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doxe grecque qui sauvera le sentiment national durant les siècles d'esclavage de la nation, mais on nepeut ignorer que l'Orthodoxie tout entière est allée alors vers un émiettement nationaliste.Dans le cas particulier de la Russie, dès 1448 l'Eglise, qui a refusé l'Union de Florence, élit sonmétropolite en se passant de l'aval du patriarche de Constantinople. Moscou se pose de plus en plus enhéritière de la "seconde Rome" désormais impuissante; en 1472 le Grand-Duc Ivan III épouse unenièce du dernier empereur byzantin. L'évolution vers "Moscou, troisième Rome" se poursuivra ausiècle suivant quand Ivan IV "le Terrible" prendra officiellement en 1547 le titre de Tsar (César), déjàutilisé épisodiquement par Ivan III, et que le métropolite sera proclamé patriarche en 1589. L'Ortho-doxie a maintenant deux centres de gravité.Pour la chrétienté latine, l'Islam se confond désormais avec la poussée turque, qui se déploie entenaille dans les Balkans d'un côté (jusque sous les remparts de Vienne en 1529), sur le sud de laMéditerranée de l'autre. La menace durera jusqu'au milieu du 17
ème
siècle. On ne doit pas négliger nonplus l'influence qu'a pu avoir sur le développement de l'humanisme en Occident l'arrivée en Italied'érudits grecs quittant Constantinople et apportant dans leurs bagages de précieux manuscrits anciens.Le nom le plus connu est celui de Bessarion, resté après Florence, et fait cardinal. Enfin le blocage turcau sud-est a peut-être contribué à pousser le monde latin vers l'Océan, avec les conséquences que l'onsait : colonisation et évangélisation.
L'imprimerie et l'essor de l'humanisme.
Le livre manuscrit était rare et cher. L'invention de l'imprimerie, c'est-à-dire des caractèresmétalliques mobiles qui permettent une impression en série grâce à une presse, bouleverse les condi-tions de la diffusion du livre. On ignore l'année exacte du premier livre imprimé, la fameuse Bible deGutenberg, elle se situe vers 1555. Sans cette invention, l'invitation que la Réforme lance à chaquechrétien d'une appropriation personnelle de l'Ecriture n'aurait pas pu être entendue, et même aurait étéinconcevable pour ses promoteurs mêmes.Avec d'autres facteurs, l'imprimerie favorise ce nouvel essor de la réflexion, appuyé sur uneapproche à nouveau directe de l'Antiquité, qu'on appelle l'humanisme. Chez nous, français, Renais-sance et humanisme sont ordinairement attribués au 16
ème
siècle. Il n'en est pas de même en Italie, où,notamment à Florence à l'époque de Laurent de Médicis le Magnifique (au pouvoir de 1469 à 1492), laseconde moitié du 15
ème
voit le développement d'une pensée philosophique nourrie de Platon et nonplus d'Aristote, en même temps que des nouveautés artistiques fondées sur une meilleure connaissancede l'héritage antique. En Italie encore, et dans la vallée du Rhin (Bâle, Strasbourg, Cologne ...), lesérudits se mettent à préparer pour le nouveau mode de diffusion qu'est l'imprimerie des éditions desauteurs antiques, profanes et chrétiens : on recherche les vieux manuscrits, on les compare, on tente deretrouver ainsi, au delà des erreurs de transmission, le texte authentique. Cet état d'esprit est donc celuid'un retour aux sources, par delà les commentaires de commentaires ou de recueils de "sentences" danslesquels la pensée scolastique avait fini par s'enliser. Cet effort de ressourcement et de rationalité n'arien alors d'antichrétien, on souhaite au contraire revivifier la réflexion par le recours aux Pères.Erasme, qui refuse de se contenter de la vieille Vulgate et publie en 1516 une traduction latine nouvelledu Nouveau Testament, est le représentant le plus éminent de ce courant. Il n'empêche que cela varemettre en question des idées reçues (et les intérêts de ceux qui en sont imbus). Le mélange du retouraux Pères et des retrouvailles avec la pensée antique païenne dans ce qu'elle a de meilleur peut aboutirà des synthèses hâtives et hasardeuses. Des conflits sont possibles.
1492. L'achèvement de la Reconquête espagnole.
En 1469, Ferdinand d'Aragon épouse Isabelle de Castille. Ils règnent désormais ensemble surune Espagne identique à celle d'aujourd'hui - à l'exception de ce petit réduit arabo-musulman quisubsiste depuis deux siècles autour de Grenade. L'exception ne paraît plus supportable. Les "Rois
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