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1.700 km en car…1.700 km en car…1.700 km en car…1.700 km en car…
Vingt actionnaires de la SIDI etsouscripteurs au FCP « Faim etdéveloppement » ont effectué un voyageau Sénégal, où la SIDI et le CCFDsoutiennent plusieurs structures d’aidesaux agriculteurs (20% du PIB et 70% de lapopulation) et aux pêcheurs (1
er
revenunational). Ils ont parcouru en car lesrégions du littoral et du fleuve Sénégal,pour rencontrer des acteurs locaux dudéveloppement.
… en terres agricoles …
De ce voyage organisé par la SIDI etVoyager Autrement, nous ne cherchionspas à rapporter une étude économique,mais à voir comment les hommes et lesfemmes s'organisent à travers desgroupements, des coopératives, desmutuelles, pour atteindre une autonomiealimentaire et un développement durable.La SIDI veut répondre aux besoins definancement de petits entrepreneursporteurs de projets viables, mais exclusdes circuits bancaires classiques parmanque de garanties et deressources.
… à la rencontre de nospartenaires
En deux semaines, nous avons purencontrer notamment :- l’Union des Groupements Paysans deMeckhé (p 2);- l’Union de Solidarité et d’Entraide,près de Podor (pp 2-3).- Le Conseil National de Concertation etCoopération des Ruraux, qui fédère entreautres l’union de coopératives SAPCA-EGAS pour l’arachide (pp 4-5), laFédération des ONG du Sénégal et laFédération Nationale des GIE pour lapêche (pp 6-7).La richesse et la qualité de ces rencontresnous ont tous confortés dans notreengagement solidaire.
Jean Proust
Indice deIndice deIndice deIndice dedéveloppement humaindéveloppement humaindéveloppement humaindéveloppement humain
Rapport PNUD 2004
InfoSidi Sidi Sidi Sidi Sidi Sidi Sidi Sidi  
 N°15 - Avril 2005 - Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement
 
Le mot du PrésidentLe mot du PrésidentLe mot du PrésidentLe mot du Président
Christian Schmitz, président du directoire 
Après le Vietnam, l’Ouganda, le Laos, Madagas-car, le Maroc, le Chili, une vingtaine d’actionnai-res et d’épargnants solidaires sont allés ren-contrer des acteurs de terrain au Sénégal, parte-naires de la SIDI et du CCFD, qui agissent quoti-diennement pour trouver des solutions durablesaux problèmes de la pauvreté.Avec eux, les voyageurs ont pu réellement analy-ser l’environnement, mieux comprendre lesstratégies et les mécanismes qui entravent ledéveloppement. Ils ont échangé avec des acteursqui ont pris conscience de la situation de pauvre-té des populations dans les villes et dans les cam-pagnes, et qui essaient malgré tout de donner auxgens une chance de s’en sortir par leur travail.Avoir confiance en soi, intégrer les valeurs socio-culturelles et religieuses dans les processus dedéveloppement, maîtriser la gestion de la mon-naie et de la finance, travailler en commun…lesinitiatives ne manquent pas, laissons-nous guiderpar leurs témoignages !Parmi les outils qui permettent de lutter contre lapauvreté, ils ont vérifié le rôle et l’action de lafinance solidaire, de la Micro-Finance. Ce n’estpas une panacée mais c’est une approche dontl’utilité et l’intérêt sont de plus en plus reconnus.Dans ce paysage, la SIDI occupe une positionoriginale :- Ce n’est pas une banque qui découvre l’éten-due du « marché des pauvres »,- ni un simple bailleur de fonds pour caissesprivées ou publiques,- ni un bureau d’études élaborant, définissant etfinançant des projets d’experts,mais c’est une grande famille d’acteurs réunis-sant des épargnants solidaires ici, des structuresde financement et des micro-entrepreneurs là-bas. Depuis 20 ans, la SIDI apporte en effet desfinancements à des « conditions douces » et del’accompagnement technique à tous les acteursdu Sud qui travaillent dans ce domaine, pourautant qu’ils soient crédibles et qu’ils aient unevision de développement compatible avec lesvaleurs du CCFD et de la SIDI.De plus, soucieuse des bénéfices sociaux de l’ac-tion menée avec ses partenaires, laSIDI en analyse les effets avec eux,ainsi qu’avec les bénéficiaires ulti-mes. Les témoignages rapportés duSénégal illustrent bien cette préoc-cupation.Enfin, dans le sillage de ce voyagequi fut une réussite, je tiens à vousannoncer la prochaine augmenta-tion de capital de la SIDI : nousfaisons donc appel à vous pour yparticiper, afin de donner à laSIDI les moyens de son développe-ment, et ainsi renforcer cette« Chaîne de Solidarité pour leFinancement » qui nous unit.2000/2002 Sénégal France
Rang Indice deDéveloppementHumain157/177 16/177Espérance vie 57,2 78,9Alphabétisation 39,3 % 100%Scolarisation 38 % 91 %PIB / habitant 1.590 $ 26.920 $
Actionnaires et souscripteurs au Sénégal :Des rencontres exceptionnelles
 Rencontre avec des riziculteurs
 
