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Atelier sur le dessin de presse baromêtre de la liberté .docx

Atelier sur le dessin de presse baromêtre de la liberté .docx

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12/24/2013

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16h00 - Le dessin de presse, baromètre de la liberté
- TnBA Salle VitezEn matière de censure, les dessinateurs de presse sont aux avant-postes. Ils sont les premiers touchés car les plus visibles. Lesinterdits qui pèsent sur eux conduisent souvent à l'autocensure, parfois en prison ou en exil. Ces interdits, quels sont-ils en Tunisie,en Iran, en France ou ailleurs ? Comment les dessinateurs ressentent-ils, ou pas, les limites à la liberté d'expression ? Celles-civarient-elles selon les régimes, les époques, les religions ?Intervenants :
 
Kianoush, dessinateur de presse iranien, réfugié en France
 
Olivier Malvoisin, réalisateur du film "Fini de rire"
 
Willis (Nadia Khiari), dessinatrice de presse et blogueuse tunisienne
 Animatrice :
 
Odile Conseil, rédactrice en chef déléguée de Courrier international
© Dessin de Kianoush/Iran
Introduction :15 h :
Laurent Joffrin
, directeur de la rédaction du
Nouvel Observateur 
,
Edwy Plenel
, fondateur et directeurde
Médiapart 
,
Wiaz
, dessinateur de pressePour écouter la deuxième partie :(MP3 - 24.9 Mo) Histoire de la censure de la caricature :
 
 
La censure aujourd’hui
:
L’exemple américain
Dessin de Daryl Cagle, 11 septembre 2001
 
 Ancien journaliste, Christopher Lamb a soutenu en 1995 une thèse dedoctorat en Sciences de la Communication sur les limites du dessin de presse aux Etats-
Unis à l’Université du
Tennessee. Cette recherche est devenue la base pour son livre édité en 2004, « Drawn to Extremes: The Use and  Abuse of Editorial Cartoons in the United States »(Presse d'Université de Columbia). Christopher Lamb est professeur au Département Communication de l'Université de Charleston depuis 1997.
 
 
 
Propos recueillis et traduits par Catherine Charpin
 
Confrontés à une catastrophe telle que celle du 11 septembre, comment la plupart des dessinateurs de presse Américains ont-ils réagi ? 
 La plupart ont dessiné sans surprise des Statues de la Liberté pleurant, des Oncle Sam furieux et des aiglesAméricains affûtant leurs serres pour se venger des attentats.
Pensez vous que la réaction globalement patriotique qui a suivi les attaques du
World Trade Center a tué l’esprit 
critique des dessinateurs Américains ? 
 Sans doute. Je ne peux parler que des Etats Unis, mais cette réaction est en partie compréhensible. Les attaquesterroristes étaient si soudaines, si catastrophiques, et si déchirant
es que l’on ne peut pas reprocher aux dessinateursd’avoir réagi comme ils l’ont fait. Durant quelques jours ou une semaine. Ensuite il leur était nécessaire de revenir auregistre satirique. Mais un trop grand nombre d’entre eux a continué à donner dans l
a sentimentalité mièvre et
même dans la propagande, ce qui, bien sûr, n’est pas le travail du satiriste. Je pense que cette tragédie a séparé les
dessinateurs de presse -adeptes de la satire- des purs illustrateurs. Joel Pett dessinateur au
Lexington Herald Leader 
 (Kentucky) a rappelé que le Président Bush avait demandé au peuple Américain de se remettre au travail à la suitedes attentats. Par conséquent, Pett a recommencé à attaquer Bush parce que, dit-
il, « mon travail c’est d’attaquer
Bush ».
Vous écrivez dans votre livre qu'un dessinateur de presse (Ted Rall) avait dit que les symboles stéréotypésemployés par les dessinateurs à cette occasion étaient ceux « de dessinateurs paresseux ». Que pensez-vous àcette affirmation ? 
 Je peux comprendre la réponse de Rall. Cela dit, je peux aussi comprendre les dessinateurs qui, après avoir regardé
les avions s’écraser sur les tours jumelles et vu les images des victimes, ont décidé qu’ils avaient besoin de cesserpour un temps d’attaquer leur frères humains.
Certains dessins publiés aux Etats Unis ont-
ils entraîné des ennuis pour les dessinateurs qui n’ont pas suivi lecourant “politiquement correct” de mise à ce moment là ? 
 Je ne suis pas sûr que je caractériserais le fait de critiquer le gouvernement co
mme allant à l’encontre d’un discours
"politiquement correct". Quiconque critiquait l'administration Bush allait simplement à l'encontre del'administration Bush -
et les critiques qui ont attaqué les caricaturistes l’ont fait simplement parce que le
caricaturiste avait osé critiquer l'Administration Bush. Les États-
Unis ont été fondés sur le principe qu’il n’était passeulement permis de critiquer le gouvernement, mais qu’il était nécessaire dans une démocratie de critiquer ce
gouvernement. L'Administration
Bush et ses partisans d'extrême droite ont soutenu l’idée anti
-américaine parexcellence que toute critique de l'Administration Bush était anti-américaine. Un tel argument, toutefois, esthistoriquement erroné et va à l'encontre de la tradition américaine
et de son idéal. L’administration Bush a
énormément bénéficié de ce silence des critiques. Tout caricaturiste qui osait exprimer une opinion critiquant le
gouvernement a reçu des emails haineux, n’a plus trouvé de débouchés pour ses dessins, et même, dans
le pire descas, a perdu son emploi. Dans mon livre, je note que Joel Pett après avoir fait un dessin critique envers Bush, a reçu
un appel téléphonique d’une vieille dame qui crachait dans le combiné qu’il « aurait du se trouver au World Trade
Center ».
Et Pett d’ajouter : « tel est le pouvoir du dessin quand il se lâche ».
Y a-t-il eu de la censure après le 11 Septembre ? 
 Bien sûr, directement et indirectement. Beaucoup de dessinateurs se sont auto-censurés par peur des représailles.
Dans d’autres c
as, les éditeurs ont censuré les dessinateurs en ne publiant pas les dessins qui pouvaient provoquer la
colère de leurs lecteurs. Dans les cas les plus extrêmes, l’administration Bush a attaqué des satiristes tels que Bill
Maher, un humoriste qui passait à la télévision, et qui a perdu son emploi après avoir attaqué le gouvernement.
L’administration Bush a clairement rendu impossible toute critique du gouvernement. La Maison Blanche a insisté
pour que Ari Fleisher [le secrétaire général de la Maison Blanche
, ndlr] dise aux Américains qu’ils devaient « faireattention à ce qu’ils disaient ». Quand un dessinateur travaillant pour un petit quotidien du New Hampshire a fait undessin critiquant l’administration, Fleisher n’a pas hésité à attaquer le dessinateur,
qui a reçu des menaces de mort
et n’a plus trouvé de journaux pour publier son travail. L’Administration Bush a profité, de façon scandaleuse, de la
tragédie du 11 septembre pour réprimer toute critique à son encontre.
 
