Voyage SIDI au Sénégal en Novembre 2004 Infosidi n°15—Avril 2005 / Page 3
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d’ophtalmologie (qui couvreactuellement 60% des besoins de la région)et des formations professionnelles pourles jeunes, adaptées tant aux filles qu’auxgarçons (Centre Malik Gaye).
En faisant face à l’urgence.
1974, lasécheresse ravage le Sahel : il faut faireface à l’urgence mais aussi en prévenir sesconséquences. C’est la mise en route deprogrammes intégrés : forages, puits,développement de maraîchages, banquesde céréales, acquisition de moulins à mil etde décortiqueuses afin d’alléger le travaildes femmes restées seules dans lesvillages, les hommes étant allés chercherdu travail à la ville.
En se donnant des bases solides par laformation.
Un ambitieux programmed’alphabétisation est entrepris. Il permet,outre le développement personnel, deconserver par écrit la gestion desréalisations. Savoir lire et écrire valorise levécu quotidien et la langue locale : les gensapprécient mieux leur culture, la cassureavec la ville et les intellectuels se réduit,ces derniers étant invités à regarder leurculture autrement. La mise en place d’unprogramme d’alphabétisation dans le villageest toujours un préalable à l’appui de l’USE.
En affrontant ensemble les situations
.Afin de gérer et protéger les ressourcesnaturelles, une démarche collective a étéengagée pour exprimer les souhaits desfamilles, dans le respect mutuel.
En recherchant des modes definancement.
L’USE compte 10.000membres qui cotisent mensuellement 1.000Fcfa (1,52 euros) par personne. Les caissesd’épargne et de crédit des villagespermettent des prêts limités en volume eten durée, pour maximiser la rotation desfonds. L’USE est un partenaire historiquedu CCFD et de la CIMADE, et reçoit desappuis financiers complémentaires del’Union Européenne, de Christian Aid, deICCO, pour développer le ProgrammeIntégré de Podor sur le fleuve Sénégal. Ceprogramme fait partie d’un développementrural durable concernant aussi le Mali et leNiger dans la bande sahélienne « Pouvoirrester chez soi et avoirl’esprit libre », c’est toutcela à la fois, un combatquotidien qui mériterespect et engagementde notre part, afin queles fonds indispensablessoient disponibles par lesdons, mais aussi par desinvestissements adaptés.
Anne-Marie Brethon
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Village de Madina Feresbe : Il est 15 h30,nous entrons dans une salle de classe.Trente jeunes femmes sont assisesderrière des bureaux d’écolier, au moinsvingt d’entre elles ont un bébé dans lesbras ou calé dans le dos.Tout est calme dans cet espace réservéaux adultes au milieu des leçons pour lesenfants. La maîtresse calligraphie un texteen Peul au centre du tableau. Elle lit letexte à haute voix, puis demande à l’unedes femmes de faire de même. On noustraduit le texte qui explique la sécheresse,ses causes, ce que l’on peut faire pourlutter.Une autre jeune femme est appelée ; ellerésiste un peu ; sa voisine lui prend le bébé.Elle arrive au tableau, lit une phrase, puisse rétracte et retourne se réfugier à saplace. D’autres femmes acceptent de lire,mais je l’entends prononcer le texte,précédant même la lecture de l’autre dansson déchiffrage. Alors, je m’adresse à elleet lui dis : «vous lisez très bien, je vous aientendue». Bien sûr elle ne comprend pasmes mots, mais elle lit dans mes yeux, etinterprète mon intonation. Son regards’intensifie en interrogation. Je répète…quelques secondes s’écoulent, puis elle selève, décidée, demande la règle et lit toutle texte. Elle retourne à sa place, s’assoit,me sourit et reprend son enfant.Je ne sais vous dire la joie qui, dansl’instant, m’envahit le cœur et l’esprit.
Anne-Marie Brethon
Une Mutuelle deUne Mutuelle deUne Mutuelle deUne Mutuelle deSolidaritéSolidaritéSolidaritéSolidarité
Lundi 15 novembre :
nous sommes àl’intérieur des terres, à 40 kilomètres auNord de Dakar. Nous avons rendez-vousavec une des Mutuelles de Solidaritéou MuSo. Il s’agit de structures villageoisesde base dont l’objectif est de mutualiserles ressources financières de manière àpouvoir octroyer des micro-crédits.
Le village de Ndia, où nous allons pourdécouvrir le fonctionnement et l’utilitéd’une MuSo, compte 400 habitants. Lesterres cultivées tout autour représentent200 hectares. On y fait pousser, tour àtour, du mil, de l’arachide, du manioc et duniébé.C’est le jour de l’assemblée générale de laMuSo. Deux ou trois femmes arrivent etétendent des nattes pour la réunion sousl’arbre à palabre. Nous nous retrouvons àplus de 60, villageois et visiteurs, assis encercle. Chaque habitant tient une fiche jaune à la main, certains ont un cahier,
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Le cours d’alphabétisation en Peul
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