitd’accès…).La circulation d’informations concernant une personne peut, en effet, avoir de gravesconséquences sur sa vie privée et professionnelle et la majorité des internautes a prisconscience de la nécessité de protéger ses données personnelles, d’en encadrer ladiffusion sur Internet et ainsi de soigner sa réputation numérique ou « e-réputation ». Parexemple, l’étude CREDOC « Diffusion des technologies de l’information et de lacommunication dans la société française » pour 2012 montre qu’à la question « Parmi leséléments suivants, quel est celui qui vous paraît être aujourd’hui le principal frein àl’utilisation d’Internet ? », la ponse la plus souvent donnée est « les donnéespersonnelles ne sont pas suffisamment protégées sur Internet » (à 33%)
2
. Les travaux dela CNIL sur
Smartphones et vie privée
en décembre 2011 ont également montré cespréoccupations
3
.Lorsque les personnes ne parviennent pas à obtenir la suppression des informations quiles concernent auprès des éditeurs de sites internet, elles recourent de plus en plussouvent aux services de la CNIL. La CNIL traite ainsi chaque année un nombre croissantde plaintes concernant des demandes de suppression de textes, photographies ou vidéosen ligne (en progression de 42% par rapport à 2010, avec 1 000 plaintes enregistrées en2012). Certains particuliers recourent aussi aux services d’entreprises spécialisées dansle rétablissement d’une « e-réputation » compromise.Le développement des réseaux sociaux manifeste, certes, une propension croissante desindividus à partager des informations et donc à exposer leur vie privée. Il révèle aussiplus simplement le désir d’avoir une vie publique, de partager ses idées, ses passions etcertains événements de sa vie.Cependant, le caractère transnational des réseaux accentue la difficulté de maîtriser lesinformations publiées. Il apparaît alors essentiel que les autorités de protection desdonnées, en concertation avec les professionnels, les acteurs de la société civile et lescitoyens, agissent ensemble pour que le droit à l’oubli numérique puisse être effectif.
Pistes de réflexion pour améliorer l’effectivité d’un droit à l’oubli sur Internet
À la veille de l’adoption d’un nouveau règlement européen consacrant le droit à l’oubli, ilest nécessaire de s’interroger collectivement sur l’effectivité réelle de ce droit qui faitl’objet d’une demande sociale importante. Il s’agit d’examiner des solutions juridiques et
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CREDOC :
Diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française
.http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/rapport-credoc-diffusion-tic-2012.pdf 
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http://www.cnil.fr/la-cnil/actu-cnil/article/article/smartphone-et-vie-privee-un-ami-qui-vous-veut-du-bien/
 
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