Voyage SIDI au Pérou
Infosidi n°17—septembre 2007 / Page 3
Son prêt lui a permis d'étendre la gamme deses produits et d'avoir plus de clients. Tousles mois, elle rembourse une partie ducapital et les intérêts. Et même, nous dit-elle fièrement, elle se constitue une épargne personnelle.A peine sortis de la boutique de Marie-Luz,nous sommes rejoints par le président dumarché, créé il y a une vingtaine d'années par une association de 312 commerçants. Ila été électrifié récemment, ce qui permet àMme Olina d'avoir une télévision, et à sesclients de visualiser les DVD avant l'achat.Aujourd'hui l'association recherche unfinancement pour amener l'eau. Ne doutons pas qu’ils vont réussir !
Monique ROGER
« Villa El Salvador » UnOasis d’Espoir
Accueillis par Pedro Carmona, employémunicipal de Villa El Salvador, nousécoutons le récit de la création et dudéveloppement de la ville : suite à untremblement de terre en 1971, de nombreux paysans des hauts plateaux sont venus àLima, et furent refoulés sur une terredésertique. Contre toute attente, et grâce àl’enthousiasme des fondateurs, le bidonvillea pu devenir une grande ville organisée.Dès le début, les habitants, en s’appuyantsur la participation active de chacun, ont pumettre en pratique de nouvelles méthodesd’organisation de la ville. Après destentatives de répression policière, legouvernement a proposé à chaque famillede devenir propriétaire d’une petite parcellede terre. Puis ont été mises en place lesvoies de communication, l’alimentation eneau et l’assainissement. Depuis 1973, VillaEl Salvador est officiellement reconnuecomme municipalité. La gestion participative commence au niveau des« blocs » (regroupant 24 familles), dont leshabitants participent aux décisions lesconcernant.Chaque groupe résidentiel entoure unespace vert. Nous rencontrons Roberto,secrétaire d’un groupe : il nous expliquecomment fonctionne la communauté dansl’intérêt de tous, et donne en exemple laréalisation d’un équipement pour lesenfants.Aujourd’hui, Villa El Salvador compte plusde 350 000 habitants, une zone industriellede 2000 entreprises, une zone universitaire,et une zone agricole aménagée en pleindésert grâce à la transformation des eauxusées.Quand on voit le planning de la préparation du budget participatif 2007, avec nombre de réunions,formations et navettes entre lesreprésentants des habitants et lamairie, on comprend pourquoi Villael Salvador a été récompensé par l’UNESCO comme « une des plusaudacieuses expériences populaires pour la nature participative de sesorganisations communales ». L’actionmenée par les habitants pour vaincrela pauvreté sans aide gouvernementalea fait naître un sentimentd’appartenance à une collectivité.Cette force leur a permis de repousser le terrorisme (le Sentier lumineux n’a pas pu s’infiltrer) et de lutter contre ladélinquance dont le taux reste faible.L’éducation demeure un facteur essentiel de progrès social ; il y a 15 bibliothèques, plusieurs radios locales …..Ce que l’on peut retenir de cette visite c’estle dynamisme du mouvement populaire qui,aujourd’hui encore, privilégie la solidaritéentre les personnes.
Henri et Elisabeth Lesage
Le Centre paroissial OscarRomero, foyer 3
ème
âge de Villa El Salvador
Cette rencontre m’a enthousiasmé tant par l’objectif poursuivi, soutenir des « seniors
»très pauvres, par le dynamisme duresponsable, Tonny Palomino, que par la joie des personnes âgées rencontrées.Cette initiative paroissiale a été le fait deTonny et de trois autres personnes il y a 18ans, pour venir en aide aux personnes âgéesisolées et très pauvres de Villa El Salvador (alors qu’au Pérou les personnes âgées sontcensées rester dans leur famille).Aujourd’hui, 135 viennent au CentreParoissial trois fois par semaine. Il leur est proposé le petit déjeuner et le repas de midi,des soins si nécessaire, des activités : jardinage, alphabétisation, artisanat, etanimations.Ce sont des personnes de plus de 65 ans,totalement isolées, à haut risque (famille, pauvreté, santé). 70 % sont analphabètes,et 30 % parlent seulement le quechua.
Alcancias comunales : seulement du microcrédit ?
Dans le cas des « Alcancias Comunales », tirelires communautaires où un groupe de person-nes emprunte en commun (pour entre 45 et 500€ par personne ) à Edaprospo, la démarchedépasse le seul microcrédit. En effet, les remboursements sont assortis d’une épargne obliga-toire, apportée à la « tirelire ». Sur décision collective des membres, cette épargne peut êtrerécupérée par chacun en fin de cycle, ou bien être capitalisée pour remplacer l’apport initiald’Edaprospo.
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Dans le premier cas, les participants peuvent apprécier la force de l’épargne. Il faut avoirentendu les participants proclamer avec fierté ce qu’ils ont « gagné » grâce à leur AlcanciaComunal ! Pourquoi « gagné », alors qu’il ne s’agit que de leur propre épargne ? Parcequ’ils ont gagné la conviction que leurs efforts étaient porteurs d’un résultat tangible à longterme. Ils ont amélioré leur sécurité dans un contexte de vie pourtant précaire.
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Dans le deuxième cas, ils sont devenus autonomes, capables de se prendre en charge sanssolliciter l’extérieur. Et n’est ce pas exactement ce que l’on peut leur souhaiter ?
Guy DEQUEKER
Les habitants de Llachon nous accueillent
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