L E S A V I E Z - V O U S ?
SYNDICALISATION DES TRAVAILLEURSLe plus puissant syndicat du XIX
e
siècle
, la
Quebec Ship Labourer’s Benevolent Society
est créé en 1857
[49]
motivée au départ par la volonté des Irlandais de constituer un fonds de secours pour les journaliers acci-dentés. Le travail de journalier présente en effet de nombreux risques. Les
holders
reçoivent et chargent les billeséquarries dans les cales, travail qui comporte d’importants dangers, comme la possibilité d’être écrasé par desbillots énormes. Les
swingers
, quant à eux, transportent les billots des anses jusqu’aux chantiers. Obligés detravailler dans l’eau, ces débardeurs sont souvent atteints très tôt par l’arthrite. De plus, ces travailleurs des quaisgagnent à cette époque la moitié des revenus de ceux qui oeuvrent dans le domaine de la construction navale,un travail plus spécialisé.Comprenant 900 membres en 1862, le syndicat permet d’améliorer sensiblement la situation des travailleurs. Lesmarchands accusent par contre le syndicat de faire décliner le commerce du bois. Les marchands John Sharples,James Gibb Ross, John Jeffery et un dénommé Wilson décident alors de s’installer de l’autre côté du fleuve,mais le syndicat s’étendra sur l’autre rive. Les marchands plient finalement devant leurs demandes. De toutefaçon, devant le déclin du commerce du bois dans le port de Québec, les débardeurs doivent se recycler ou par-tir. Les belles années sont terminées. Aujourd’hui, ce syndicat existe toujours sous le nom de Société des débar-deurs de Québec et n’est plus exclusivement lié à l’économie du bois
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UN NOUVEAU MARCHÉ EN PLEINE DEMANDE VENANT DES ETATS-UNIS : LE BOIS DE SCIAGE
Si le commerce du bois au Québec décline suite à la baisse des exportations vers l’Angleterre, en raison de la fin desavantages tarifaires accordés au bois des Colonies, ce déclin est temporaire, car
dès 1849, on observe une reprisemassive des exportations, en direction des États-Unis
. La très forte croissance démographique et l’industrialisationchez nos voisins Américains entraînent un pressant besoin en bois de sciage. De 1850 à 1890, en Californie seulement,la population passe de 100 000 à 1 200 000 personnes. La construction du chemin de fer permet alors de suppléer aubesoin en bois de sciage que les régions de l’Ouest et de l’Est des États-Unis ne suffisent plus à combler. Desaméricains viennent alors investir au Canada, entraînant une augmentation de la taille des scieries [8], afin de répondreà la demande. Des marchands du Québec transfèrent, quant à eux, leurs activités vers ce marché en expansion.Graduellement, l’ancienne économie du bois équarri, du madrier et de la douve est remplacée par celle de la planche de2 X 4. Le flux commercial en produits de sciage vers les États-Unis atteint des sommets durant la décennie des années1850, en raison d’un traité de réciprocité signé entre les deux partenaires, effectif jusqu’en 1866. La valeur du boisexporté en 1861 s’élève ainsi à 8 693 638 $, comparativement à 400 000 $ en 1808 [21]. Des moulins à scies seconstruisent partout, et pour les alimenter, les chantiers de coupe se multiplient.
La scierie de Peter Patterson
(à la Chute Montmorency)
et celle de Henry Caldwell
(sur la rivière Etchemin), toutesdeux en exploitation dès le début des années 1800,
sont considérées à l’époque parmi les plus importantes et lesmieux équipées au monde [28].
La scierie Patterson produit essentiellement au début du XIX
e
siècle, du bois équarri,des madriers, des douves et des pièces de navires utilisées par les chantiers de construction navale. La diversificationde la production après 1851 permet de produire, entre autres, des seaux, des allumettes, des lattes, des manches àbalai, des bardeaux, des jalousies et des planches.
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DES DÉVELOPPEMENTS TECHNOLOGIQUES ESSENTIELS À L’ESSOR DU BOIS DE SCIAGE
Au début du 19
e
siècle, une politique économique, celle des tarifs préférentiels, permet d’ouvrir le commerce du bois auCanada et fait de Québec la métropole du Canada. Au milieu du 19
e
siècle, au moment de l’essor de la demandeaméricaine, c’est l’innovation et le développement technologique qui permettent de maintenir l’économie du bois auQuébec. La ville de Québec ne joue par contre plus le rôle majeur qu’elle a joué quelques décennies plus tôt.«À cette époque deux développements technologiques vont profondément modifier l’économie forestière. D’abord, unaméricain, invente une machine à fabriquer des clous de manière industrielle et rend accessible ce produit auparavantfabriquée artisanalement. D’autre part, George Washington Snow (1797-1870), marchand de bois et agent immobilier deChicago utilise le potentiel du clou et développe un nouveau modèle d’architecture populaire, la construction à ossaturede bois légère communément appelé le «Balloon Frame». On passe alors de la maison pièce sur pièce (bois équarri ou
Québec, ville de bois
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section transition et diversification
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