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09.2013 Tribune Libre

09.2013 Tribune Libre

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01/21/2014

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Non au pillage du sable de la Côte de granit Rose en baiede Lannion (Côtes d’Armor)
Quand le dernier oiseau de la réserve naturelle nationale des Sept Iles, au largede Perros-Guirec, disparaîtra-t-il du ciel ? Quand le dernier pêcheur de la baie deLannion remisera-t-il ses filets ? Quand les plages de sable blanc qui ourlent lelittoral du Trégor laisseront-elles place à des grèves de cailloux ?Si le projet de dragage d’un haut-fond de sable coquillier situé entre des deuxzones Natura 2000 censées protéger le site de la baie de Lannion est autorisépar les pouvoirs publics, la réponse est : quelques dizaines d’années tout au plus.Les habitants de cette extrémité ouest des Côtes d’Armor et ceux qui, côtéFinistère, vivent sur les bords de la Baie de Lannion, ce « Peuple des dunes en Trégor », avec ses élus municipaux unanimes, tous s’y opposent. Les amoureuxdu Trégor qui viennent de toute la France y passer leurs vacances-parfois depuisplusieurs générations- les millions de touristes qui arpentent le sentier desdouaniers à Ploumanac’h et s’extasient devant les fous de Bassan de l’île Rouzic,personne ne se résigne au désastre environnemental et économique annoncé.Quels sont les enjeux ?D’une part, la prospérité d’un des pays de la Bretagne Nord, le Trégor, assisesur l’exploitation raisonnée, pêche et tourisme, de son littoral, sur l’agriculturemaraîchère et l’élevage, sur les industries nées des télécommunications dontLannion est devenue la capitale en France. A la grande pauvreté qui a sévi jusqu’au début du XXème siècle a succédé, 100 ans plus tard, une réussiterégionale exceptionnelle.D’autre part, le projet de la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN), filialedu Groupe Roullier de Saint-Malo : extraire 8 millions de m3 du sable coquillieraccumulé par des millénaires de sédimentation et le jeu des courants dans unedune sous-marine située par 35 m de fond à moins de 5 Km des côtes, en pleinmilieu de la Baie de Lannion.On le sait maintenant : le sable est une ressource finie, non renouvelable àl’échelle humaine. Dragué en mer, il disparaît des rivages. La Californie, laFloride, la Malaisie en sont témoins comme l’a montré le documentaire diffusépar Arte le 28 mai 2013, « Le sable : enqte sur une disparition ».Qu’adviendra-t-il de la faune et de la flore, lorsque disparaîtra un maillon de lachaine alimentaire ? En baie de Lannion, un minuscule poisson, le lançon, qui vitpar millions dans des sables légers, tel le sable coquillier des hauts fonds, est le« fourrage » des poissons et des oiseaux marins, dont ceux qui viennent nidifierpar dizaines de milliers à la serve naturelle nationale des Sept Iles. Leshommes, pêcheurs, professionnels du nautisme, du tourisme, vivent eux aussi decette ressource naturelle. Bénéficiaires ultimes de la chaîne de vie qui prendnaissance dans les haut fonds de la baie, ils refusent l’extraction prédatrice dessables où elle prend naissance.Avec le bouleversement des fonds sous-marins, qu’adviendra-t-il lors des grandestempêtes telles celle du 10 mars 2008 dont la côte trégoroise porte encore lestraces?La faune sera très affectée, voire dispartra sur les 4 km² de la zoned’extraction. Mais la turbidité nérée par les particules fines remises ensuspension et rejetées par le dragage iront se redéposer jusqu’à 100 km2
 
alentour, dans les zones calmes de Natura 2000 (zone d’intérêt communautaire)du pourtour de la baie menaçant d’autres écosystèmes.Ce désastre nous le refusons.L’enquête publique, appuyée sur une étude d’impact indigente, n’apporte pas lesgaranties minimales d’une décision rationnelle et démocratique. Elle n’informe nisur les solutions alternatives de lieu d’extraction ni de matériau, ni sur les effetsnégatifs du projet. Au nom de 29 emplois annoncés par le Groupe Roullier, lespouvoirs publics peuvent-ils programmer la disparition de centaines d’emploisde la pêche, du nautisme et du tourisme ? Au nom de besoins allégués de sablescoquillers pour amender la terre maraichère –besoins largement couverts – peut-on truire la mer ? Le gouvernement ne doit pas se laisser prendre àl’opposition Armor-Argoat, littoral et terres, que le Groupe Roullier met en avantpour faire triompher son seul intérêt financier.Enfin, il serait tout de même incohérent, après avoir créé la Réserve naturellenationale ornithologique des Sept Iles en 1912 et l’avoir protégée pendant unsiècle, après avoir aidé la région à remédier aux désastreuses conséquences desmarées noires du Torrey Canyon et de l’Amoco Cadiz, après s’être engagé àpréserver la côte et la mer dans les deux zones Natura 2000 qui couvrent lapresque totalide la baie de Lannion, aps avoir financé l’action duConservatoire du Littoral et soutenu celle du département des Côtes d’Armorpour acheter les terres du littoral et ainsi protéger des côtes magnifiques dubétonnage, oui, il serait incohérent et irresponsable, de la part des pouvoirspublics, de donner à une entreprise prie l’autorisation de se livrer à uneexploitation destructrice de ce milieu naturel à la sauvegarde duquel ils ontpuissamment contribué .Les fonds publics dépensés depuis 101 ans pour sauvegarder la faune et la florede la te nord de Bretagne, issus du produit du travail de générations decontribuables, auraient-ils été dépensés en pure perte ?Le sable sous-marin et la mer sont le bien de tous les citoyens. L’écosystèmesubtil et fragile du Trégor est l’héritage précieux du travail des générationspassées dont la nôtre est comptable envers les générations futures.Pour toutes ces raisons, nous adjurons le gouvernement de mesurer la gravité dela décision qu’il doit prendre sur la demande d’exploitation que lui a soumise laCompagnie Armoricaine de Navigation. Nous lui demandons de faire prévaloir lasauvegarde d’une région, de sa faune, de sa flore, de ses côtes, de ses habitants,sur les intérêts financiers d’une seule entreprise privée.Nous attendons de la puissance publique qu’elle fasse triompher l’intérêt généralsur un intérêt particulier.SIGNATAIRESFlorence ARTHAUD, Navigatrice ; Marie Claude AUMONT, Professeur deCardiologie ; Alain BONNEC, Porte parole de Peuple des Dunes de vres-Quiberon ; Allain BOUGRAIN DUBOURG, Journaliste, Président de la LPO ; MarieGermaine BOUSSER, Médecin, Professeur des Universités ; Monique CERISIER-BEN GUIGA, Sénatrice honoraire ; Jean Charpy, Président honoraire du Paystouristique Tregor Goëlo ; Geneviève DELAISI de PARSEVAL, Psychanaliste ; DenisDELESTRAC, Réalisateur du film « le sable, enquête sur une disparition » ; MarieHélène DENNINGER, Hématologue ; Patrick JEFFROY, Restaurateur** ; YannickLAGEAT, Professeur émérite de géomorphologie ; Gérard LANCIEN, Professeur

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