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Introduction
Aujourd’hui, les entreprises familiales représentent un poids économique non négligeable enréalisant des performances financières parfois meilleures que celles des entreprises non familiales(Allouche & Amann, 2000). Caractérisée par le degré de détention du capital par la famille, le degréd’implication de la famille dans le management ou encore l’intention de transmettre l’entreprise à lagénération suivante, l’entreprise familiale peut se définir comme « une organisation où deux ouplusieurs membres de la famille étendue influencent la marche (la direction) de l’entreprise à traversl’exercice des liens de parenté, des postes de management ou des droits de propriété sur le capital »(Davis & Taguiri, 1982, dans Allouche & Amann, 1998). Les liens sociaux affectifs que lesmembres de la famille entretiennent par leur expérience commune (Hirigoyen, 2000) influencent lestypes de management. Plutôt attachés à leur entreprise dont ils détiennent la propriété du capital, lesdirigeants des entreprises familiales privilégient une gestion prudente (Hirigoyen, 1982) enpréservant leur indépendance patrimoniale. L’étude de Mahérault (1998) confirme la logiquefinancière propre des entreprises familiales non cotées : dans une stratégie de croissance, lapossibilité d’augmenter les ressources propres de l’entreprise est réduite à l’autofinancement et auxnouveaux apports des dirigeants propriétaires.Les entreprises familiales sont reconnues comme le vivier du tissu industriel et contribuent audéveloppement économique
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. En Tunisie, les entreprises familiales occupent une placeprépondérante dans le maillage économique national. En effet, près de 95% des sociétés enregistréesaux registres du commerce sont des SARL, donc des PME, à très grande majorité familiale.L’examen de la liste de 20 premiers groupes tunisiens
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, montre que la majorité est constituée par desgroupes familiaux. Aussi si l’on considère uniquement les 400 plus grandes entreprises privéestunisiennes (celles qui réalisent plus de 3 millions de DT de CA), les entreprises familiales yreprésentent près de 75% en termes de chiffre d’affaires, soit près de 11 milliards de DT.Le manque d’intérêt pour le financement des entreprises familiales est cependant manifeste. De cecontraste est née ce présent travail avec une première préoccupation à l’origine : montrer que lesspécificités de l’entreprise familiale expliquent la politique de financement de ces entreprises enquestion.L’objectif de ce travail est de présenter la problématique de la structure financière dans le cadre desentreprises familiales tunisiennes en intégrant des concepts d’ordre qualitatif par opposition aux
1A titre d’exemple, 90% des entreprises aux Etats-Unis sont possédées par des familles et assurent 40% du PNBaméricain. Les entreprises familiales en l'Europe occidentale assurent quant à elles entre 45% du PNB et 65% del'emploi.2Source : l’Economiste Maghrébin (numéro spécial, janvier 2006).
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