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otre voyage au Pérou del’automne 2006 fut organisé par l’agence de tourisme solidaire« Voyager Autrement » (01 56 54 20 05) etla SIDI (organisme créé en 1983 par leCCFD pour appuyer financièrement ettechniquement des Structures deFinancement de Proximité spécialisées enmicrofinance). Nous sommes partis à deuxfois vingt actionnaires de la SIDI ousouscripteurs du fonds de partage Faim etDéveloppement du CCFD, pour voir sur  place l’utilisation de notre épargne,rencontrer des acteurs de développement,et bien sûr visiter des sites prestigieuxcomme le Machu Picchu.Comme le CCFD, la SIDI intervient par l’intermédiaire de partenaires, desstructures locales de microfinance. Nousavons rencontré trois de ces partenaires (etchaque fois des bénéficiaires finaux), quela SIDI soutient financièrement ettechniquement :
EDAPROSPO, à Lima, une associationfinancière née en 1978 suite à desfermetures d’usines, a démarré des petits projets avec le CCFD, puis adéveloppé avec la SIDI un programmede microcrédit appelé« Prosperidad » permettant à deshabitants des quartiers populaires deLima de démarrer une activitééconomique.
CONFIANZA, organisme demicrofinance dont le siège est àHuancayo, dans la région centrale duPérou, propose des services financiersaux petits producteurs ruraux, auxquels peu d’institutions accordent de l’intérêt.
La CAC FLORIDA, dans la forêtamazonienne, est une coopérative quirassemble plus de 1500 petits producteurs de café, regroupés pour assurer le traitement et lacommercialisation de leur café. LaCoopérative a créé Crediflorida, unestructure d’épargne et de crédit pour aider ses membres, notamment à ladiversification des activités.L’objectif de la SIDI est de permettre à des personnes d’accéder à un petit crédit pour développer une activité productive et vivrechez eux de leur travail. En plus du soutienfinancier, la SIDI accompagne ses partenaires (conseil, appui technique…), cequi constitue une garantie pour d’autresinvestisseurs internationaux et péruviens.A Lima nous avons aussi visité Villa ElSalvador, un ancien bidonville autogéré quia prospéré et fait école partout dans lemonde, à Cusco nous avons été logés auCentre Bartolomeo de las Casas, partenairedu CCFD, spécialisé dans l’aide aux paysans indiens de l’Altiplano (voir FDMde novembre 2006).Et dans un journal de Lima, le jour de lanomination de Muhammad Yunus au Prix Nobel de la Paix, nous avons vu un grandtitre encourageant : « Le microcrédit,nouveau nom de la paix »…
Odile et Paul MATHIS
 
Info 
Sidiidi
 
 N°17 - Sept. 2007 - Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement
Le mot du Président
 
Christian Schmitz, président du directoire 
Chers épargnants et actionnairessolidaires, chers amis de la SIDI,Les citoyens solidaires poursuivent leursvoyages…Après le Vietnam, l’Ouganda,le Laos, Madagascar, le Sénégal…plus dequarante actionnaires et épargnants aufonds commun de placement « Faim &Développement » sont partis au Pérou,pour rencontrer des acteurs de terrainpartenaires de la SIDI et du CCFD, quiagissent chaque jour pour trouver dessolutions durables aux problèmes de lapauvreté. Nous avons ici rassemblé leurstémoignages pour vous faire partagerleurs émotions et leurs constats.Au cours de leurs rencontres avec les par-tenaires, les voyageurs ont pu notammentmesurer l’importance de la définition desobjectifs sociaux, et du besoin de cohé-rence entre vision, mission et méthodes de«gouvernance». Ce numéro d’InfoSidicherche ainsi à vous rendre compte aumieux de la pertinence de l’action menéepar la SIDI et les structures partenairesdans ce grand pays andin : ensemble nouscherchons sans cesse à faire en sorte quel’accès aux services financiers, s’il doitpermettre un mieux-être économique,puisse aussi induire des changements so-ciaux viables, facteurs d’un vrai dévelop-pement à long terme. A ce titre, ce numé-ro peut donc vous donner un nouvel éclai-rage (après celui, plus extensif, du n°16)sur la manière dont la SIDI et ses parte-naires gèrent la tension entre objectifsfinanciers et objectifs sociaux, à la recher-che d’une plus grande « viabilité sociale ».Car c’est bien l’originalité de la SIDI, entant qu’investisseur solidaire, que dechercher à améliorer la qualité des servi-ces offerts, à distribuer ces services auplus grand nombre à des tarifs« équitables », à contribuer au développe-ment de liens sociaux au sein des commu-nautés, tout en évitant les effets perversde la microfinance (comme le surendette-ment).Cette mission, nous la menons avec nospartenaires grâce à vous tous, et c’estpourquoi nous vous remercions d’avoirrejoint cette « Chaîne de Solidarité pourle Financement ». Puissent ces témoigna-ges vous faire vivre un morceau du quoti-dien de la SIDI et de ses partenaires : unquotidien fait de difficultés et de remisesen question, mais fait surtout d’actions,de résultats, de volonté, et d’espérance.
Témoignages de Voyageurs ActionnairesTémoignages de Voyageurs ActionnairesTémoignages de Voyageurs Actionnaires& Souscripteurs au PEROU& Souscripteurs au PEROU& Souscripteurs au PEROU 
 Le 2ème groupe SIDI devant le « mur des labels de qualité »,avec des membres et des salariés de La Florida
 
