ACTUALITÉ
D’
OMAR BONGO
LA MORT
Le Gabon orphelin
n
Par Mouftaou Badarou
U
ne page imporane del’hisoire du Gabon viend’êre ournée. OmarBongo a iré sa révé-rence le 8 juin dernier, àl’âge de 73 ans. Ociel-lemen des suies d’une crise cardiaque. Vraisemblablemen du cancer inesinal,en phase erminale, pour lequel il a ééévacué vers une clinique de Barcelone.Doyen des ches d’Éa aricains, ce alliéde la France que Jacques Chirac appelaipubliquemen « Monsieur le doyen »aura passé quarane e un an au pouvoir..Il a éé adoubé par Jacques Foccar poursuccéder en 1967 au premier présidendu Gabon, Léon Mba, don il sera le vice-présiden, après avoir assuré la direcionde son cabine.
«Il n’avai pas une grande ormaion mais de la personnalié, du cou-rage e de la voloné»
dira de lui JacquesFoccar, son menor, après un dîner-eschez lui à Paris e un enreien d’adou- bemen avec le général de Gaulle. Dansses mémoires, Foccar reviendra par cesmos sur son enreien avec le ou nou- veau présiden du Gabon, en visie à Pa-ris en avril 1968 :
« Bongo vien comme prévu à 10h30 e il ne par que vers 18h.C’es dire que nous avons de rès longuesconversaions, qui maniesemen son es-senielles, car nous avons pu metre au poin beaucoup de choses sur la poliique que leGabon doi suivre »
. Le boom pérolier en1973 donnera à Omar Bongo, converi àl’islam cete année-là, l’occasion de doerson pays d’imporanes inrasrucuresou en le aisan renrer dans l’Opep.Iniié par Léon Mba e parachevé parOmar Bongo, en dépi de l’avis déavo-rable des bailleurs de onds, leproje ianesque du Cheminde er ransgabonais acilieral’exporaion mariime du bois,du manganèse, du er e de l’ura-nium. Lui, l’iniié précoce à laranc-maçonnerie -il adhère à la GrandeLoge naionale rançaise en 1965- seraconrain au muliparisme en 1990suie à la déerlane d’émeues à Libre- ville e surou dans la ville pérolièrede Por-Genil. Personnage charmeur,aeci e au ranc parler légendaire, cegénie de la poliique, médiaeur dans denombreux conis aricains, n’a pas sonpareil pour amener les opposans dansle giron du pari démocraique gabonais(PDG, créé en 1968). Lui, l’inveneurdes êes de l’indépendance ournanes,son argumen de persuasion n’a que deux varianes : les espèces sonnanes e ré- buchanes ou les avanages e privilèges.Symbole surprenan de cete débâcle desopposans ace au numéro un gabonais:Pierre Mamboundou pouran répuéinraiable a lui même bénécié de la pro-digalié d’Omar Bongo pour développersa ville de Ndendé en 2008. Six ans plusô, c’es le père Paul Mba Abessole quienrai au gouvernemen, avec l’alibi duconcep de
«démocraie paricipaive»
.Seul, l’ex-dèle parmi les dèles ZacharieMyboo, devenu opposan en 2005 avecla créaion de sa propre ormaion poli-ique l’UGDD (l’union gabonaise pourla démocraie e le développemen),coninuai de irer des salves de criiquesen direcion du présiden Bongo. Lequeln’a pas son pareil pour arroser cerainsparis poliiques rançais de largesses.L’ancien direceur de la DGSE rançaise,Pierre Marion dira en 2001 que
«Les sub-sides de Bongo serven à ou le monde lorsdes élecions ançaises e créen une sore decolonialisme à l’envers»
. Il es vrai qu’onlui renvoyai souven l’ascenseur. Lesdetes de l’Éa gabonais son souvenannulées par la France e Omar Bongo aéé un proche de la plupar des présidensrançais, de George Pompidou à JacquesChirac. N’es pas que Nicolas Sarkozy lui avai réservé son premier coup de laprès son élecion en mai 2007 ? N’espas que le Gabon, qui abrie 12 000 res-sorissans rançais e une base miliairerançaise, u l’une des éapes du premier voyage en Arique du che de l’Éa ran-çais, en juille 2007 ? Qui plus es, OmarBongo avai obenu, au prinemps 2008,la êe de l’ex secréaire d’Éa à la coopé-raion, Jean Marie Bockel qui avai ropô clamé e proclamé
«l’ace de décès dela ançaique »
. O.B éai le pivo des re-laions privilégiées enre la France e cer-ains pays aricains. Que Jacques Chirac veuille amorir la chue humiliane deMobuu depuis la France, le présiden ga- bonais devenai indispensable. Que Ni-colas Sarkozy veuille renconrer NelsonMandela, on aisai appel à Omar Bongo.Son successeur n’es pas assuré de ceteulgurane carrière e longévié poli-iques. Son successeur ? Nombre d’ana-lyses poliiques s’accorden sur un nom : Ali Bongo, ls de son père e minisre dela déense. Mais Paul oungui, minisredes Aaires érangères e compagnon dePascaline Bongo, lle aînée du présidendisparu, aiguise déjà ses appéis, ainsique Zacharie Myboo, Paul Mba Abes-sole e Pierre Mamboundou. Mais, lecour répi de quarane cinq jours dondispose la présidene par inérim ose-Francine ogombé sera -il susan pourl’organisaion de l’élecion présideniellequand les lises élecorales ne son pas à jour, ni le maériel prê ? Une évidence :le respec de la légalié consiuionnelleau Gabon éloigne la perspecive d’unscénario de succession à l’ivoirienne.
«Les subsides de Bongo servent à toutle monde lors des élections rançaises etcréent une sorte de colonialisme à l’envers»
Né Albert-Bernard Bongo le 30 décembre 1935, à Lewaï rebaptisé Bongo-ville, ce benjamin d’une amille Téké de douze enants, ut ancien commisdes postes congolaises et agent des services secrets rançais. Il avait eectuéses études primaires et secondaires à Brazzaville, alors capitale de l’Ariqueéquatoriale rançaise, puis son service militaire au Tchad.
en quelques mots...
Managers N°8
Juin-Juil-Août 2009
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