Voyage SIDI au Sénégal en Novembre 2004 Infosidi n°15—Avril 2005 / Page 2 
Les paysans deLes paysans deLes paysans deLes paysans deMéckhé prennent leurMéckhé prennent leurMéckhé prennent leurMéckhé prennent leuravenir en mainavenir en mainavenir en mainavenir en main
Hassan a 48 ans. Il vivait à Dakar, mais ilest revenu à Bayeme, son village à 5 km du« goudron », à la demande de son père. A lamort de celui-ci, il est resté sur l’insistancedes anciens. Mais c’était sansenthousiasme : sur 4 hectares de culturesvivrières (les 4 M : Manioc, Mil, Maïs,Maraîchage), comment faire vivre unefamille de 17 personnes ?Hassan est adhérent à l’UGPM, l’Union desGroupements Paysans de Méckhé, où il estd’ailleurs animateur à temps partiel. Avec lesoutien de la SIDI, cette union a mis enplace récemment un programme definancement des exploitations familiales,nommé « Kiiraayu ker gi » (« Tout ce qu’onfait concourt à la protection » en Wolof).L’objectif est avant tout d’éviter lesdifficultés de la « soudure », cette périodedifficile entre la fin du stock de la récolteprécédente et la disponibilité de lanouvelle. Ensuite, il s’agit de permettre auxpaysans de ne plus subir d’aléas tels quecriquets, sécheresse ou maladies.Avec les paysans qui font formellementacte de candidature et sont cooptés par leconseil du village, un long processus decollaboration s’engage avec un animateur del’UGPM.
La belle-sœur de Hassan prépare
 
labouillie de mil
 Pour la ferme « Ngaraf Keur Bay Hassan »,cette mise en place s’est faite en janvier2004. Hassan a bénéficié de trois prêts,d’un total de 1 287 €, pour l’investissement,le fonds de roulement, et une autorisationde tirage en cas d’urgence.Avec cela, la physionomie de l’exploitations’est transformée.- le petit frère fait de l’embouche avec 1vache et 3 bœufs, et a ouvert la seuleboutique de produits depremière nécessité du village ;- l’épouse de Hassan et unebelle-sœur ont chacune un petittroupeau de moutons, et ontacquis ensemble un bélierreproducteur ;- la femme d’un autre frèreprépare et vend de la bouillie demil ;- les enfants élèvent despigeons ;- l’achat de quelques matérielsagricoles sommaires, tirés parle cheval, a permis de dégagerdu temps pour ces activitéscomplémentaires.Il est trop tôt pour parler de succès oud’échec, mais Hassan nous dit qu’il estmaintenant confiant en l’avenir. Il ne sesent plus menacé par les risques inhérentsà une activité uniquement agricole etvivrière.Pour ma part, j’ai été frappé parl’engagement fort de toute la famille dansce programme : il était perceptible au fildes réponses à nos questions.Alors, la panacée ? Sans doute pas, mais lapossibilité de donner à ceux qui le veulentvraiment des moyens de réussite dans lecadre de résolutions journalièresacceptées et suivies par toute la famille etle village.
Union des Groupements Paysans deMéckhé
L’UGPM
 
a été créée par ses membrespaysans en 1985. Elle a mis en place unesuccession de programmes permettant àses adhérents de mieux faire face à leursproblèmes, et d’améliorer leurs conditionsde vie : en 1995, les Mutuelles deSolidarité (ou MuSo, cf. p3), en 2000, uneCaisse d’Epargne et de crédit, en 2003 leprogramme « Kiiraayu ker gi » ; et unprogramme « soudure et endettement ».L’UGPM rassemble 4.500 membres, 72MuSo, et emploie 15 animateurspartiellement bénévoles. La SIDI,partenaire de l’UGPM depuis 1999, aapporté un prêt de 91 000 €. Par ailleurs,l’UGPM est l’un des acteurs du« programme d’évaluation de l’impact, de laviabilité sociale des interventions » mis enplace récemment par la SIDI.
Guy Dequeker
L’USE agit depuis 50 ansL’USE agit depuis 50 ansL’USE agit depuis 50 ansL’USE agit depuis 50 ansdans la région de Podordans la région de Podordans la région de Podordans la région de Podor
 
«Pour se développer, il faut avoir l’espritlibre et pouvoir rester chez soi » Telle futla phrase clé de l’exposé de M. MoussaAbou Niang, coordonnateur de l’USE(Union pour la Solidarité et l’Entraide) pourle Programme Intégré de Podor (nordSénégal). Comment l’USE permet-elle deremplir ces deux conditions?
En répondant d’abord à des besoinshumains.
Créée en 1955 avec l’aide de laCIMADE en milieu urbain, l’USE développed’abord une action sanitaire et deformation à Dakar : un centre
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 La belle-sœur de Hassan
 