Voyage SIDI au Pérou 
 
Infosidi n°17—septembre 2007 / Page 2 
Edaprospo
EDAPROSPO est une ONG péruvienne, partenaire de la SIDI et du CCFD, qui offredes services en matière de santé, etdéveloppe la microfinance par la promotiond’une coopérative d’épargne-crédit et laformation de micro-entrepreneurs. Sesactivités sont concentrées dans les zones Nord et Est de Lima, quartiers populairestrès peuplés. Nous visitons deux bureauxd’EDAPROSPO et des petits artisans oucommerçants qui bénéficient demicrocrédits, dans le cadre du programmeProsperidad pour lequel la SIDI apporte15% des fonds.Le responsable du bureau d’Ate, en banlieue de Lima, nous explique (avantl’ouverture) les trois crédits proposés :
Les Alcancias Comunales (tirelirescommunautaires, voir encadré p.3)visent à assurer une capitalisation pour les membres, qui reçoivent un crédit encommun.
Les « Credin », créditsindividuels de 115 à 2.300€.
Les groupes de cautionsolidaire, dont les membresse portent mutuellementcaution. Les créditssolidaires sont d’un montantde 70 à 1.150€ par  personne.Les crédits sont de 4 mois, avecun taux de 2,7 % par mois(contre 10 % dans les banquesclassiques).Le bureau du quartier deHuaycan compte 1.800 clients(contre 8.000 pour l’ensembledes 5 bureaux d’EDAPROSPO). En voiciquelques-uns :Marita emprunte (au sein d’un groupesolidaire de 15 personnes) pour faire de la pâtisserie vendue à l’hôpital. Son crédit estde 140 € pour 4 mois à 2 personnes.Alexandrina faisait de la vente ambulantede vêtements. En 1999, elle crée un petitcommerce de vêtements. Elle emprunte350€ tous les 4 mois. Le groupe solidaire de15 personnes au départ compte aujourd’hui22 personnes. La boutique est louée 230€ par mois. Son chiffre d’affaires s’élève à3700€ par mois. La boutique est ouverte de9h à 22h. Une partie des vêtements estfabriquée par la famille.Carmen vend des produits lactés dans uneéchoppe du marché de quartier qu’elle aachetée 580€. Son groupe solidairecomprend 12 membres. Elle emprunte 140€tous les 4 mois. Son bénéfice est d’environ20€ par jour pour une ouverture de 7h à22h.Gloria fait partie d’une communauté de 22 personnes. Elle et son mari ont utilisé unterrain familial de 2.500 m2 pour produiredes plants de plantes ornementales qu’ilsrevendent aux grossistes ou au marché. Elleemprunte 230€ tous les 4 mois (au départ,c’était 70€). Elle réalise un chiffred’affaires de 350€ par semaine. Elle a puinstaller l’eau (5€ par mois) alors qu’avantelle devait faire venir des citernes (140€ par mois).Rums et Rulia ont ouvert il y a 25 ans unatelier de poterie avec l’aide d’amis. Depuis2 