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Le
message
du Président du Directoire
D
eux années du plan de développement2003-2005 viennent de s’écouler.Avons-nous rempli notre missionde renforcer l’appui aux servicesfinanciers de proximité? Avons-nousfait évoluer le portefeuille de la SIDI,pris en compte les nouveaux besoinset consolidé les innovations finan-cières de nos partenaires ? Avons-nousœuvré pour assurer le renforcementinstitutionnel de notre outil de travail?Oui,et cela aux côtés,et grâce au soutien,denombreux partenaires,actionnaires et alliances qui partagent notrevision de l’économie solidaire.Nous avons renforcé et démultipliéles pratiques de financement solidaire,mises en œuvre par desorganisations locales.Nous avons soutenu la capacité des acteurséconomiques populaires à entreprendre et produire,dans leurenvironnement.Nous avons renouvelé notre attention particulièreau monde rural.En 25 ans,la microfinance a permis l’accès aux services financiersde proximité pour des millions de familles exclues des servicesbancaires.Dans les années 90,la microfinance est même devenueun outil emblématique de la lutte contre la pauvreté.Les catastrophes de l’année 2004 ont fait retentir l’écho etl’étendue de la pauvreté dans le monde.Plus de la moitié del’humanité n’a pas accès aux systèmes financiers formels et lesinégalités entre les riches et les pauvres progressent de jour en jour.La microfinance n’est pas une solution universelle à la réductionde la pauvreté mais une approche dont l’utilité et l’intérêt sontreconnus au plan international.Proclamée l’année de la microfinancepar les Nations Unies,2005 doit voir la microfinance servir encoreplus de personnes dans le monde.En offrant un crédit,en sécurisant l’épargne,la microfinance ouvrel’espérance pour des milliers de personnes à faible ressources depouvoir se projeter dans l’avenir.Toutefois,il est encore difficile aujourd’hui de mesurer etapprécier les impacts quantitatifs de la microfinance en matièrede lutte contre la pauvreté.C’est pourquoi il faut continuer àinventer des solutions nouvelles pour accroître l’impact social dela finance solidaire :répondre aux différents besoins d’uneexploitation agricole familiale,rendre possible l’investissementdans des équipements productifs,favoriser la commercialisationpour les organisations paysannes,l’accès au logement,auxmédicaments … L’ingénierie de la finance solidaire n’a pas enco-re épuisé ses possibilités.Afin de couvrir les différents besoins en services financiers,unemultitude d’initiatives innovantes se sont mises en place auxquellesla SIDI est déjà connectée.La SIDI travaille en partenariat avec desServices de Financement de Proximité (SFP) au Sud et à l’Est,véritables acteurs de l’économie solidaire locale - coopérativesd’épargne et de crédit,institutions de microfinance,mutuelles desolidarité,ONG,banques populaires,organisations de producteurs,associations -,qui offrent des services financiers à un public excludes circuits bancaires.
Elle s’efforce d’apporter à sespartenaires,à la fois un soutien financier,un suiviinstitutionnel,un appui technique,un travail en réseauxdans les différents continents et une analyse de leurviabilité sociale.En couvrant,avec ses propres ressourcesfinancières,ces cinq dimensions,la SIDI occupe uneposition tout à fait originale dans le paysage de la financesolidaire.Grâce à chaîne de solidarité pour le financement,c’est dans la durée et dans la perspective d’un développementdurable et juste que nous pouvons mettre en œuvre notremission de consolidation des SFP (cf.chapitre 2).
Ici,au Nord,des mécanismes alternatifs innovants se sont développésdans plusieurs directions :finance solidaire,investissement éthique,opérateurs d’appui à la microfinance… Dans ce paysage,la SIDIoccupe une position originale,car ce n’est :- ni une banque qui découvre l’étendue du marché des pauvres,- ni un bailleur de fonds octroyant des financements publics,- ni un bureau d’études élaborant et définissant des projets,mais c’est une chaîne d’acteurs solidaires.Notre engagement auservice de la finance solidaire est fondé sur des valeurs plus que surdes outils.Il est basé sur la confiance,les liens sociaux et lacohésion sociale et la recherche d’une maximisation de la solidaritéet non du profit.Il cherche à respecter les conditions et la culturelocales,à partir des besoins des bénéficiaires et à s ‘appuyer sur lespratiques locales (cf.chapitre1).Nous sommes convaincus que c’est en alliance,à partir de nosexpériences sur le terrain avec nos partenaires,que nous pourronsconstruire un système viable et international.Tous les acteurs solidaires qui mettent en œuvre ces innovationssont déjà fortement reliés les uns aux autres,grâce au développementdes réseaux d’acteurs et aux nouveaux moyens de communication.Grâce à ces réseaux,il est possible de mettre en commun les effortspour apprendre des autres et les transferts de savoirs et decompétences qui peuvent se faire entre Nord et Sud,Sud et Sud,Sud et Nord.Depuis 2002,la SIDI veut accompagner encore plus loin la
Chaîne de Solidarité pour le Financement
et renforcer la relation entrela mobilisation d’une épargne solidaire au Nord et son utilisationpar des institutions du Sud et de l’Est soucieuses du mieux-être despopulations qu’elles servent.Pour cela,l’équipe SIDI s’est fixé unenjeu de "Viabilité Sociale et Développement" de ses partenairesafin de comprendre l’impact des services financiers sur la viede l’institution locale et de ses clients.L’accent est mis sur lespréoccupations sociales,environnementales et éthiques afin dedonner du sens à l’argent investi.
Malgré la diversité,la complémentarité et la richesseactuelles des maillons de
la chaîne de solidarité pour le financement
,nous ne sommes jamais trop nombreux,tropcompétents,trop ouverts pour permettre à la SIDI et à sespartenaires de jouer un rôle de «poisson pilote » dans lemonde de la microfinance.
Au terme du plan en cours (2003/2005),les encours prévisionnelstotaux des investissements réalisés devraient atteindre un volumede l’ordre de 5,8 millions € (réalisable avec un capital actuel de5,3millions € et des emprunts en cours de 0,5 million €).Le besoin de ressources financières nouvelles s’impose donc dès àprésent et les actionnaires de la SIDI vont proposer au cours deleur assemblée générale du 8 Juin 2005,et conformément auxprévisions,la mise en place en 2005 d’une augmentation decapital pour la mise en œuvre d’un nouveau plan de consolidationet de développement des partenariats pour les trois prochainesannées (2006-2008).Nous poursuivrons notre mission grâce à vous et à vos côtés.
Christian SCHMITZ
Président du Directoirede la SIDIParis,8 juin 2005
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