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Prologue Au Testament ''

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Published by Julien Laizé

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Published by: Julien Laizé on Oct 11, 2013
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10/11/2013

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PROLOGUE .
Je ne chercherai pas à défendre des thèses selon lesquelles la poésieest ou n'est pas utile. Mais je penche toujours à croire que la prose ou la rimesont existentielles . Le phrasé balance ou notre indolence ou notre envie d'agir.Le vers libre résume ce que nous ressentons. Ainsi même dans le tréfonds denotre cuisine, aucun vain mot pour guider notre demande d'épice ou de parfum,de sel ou de poivre pour colorer ce qui va répondre enfin à notre faim, à notreappétit. Nos désirs ainsi les plus variés s'illuminent bien plus sur un objetexprimé voire convoité, que sur un simple objet. Cela dit, pour amorcer de plain-pied et lancer par là mon jeune recueil, rime et prose se tissent comme jumelles, car cette braise dépasse inconsciemment le dire, comme au tarot serépondent chaque arcane , chaque lame, ou archétype ( sur la basecomplémentaire de 22) et donc chaque mot symbolise déjà à lui seul un lienavec l'invisible voire l'inconscient. Si au commencement était le verbe,également le non-verbe qui peut être son inversé ou sa propre mort. Et ce quiverbalise n'est jamais qu'une impression, en filigrane, en imprimé, un insigne etcommencement infime d'un balbutiement avant d'être une idée. Ce qui sera plustard, une '' surimpression'' lorsqu'elle sera renvoyée par le souffle d'uninterlocuteur à l'écoute, par l'idée naissante d'un lecteur ou par la voix nasillardedu téléphone qui s'exprime ; un palimpseste d'un seul mot parfois.J'ai emprunté au langage cinématographique le mot « Ellipse » et au début je désirais en faire le titre définitif, notamment, et voici pourquoi.Atteint malheureusement depuis mes vingt ans de troubles bipolaires, maissoigné peu à peu, puis bien stabilisé dans une norme, depuis bien des années jem'aperçois que l'on méconnaît l'imaginaire que peut bien colporter une telle pathologie chez son porteur, existant peut-être maladroitement mais ne cessant jamais de penser, parfois sans un mot en tête et sans une idée quelconque.L'émotion sensible en est la cause sûrement, et, dans le feu des conversations, le''maniaco-dépressif '' agace car il est le maître du coq-à-l'âne voire d'unecertaine volubilité qui l'accompagne, avec un dialogue décousu qui semble dèslors s'établir avec lui et contre lui. Et lui s'y place et s'y installe comme un poisson dans l'eau et avec souvent une certaine théâtralité. Je vais discerner cependant la nuance de trois types possibles de coqs-à-l'âne. Mais il y en asûrement un gigantesque panel suivant les cas.D'abord, le coq-à-l'âne qui mène au rire et à la bonne humeur, mais cela,maladivement et pour se mettre en avant comme désintéressé du sujet de laconversation où il achoppe. Il masque autant une angoisse de mort et de néant,qu'une illusion d'être le maître incontesté du langage et du tout premier rire possible, enchevêtré dans la racine orgueilleuse et ridicule du seul mot devenu jeu en lui-même. Donc méli-mélo et usurpation par des chiasmes de rimessouvent ridicules et déplacés. Il énerve bien souvent les participants d'une telle
 
conversation, ne se sentant plus écoutés, et sentant presque qu'on est en train dese moquer d'eux. Celui-là vient donc de l'angoisse existentielle selon moi.Deuxièmement, le coq-à-l'âne plus agressif qui essaie par tous les moyensde s'octroyer la parole pour son propre actif, qui scie littéralement le propos del'interlocuteur pour placer une idée absolument différente qui n'a rien à y voir du tout ; là, cela peut très bien attester un début d'état maniaque, ou en tout casde son alarmante imminence, le trouble de l'humeur apparaît des plus manifesteet n'importe où, n'importe quand et souvent sans raisons apparentes. La colèrenoire peut s'ensuivre par des mélanges de confusions paranoïaques.Passons, car j'attire votre attention, en tant qu’écrivain, sur le troisièmeque j'ai relevé, qui est selon moi une vraie transition explicable et rationnellemais où les clefs, les pistes ou les voies pour le comprendre sont volontairement justement dissimulées, et cela paraît décousu ou recousu, ou à recoudre.Comme la poésie d'un Antonin Artaud, ou la frénésie romancée d'un G.Bataille, d'un Borgès. L'alliance de mots et d'idées loufoques d'un Salvador Dali... ou encore les contre-pieds incessants au cœur même d'une rime qui paraissait prometteuse chez un Gérard de Nerval. Ce coq-à-l'âne que jequalifierai de littéraire est comme un procédé de style à part entière, mêmesurréaliste ; c'est un type d'expression original, et on peut aisément le capter chez Boris Vian par exemple autant dans ''L'écume des jours'' que dans''L'automne à Pékin'' : loin de prétendre surtout m'approcher de ces géants, deces colosses du verbe, j'argue seulement donc d'avoir tenté une concentration dece type même de coqs-à-l'âne pour m'intéresser à bien écrire, et pour vousamener à me lire intéressés. Ellipse, en sera donc une sorte de stylistiqueméthodique à appréhender comme telle, un fonctionnement de pensée qui seveut original, comme une analyse où l'on passe derechef du rêve à la réalité ; parce que l'on ne peut pas tout dire, parce que l'on ne peut pas tout voir, maissurtout parce que l'on ne peut pas tout penser en même temps.Là réside, effectivement le versant maniaque pathologique de la toute puissance narcissique du malade, c'est lorsqu'il croit maîtriser tout et tout penser  par lui-même, et ne surtout pas avoir besoin de le vulgariser pour autrui, mais leceler pour lui, se passer de toute médiation donc ; dès lors il va volontairementlaisser monter son angoisse, qui n'est alors qu'une humeur de penser atrophiéeet infinie par elle-même, peut-être celle de la peur du mot, ou de la peur desmaux de mots.Enfin, je ne chercherai pourtant pas à défendre des thèses suivantlesquelles, la poésie est ou n'est pas nuisible. Mais je suis plutôt à croire que laforce du verbe est un esthétique de l'inconscient, du symbole, du rêve et de sestabous, et c'est ainsi que l'on parle en dormant. Car le mot ne fait pas seulement partie de notre langage usuel, mais bien plus, il fait partie intégrante de nous. Jefinirai par dire tout de même que je tire mon chapeau à la philosophie que jem'efforce d'étudier encore actuellement, car les mots deviennent concepts, clefs

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