ans, EDAPROSPO les aide pour développer leur production grâce à l’achatd’argile et de peinture : prêt de 350€, ausein d’un groupe solidaire de 22 personnes.Actuellement, ils fabriquent 1.500 petitesmangeoires par semaine (pour les oiseaux,les cochons d’Inde, les poulets, les lapins),qu’ils revendent à des grossistes. Unemangeoire rapporte 0,06€. Les personnesqui aident à leur fabrication sont payées0,05€ la pièce.A terme, ils voudraient exporter aux Etats-Unis des produits en porcelaine mais ilfaudrait emprunter 11.000€ pour se lancer.Ces personnes ont pour la plupart rejointLima avec leurs familles pour fuir leterrorisme du Sentier Lumineux, la pauvreté, la sécheresse…Ils paraissent trèsheureux de nous recevoir et très satisfaitsdes services du microcrédit. Seul le potier avait l’air de trouver notre visite peucompatible avec ses nécessités de production.Toute cette économie est informelle, et ne paie pas d’impôts. Le Gouvernement fermeles yeux car cette activité contribue àdévelopper l’économie du pays et un jour elle rejoindra sans doute l’économieformelle.
Daniel CROQUETTE
Le marché de Santa Rosa
L'asphalte a fait place à la terre. Denombreux mototaxis se faufilent en sefrayant leur chemin à coups de klaxon. Nous arrivons au marché Santa Rosa dansle district d’Ate (banlieue de Lima). C'estdans ce quartier qu'en 1978 est néeEDAPROSPO, à partir d’un mouvementsocial national et de la volonté dessyndicats de devenir plus autonomes dansleurs activités économiques. Cette ONG, partenaire du CCFD, a unelongue expérience dans laformation de petitsentrepreneurs, et l’éducation(santé, citoyenneté participative). En 1992, elle adébuté ses activités demicrofinance en lançant le programme "Prosperidad". LaSIDI est partenaire de cetteorganisation depuis 2001.Sur ce marché, nous avonsrendez-vous avec des petitscommerçants bénéficiaires demicros créditsd'EDAPROSPO. Nous nous arrêtons devant lestand de Mme Olina, qui venddes CD, DVD, livres, cartestéléphoniques... Cette jeune femmesouriante nous explique qu'elle fait partied'un groupe de 16 petits commerçants quiont constitué une "alcancia comunal" (voir l'encadré). L’emprunt de 150€ lui a permisde se constituer un stock plus important et plus varié. Depuis un an et demi elle fait partie de la direction de cette alcancia et sesent beaucoup plus entourée et soutenuequ’avant. Elle fait partie d'un groupe,réalise un travail d'équipe, peut partager ses problèmes et trouver des solutions.Plus loin Marie-Luz tient un bazar. Elle fait partie de la même alcancia que Mme Olina.
 Rums dans son atelier de poterie
 