Voyage SIDI au Sénégal en Novembre 2004 Infosidi n°15—Avril 2005 / Page 3 
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d’ophtalmologie (qui couvreactuellement 60% des besoins de la région)et des formations professionnelles pourles jeunes, adaptées tant aux filles qu’auxgarçons (Centre Malik Gaye).
En faisant face à l’urgence.
1974, lasécheresse ravage le Sahel : il faut faireface à l’urgence mais aussi en prévenir sesconséquences. C’est la mise en route deprogrammes intégrés : forages, puits,développement de maraîchages, banquesde céréales, acquisition de moulins à mil etde décortiqueuses afin d’alléger le travaildes femmes restées seules dans lesvillages, les hommes étant allés chercherdu travail à la ville.
En se donnant des bases solides par laformation.
Un ambitieux programmed’alphabétisation est entrepris. Il permet,outre le développement personnel, deconserver par écrit la gestion desréalisations. Savoir lire et écrire valorise levécu quotidien et la langue locale : les gensapprécient mieux leur culture, la cassureavec la ville et les intellectuels se réduit,ces derniers étant invités à regarder leurculture autrement. La mise en place d’unprogramme d’alphabétisation dans le villageest toujours un préalable à l’appui de l’USE.
En affrontant ensemble les situations
.Afin de gérer et protéger les ressourcesnaturelles, une démarche collective a étéengagée pour exprimer les souhaits desfamilles, dans le respect mutuel.
En recherchant des modes definancement.
L’USE compte 10.000membres qui cotisent mensuellement 1.000Fcfa (1,52 euros) par personne. Les caissesd’épargne et de crédit des villagespermettent des prêts limités en volume eten durée, pour maximiser la rotation desfonds. L’USE est un partenaire historiquedu CCFD et de la CIMADE, et reçoit desappuis financiers complémentaires del’Union Européenne, de Christian Aid, deICCO, pour développer le ProgrammeIntégré de Podor sur le fleuve Sénégal. Ceprogramme fait partie d’un développementrural durable concernant aussi le Mali et leNiger dans la bande sahélienne « Pouvoirrester chez soi et avoirl’esprit libre », c’est toutcela à la fois, un combatquotidien qui mériterespect et engagementde notre part, afin queles fonds indispensablessoient disponibles par lesdons, mais aussi par desinvestissements adaptés.
Anne-Marie Brethon
CoursCoursCoursCoursd’alphabétisationd’alphabétisationd’alphabétisationd’alphabétisation
Village de Madina Feresbe : Il est 15 h30,nous entrons dans une salle de classe.Trente jeunes femmes sont assisesderrière des bureaux d’écolier, au moinsvingt d’entre elles ont un bébé dans lesbras ou calé dans le dos.Tout est calme dans cet espace réservéaux adultes au milieu des leçons pour lesenfants. La maîtresse calligraphie un texteen Peul au centre du tableau. Elle lit letexte à haute voix, puis demande à l’unedes femmes de faire de même. On noustraduit le texte qui explique la sécheresse,ses causes, ce que l’on peut faire pourlutter.Une autre jeune femme est appelée ; ellerésiste un peu ; sa voisine lui prend le bébé.Elle arrive au tableau, lit une phrase, puisse rétracte et retourne se réfugier à saplace. D’autres femmes acceptent de lire,mais je l’entends prononcer le texte,précédant même la lecture de l’autre dansson déchiffrage. Alors, je m’adresse à elleet lui dis : «vous lisez très bien, je vous aientendue». Bien sûr elle ne comprend pasmes mots, mais elle lit dans mes yeux, etinterprète mon intonation. Son regards’intensifie en interrogation. Je répète…quelques secondes s’écoulent, puis elle selève, décidée, demande la règle et lit toutle texte. Elle retourne à sa place, s’assoit,me sourit et reprend son enfant.Je ne sais vous dire la joie qui, dansl’instant, m’envahit le cœur et l’esprit.
Anne-Marie Brethon
Une Mutuelle deUne Mutuelle deUne Mutuelle deUne Mutuelle deSolidaritéSolidaritéSolidaritéSolidarité
Lundi 15 novembre :
nous sommes àl’intérieur des terres, à 40 kilomètres auNord de Dakar. Nous avons rendez-vousavec une des Mutuelles de Solidaritéou MuSo. Il s’agit de structures villageoisesde base dont l’objectif est de mutualiserles ressources financières de manière àpouvoir octroyer des micro-crédits.
 
Le village de Ndia, où nous allons pourdécouvrir le fonctionnement et l’utilitéd’une MuSo, compte 400 habitants. Lesterres cultivées tout autour représentent200 hectares. On y fait pousser, tour àtour, du mil, de l’arachide, du manioc et duniébé.C’est le jour de l’assemblée générale de laMuSo. Deux ou trois femmes arrivent etétendent des nattes pour la réunion sousl’arbre à palabre. Nous nous retrouvons àplus de 60, villageois et visiteurs, assis encercle. Chaque habitant tient une fiche jaune à la main, certains ont un cahier,
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 Le cours d’alphabétisation en Peul 
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