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Paul Chauchard - Du cerveau à la neuropédagogie (entretien)

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Le drame de l’homme moderne : la coupure entre le matériel et le spirituel
Le drame de l’homme moderne : la coupure entre le matériel et le spirituel

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Du cerveau à la neuropédagogieLe drame de l’homme moderne : la coupure entre le matériel et le spirituelEntretien avec Paul Chauchard (1987)
 
S. C. :
 
 J’aimerais commencer notre entretien par un tour d’horizon historique destravaux qui ont amené les scientifiques à conclure que le cerveau est le siège de laconscience.
 
Paul Chauchard :
Eh bien, traditionnellement, on opposait totalement la conscience et lecerveau, puisque le cerveau est du côté de la matière, si bien qu’au début du [XX
ème
]siècle, vous avez les matérialistes qui mettaient tout dans le cerveau : pour eux, laconscience n’existait pas ; c’était, comme on disait à l’époque, un « épiphénomène ». Parcontre, pour les spiritualistes, il est normal que le cerveau ne contienne pas la conscience,puisque la conscience, c’est du « spirituel ». Le Russe Pavlov était le grand précurseur etle grand fondateur de la physiologie moderne, et c’est grâce à lui qu’on peut parleraujourd’hui de neurophysiologie. Et ce qui est amusant, c’est que Pavlov se voulaitabsolument neurophysiologiste ; il ne voulait pas s’occuper de psychologie. Mais il atellement bien étudié le cerveau par les méthodes des réflexes conditionnés qu’il adébouché sur les mécanismes cérébraux de la conscience. Après, s’est développéel’électroencéphalographie et on a pu voir la différence entre le cerveau endormi et lecerveau éveillé. Ce qui était vraiment révolutionnaire, c’est qu’en profitant de ce que lecerveau est insensible à la douleur, on a pu mettre des électrodes – c’est un fil métalliquelié à l’activité électrique cérébrale dans le cerveau en des points précis – sur un sujetendormi, animal ou humain ; bien sûr sur un homme qui n’est pas normal – car il n’y apas de raison de le trépaner –, mais sur quelqu’un qui a une tumeur au cerveau parexemple. Ainsi, on pourrait voir, si c’est un homme, ce qui se passe dans le cerveau lorsde n’importe quel comportement, ou aussi déclencher des comportements par excitationélectrique. Mais on ne peut pas demander à un animal, mis en fureur par excitation, s’ilest vraiment en fureur ; tandis que si on excite la zone motrice cérébrale chez un hommeconscient et éveillé, on peut lui demander pourquoi il a bougé ses doigts, alors ilrépondra : « Ça m’a échappé, je ne l’ai pas voulu vraiment. » On voit ainsi s’abolir labarrière entre l’objectif et le subjectif, en quelque sorte, dans ces expériences.Le stade suivant était la découverte de l’état de rêve et du sommeil, par une étude del’état de conscience du point de vue neurophysiologique. Avant, on disait qu’il y a lesujet « éveillé » et le sujet « endormi ». L’état de rêve se caractérise par un état spécial ducerveau qui se traduit par des ondes rapides, comme si le sujet était éveillé, alors qu’il est
 
profondément endormi, et aussi par toute sorte d’autres signes, comme les mouvementsoculaires. À ce moment-là, les scientifiques se sont mis à dire qu’il n’y a pas seulementl’éveil et le sommeil, mais qu’il existe toute une gamme d’états de conscience. Et ainsiles états mystiques sont devenus un objet de recherches. On peut dire que
laneurophysiologie est devenue la neurophysiologie de la conscience
.Enfin, la dernière révolution qui a changé le visage de la conscience est ce qui a résultédes travaux de Sperry et la réhabilitation du cerveau droit : on savait que la conscienceréfléchie, spirituelle, est liée au langage, à la verbalisation, donc au cerveau gauche dudroitier ; maintenant on s’aperçoit qu’il existe une conscience
humaine
, de type animal,animal perfectionné, conscience purement
sensible
, qui est la conscience du cerveaudroit.
S.C. :
 
 Revenons un peu en arrière. Il y a le problème des localisations toujours actuel.On a cru que tout était localisé dans le cerveau. Et des aires ont été déterminées pour chaque fonction. Actuellement, on parle des deux hémisphères (ou cerveaux). Quel est lerapport et comment cela a-t-il évolué ?
 
P.C. :
On s’est occupé d’abord de l’organisation correspondant aux localisationsélémentaires, motrices et sensitives. L’organisation était dans les deux hémisphères :ainsi le côté droit du corps est lié au cerveau gauche, et inversement. Mais quand ils’agissait du psychisme et de la conscience, on croyait que c’était uniquement le cerveaugauche qui était concerné, car on restait attaché à cette idée, chère à certains philosophes,qui dit qu’il n’y a de conscience que réfléchie et humaine. Ainsi Descartes, par exemple,parlait des « animaux machines ». Il s’agit donc de savoir ce qu’on appelle« conscience ». La science actuelle refait de l’homme, avec les idées évolutionnistes, lefleuron de la série animale. Nous avons donc en nous un niveau supérieur de conscience :c’est
la conscience réfléchie et verbalisée du cerveau gauche
; et nous avons aussi unniveau élémentaire de conscience qui est
la conscience du cerveau droit 
, ce que j’aiappelé, il y a longtemps, par « bioconscience » pour montrer que cette conscience est liéeaux êtres vivants.
S.C. :
 
Pour vous donc la conscience résulte du fonctionnement du cerveau ?
 