Voyage SIDI au Pérou 
 
Infosidi n°17—septembre 2007 / Page 3 
Son prêt lui a permis d'étendre la gamme deses produits et d'avoir plus de clients. Tousles mois, elle rembourse une partie ducapital et les intérêts. Et même, nous dit-elle fièrement, elle se constitue une épargne personnelle.A peine sortis de la boutique de Marie-Luz,nous sommes rejoints par le président dumarché, créé il y a une vingtaine d'années par une association de 312 commerçants. Ila été électrifié récemment, ce qui permet àMme Olina d'avoir une télévision, et à sesclients de visualiser les DVD avant l'achat.Aujourd'hui l'association recherche unfinancement pour amener l'eau. Ne doutons pas qu’ils vont réussir !
Monique ROGER 
« Villa El Salvador » UnOasis d’Espoir
Accueillis par Pedro Carmona, employémunicipal de Villa El Salvador, nousécoutons le récit de la création et dudéveloppement de la ville : suite à untremblement de terre en 1971, de nombreux paysans des hauts plateaux sont venus àLima, et furent refoulés sur une terredésertique. Contre toute attente, et grâce àl’enthousiasme des fondateurs, le bidonvillea pu devenir une grande ville organisée.Dès le début, les habitants, en s’appuyantsur la participation active de chacun, ont pumettre en pratique de nouvelles méthodesd’organisation de la ville. Après destentatives de répression policière, legouvernement a proposé à chaque famillede devenir propriétaire d’une petite parcellede terre. Puis ont été mises en place lesvoies de communication, l’alimentation eneau et l’assainissement. Depuis 1973, VillaEl Salvador est officiellement reconnuecomme municipalité. La gestion participative commence au niveau des« blocs » (regroupant 24 familles), dont leshabitants participent aux décisions lesconcernant.Chaque groupe résidentiel entoure unespace vert. Nous rencontrons Roberto,secrétaire d’un groupe : il nous expliquecomment fonctionne la communauté dansl’intérêt de tous, et donne en exemple laréalisation d’un équipement pour lesenfants.Aujourd’hui, Villa El Salvador compte plusde 350 000 habitants, une zone industriellede 2000 entreprises, une zone universitaire,et une zone agricole aménagée en pleindésert grâce à la transformation des eauxusées.Quand on voit le planning de la préparation du budget participatif 2007, avec nombre de réunions,formations et navettes entre lesreprésentants des habitants et lamairie, on comprend pourquoi Villael Salvador a été récompensé par l’UNESCO comme « une des plusaudacieuses expériences populaires pour la nature participative de sesorganisations communales ». L’actionmenée par les habitants pour vaincrela pauvreté sans aide gouvernementalea fait naître un sentimentd’appartenance à une collectivité.Cette force leur a permis de repousser le terrorisme (le Sentier lumineux n’a pas pu s’infiltrer) et de lutter contre ladélinquance dont le taux reste faible.L’éducation demeure un facteur essentiel de progrès social ; il y a 15 bibliothèques, plusieurs radios locales …..Ce que l’on peut retenir de cette visite c’estle dynamisme du mouvement populaire qui,aujourd’hui encore, privilégie la solidaritéentre les personnes.
Henri et Elisabeth Lesage
Le Centre paroissial OscarRomero, foyer 3
ème
âge de Villa El Salvador
Cette rencontre m’a enthousiasmé tant par l’objectif poursuivi, soutenir des « seniors
 
»très pauvres, par le dynamisme duresponsable, Tonny Palomino, que par la joie des personnes âgées rencontrées.Cette initiative paroissiale a été le fait deTonny et de trois autres personnes il y a 18ans, pour venir en aide aux personnes âgéesisolées et très pauvres de Villa El Salvador (alors qu’au Pérou les personnes âgées sontcensées rester dans leur famille).Aujourd’hui, 135 viennent au CentreParoissial trois fois par semaine. Il leur est proposé le petit déjeuner et le repas de midi,des soins si nécessaire, des activités : jardinage, alphabétisation, artisanat, etanimations.Ce sont des personnes de plus de 65 ans,totalement isolées, à haut risque (famille, pauvreté, santé). 70 % sont analphabètes,et 30 % parlent seulement le quechua.
Alcancias comunales : seulement du microcrédit
 
Dans le cas des « Alcancias Comunales », tirelires communautaires où un groupe de person-nes emprunte en commun (pour entre 45 et 500€ par personne ) à Edaprospo, la démarchedépasse le seul microcrédit. En effet, les remboursements sont assortis d’une épargne obliga-toire, apportée à la « tirelire ». Sur décision collective des membres, cette épargne peut êtrerécupérée par chacun en fin de cycle, ou bien être capitalisée pour remplacer l’apport initiald’Edaprospo.
Dans le premier cas, les participants peuvent apprécier la force de l’épargne. Il faut avoirentendu les participants proclamer avec fierté ce qu’ils ont « gagné » grâce à leur AlcanciaComunal ! Pourquoi « gagné », alors qu’il ne s’agit que de leur propre épargne ? Parcequ’ils ont gagné la conviction que leurs efforts étaient porteurs d’un résultat tangible à longterme. Ils ont amélioré leur sécurité dans un contexte de vie pourtant précaire.
Dans le deuxième cas, ils sont devenus autonomes, capables de se prendre en charge sanssolliciter l’extérieur. Et n’est ce pas exactement ce que l’on peut leur souhaiter ?
Guy DEQUEKER
 
 Les habitants de Llachon nous accueillent 

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