En France les humoristes d’une émission de télévision satirique (Les Guignols de l’info) ont décidé de ne pas
réaliser 
– 
et donc de ne pas diffuser 
– 
leur émission quotidienne le soir du 11 septembre. Est-ce que certains
humoristes Américains ont aussi choisi de ne pas s’exprimer dans le
s jours qui ont suivi la catastrophe ? 
 
Certainement, et je peux comprendre qu’ils ne se sentaient pas le droit de critiquer le gouvernementimmédiatement après le 11 septembre. Je sais que Garry Trudeau, qui est l’auteur du comic trip génial « Doonesbury», a annoncé qu’il allait cesser pendant un temps de critiquer Bush. Mais après environ une semaine, il arecommencé de plus belle…
Comment Internet a t il changé l’attitude des dessinateurs confrontés à ce type d’événements ? 
 Cela leur a permis de mettre leur travail à disposition sans filtre éditorial. Cela peut avoir un intérêt. Mais cela peut
aussi être négatif si le dessinateur ne cherche qu’à offenser. Ce genre d’attitude n’inspire pas les meilleures
réalisations.
Quel devrait être le rôle des dessinateurs de presse dans ce genre de situation ? 
 Les dessinateurs sont supposés garder un regard critique sur ceux qui menacent la démocratie, que cette menace
vienne de l’extérieur ou de l’intérieur du pays
Voir également les galeries de dessins "commémoratifs" du site Cagle cartoons et Courrier international 
L’exemple tunisien
:La justice tunisienne a confirmé en appel, le 25 juin, la condamnation à sept ans et demi de prison du jeune tunisienJabbeur Mejri,qui avait mis en ligne sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet. Une décision qui a suscitéla consternation de ses proches et de ses défenseurs, choqués par une "sanction démesurée". Le caricaturistetunisien Z, qui, après avoir dénoncé sur son blog satirique"Debatunisie
" le régime de Ben Ali, s’attaque désormais au
nouveau pouvoir dominé par le parti islamiste Ennahda, revient sur cette affaire et livre son point de vue sur lacaricature en Tunisie.
UNE CARICATURE SIGNÉE "Z"FRANCE 24 : Comment analysez-vous la
condamnation prononcée par la justice tunisienne à l’encontre d’un
internaute qui a publié sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet ?
 
Z :
 
Cette condamnation est aussi excessive que politique. Même si ce n’est pas un caricaturiste qui a été sancti
onnépour son art, le signal envoyé par les élus islamistes est destiné à la profession et à tous les Tunisiens laïcs. Parailleurs, cette condamnation constitue une attaque contre la liberté de conscience, pourtant inscrite dans notreConstitution. Les islamistes institutionnalisent la censure en ce qui concerne le sacré. Ils ont besoin de se présenter

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