P.C. :
Oui. La conscience pour moi est une propriété du cerveau. Et si l’homme a uneconscience supérieure et réfléchie, c’est précisément grâce à ce nouveau type defonctionnement du cerveau, qui est le cerveau gauche du langage.
S.C. :
 
On a donc actuellement cette théorie des deux cerveaux. Mais il faut dire qu’audébut la représentation qu’on se faisait de ces deux cerveaux était rigide, voirecaricaturale. On croyait que tel hémisphère avait le monopole de telle fonction ou perception…
 
P.C. :
Oui. C’était tout à fait exagéré ! Regardons, par exemple, le cerveau gauche qui estspécialisé dans le langage, mais il se surajoute des images non verbales, etc., comme dansl’autre cerveau, et cela malgré la spécialisation. D’autre part,
la conscience est essentiellement liée à une synthèse des perceptions qui arrivent du corps
et qui nous
 
situent dans l’espace. Cela se fait dans les deux cerveaux, et la verbalisation vient ensuitedans le cerveau gauche.
S.C. :
 
 Il y a d’autres théories ou représentations du cerveau, comme par exemple celle de MacLean sur les trois cerveaux et que A. Koestler avait vulgarisée. Selon cette thèse, lecerveau humain est vu comme composé de trois couches, qui sont successivement : lecerveau reptilien, le cerveau des mammifères et, enfin, le cerveau qui caractérisel’homme. MacLean a affiné récemment sa théorie. Koestler disait qu’il n’y avait pas decoordination harmonieuse entre ces trois cerveaux et que de là découlent la violence et lacontradiction qui rongent notre monde. Il ajoutait que peut être une méthode scientifique – chirurgicale ou autre – pourra un jour remédier à cela. Que pensez-vous de cette thèseelle-même et des réflexions d’Arthur Koestler ?
 
P.C. :
On peut dire que la thèse des trois cerveaux est exacte, car elle décrit leperfectionnement évolutif. Mais, bien entendu, nous n’avons pas en nous un cerveau« reptilien », car tout est
humanisé 
en nous ; donc notre cerveau primitif, le plus inférieur,qui est l’équivalent du cerveau reptilien, n’en est pas moins très supérieur à ce qu’il estchez un reptile, tout en ayant des fonctions analogues. Mais ce qui me paraît dangereuxdans cette thèse, c’est qu’on a la tendance de parler ensuite du dernier niveau, le niveauhumain, en le faisant presque d’une autre nature. Une autre chose c’est qu’on oublie, enparlant du cerveau supérieur humain ou le
néocortex
, le
vrai
cerveau supérieur, presqueindividualisé, que sont les régions préfrontales et qui sont des régions typiquementhumaines responsables de tout le niveau supérieur : du contrôle de soi, de la volonté, etc.En ce qui concerne l’aspect pratique, je dirai que si on regarde, statistiquement, ce quesont les hommes, je suis entièrement d’accord que tout se passe comme s’ils étaient malfaits, ou plutôt
mal élevés
. Nous avons été éduqués à l’école maternelle où on nous aappris que le principal de la vie est dans les sensations, dans les activités, etc. Puis àl’école et à l’université, on a essayé de faire de nous des intellectuels désincarnés,autrement dit, des « cérébraux » ! Un « cérébral », pour moi, est quelqu’un qui ne sait pasutiliser son cerveau. Donc, pour moi, comme l’homme est mal élevé, il ne faut pasregarder du côté de la chirurgie et de la médecine pour le changer, mais il faut plutôtregarder du côté des méthodes qu’on nomme
neuropédagogie
et apprendre ainsi à
bienutiliser notre cerveau
.Nous trouvons parmi ces neuropédagogies l’
hypnosophrologie
qui est très mal comprise.L’hypnose, comme l’a prouvé Pavlov, n’est pas un état de sommeil, car on n’a pas déceléles ondes lentes qui caractérisent le sommeil ;
l’hypnose est un état d’éveil
. Quand on metquelqu’un d’énervé et de fatigué dans un état relaxé, on rétablit le bon fonctionnement ducerveau. Je suis en désaccord avec Descartes qui disait : « Je pense donc je suis », aussiavec Sartre qui a écrit dans
 Les mots
que, depuis son enfance, il avait horreur de la natureet qu’il s’enfermait dans une bibliothèque pour lire, penser et écrire. Pour laneuropédagogie : Je sens donc je suis, j’agis donc je suis, j’imagine donc je suis, je désiredonc je suis ; et le « je » qui apparaît dans ces phrases implique le contrôle cérébral detout cela. Et, en vérité,
contrôle cérébral signifie volonté 
. Mais on n’ose plus parler de« volonté », car nous avons changé la volonté en « volontarisme » qui est une sorte deforce spirituelle pour mater la chair. Comme la volonté est donc une fonction cérébrale, ils’agit de
 faire le calme en soi
. J’ai discuté avec le Dr Bergé autrefois pour trouver un

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