Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more ➡
Download
Standard view
Full view
of .
Add note
Save to My Library
Sync to mobile
Look up keyword
Like this
3Activity
×
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Touaregs Niger Cadrage Politique

Touaregs Niger Cadrage Politique

Ratings:

4.5

(2)
|Views: 315|Likes:
Peuple touareg : Éléments de réflexion sur la question touarègue au Niger. Contribution à la compréhension des tensions entre l'État du Niger et sa communauté touarègue.
Peuple touareg : Éléments de réflexion sur la question touarègue au Niger. Contribution à la compréhension des tensions entre l'État du Niger et sa communauté touarègue.

More info:

Published by: Temoust Le Peuple Touareg on Jul 25, 2009
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See More
See less

02/25/2011

pdf

text

original

 
Abdoulahi ATTAYOUB - Président de TEMOUST
Face à la question touarègue, l’État nigérien manquedécidément d’imagination (
Traduction anglaise à la suite del’article en français !)
mardi 17 juillet 2007
Depuis quelques mois, le Niger est entré dans une nouvelle phase dans sa quêterécurrente d’un équilibre institutionnel à même de lui garantir une stabilité durablenécessaire à son développement économique.En effet, depuis l’Indépendance, le système politique qui a pris en main la destinée duNiger n’a, à l’évidence, pas été en mesure de construire un ensemble national dans lequelles différentes communautés culturelles qui composent le pays puissent se reconnaître.Ce système n’a pas été capable d’organiser dans la transparence et l’intérêt national lacoexistence entre des communautés qui ont pourtant toujours cohabité, avant même lacréation de l’État sous sa forme post-coloniale.La Conférence nationale du début des années 90 fut une belle occasion de refonder lepays sur des bases authentiquement nigériennes, c’est-à-dire issues de la volontécommune de nos communaus à construire un État capable de leur assurer undéveloppement harmonieux en respectant leurs spécificités. Malheureusement, les élitespolitiques de l’époque, encore incapables de s’affranchir des méthodes et des schémas deleurs aînés, n’ont pas pu ou voulu imposer une restructuration du système à la lumière desexpériences vécues au Niger et ailleurs. La facilité du statu quo l’a emporté, et laConférence nationale fut un échec sur ce plan. Les leaders issus de cette conférencenationale n’ont pas innové dans la pratique politique et perpétuent les mêmes erreursd’analyse et de gestion que ceux qui avaient été formés à l’école coloniale.Bien que le processus démocratique, né avec cette Conférence nationale, ait permisl’émergence d’une multiplicité d’acteurs politiques, il n’a pas forcement donné de résultatsprobants en matière de pluralisme d’idées et encore moins de projets de société. Laplupart des partis politiques nés de cette ouverture « démocratique » ont dupliqué lesmêmes méthodes et le même esprit clientéliste que l’ancien parti unique. Ce qui fait dire àbeaucoup que la politique n’est qu’un moyen pour accéder aux marchés publics pour lesuns ou à un emploi pour les autres.La question touarègue a été clairement débattue lors de cette Conférence nationale suiteaux massacres de Tchin-Tabaraden, mais aucune réponse n’a été apportée aux causesqui ont amené une partie de la jeunesse touarègue à s’exiler en Libye, Syrie, Liban…depuis les années 70. La naissance des premiers Mouvements politico-militaires devenaitdu même coup inévitable à cause du sentiment d’injustice partagé par l’ensemble de lacommunauté touarègue au-delà de la population de l’Azawagh.Très vite, la France et l’Algérie ont pris le dossier en main et ont poussé les protagonistesà la signature d’accords de paix censés mettre fin à « l’insécurité dans la zone ». Lamanière dont ces accords ont été préparés et signés montrait clairement la faiblessepolitique du Mouvement touareg qui s’est laissé enfermer dans une logique sécuritairefaisant de l’intégration des combattants une fin en soi et d’ailleurs son seul acquis tangible.Il était apparu à l’époque que ni l’Algérie ni la France ne souhaitaient que soit traitée ladimension politique de la question touarègue. On retrouve le même schéma de traitementau Mali voisin, où la question avait pourtant pris une dimension encore plus dramatique,
 
avec le massacre de plusieurs milliers de civils touaregs par l’Armée nationale et sesmilices parallèles.Le traitement politique de cette première « rébellion » contenait déjà les germes de cellesqui allaient inévitablement suivre. Il explique également les actions sporadiquesenregistrées dans le Nord du Niger depuis 1995.Aujourd’hui, nous sommes donc face à une nouvelle situation créée par la non-résolutionde la question de fond qui est celle de la place de la communauté touarègue dans le projetnational nigérien. Bien plus que par le passé, cette question se pose dans un contexteinternational, caractérisé par un intérêt grandissant des puissances internationales etrégionales pour le sous-sol et le positionnement géostratégique de cette partie du Sahel etdu Sahara central.Il est à craindre que les réponses envisagées par le Niger et les pays impliqués comme laFrance, l’Algérie et la Libye, s’articulent toujours autour des aspects purement sécuritaireset guerriers, doublés par des manœuvres clientélistes qui illustrent l’absence d’une volontépolitique de poser clairement le problème et de lui apporter des solutions acceptables par toutes les parties concernées.Cette attitude de l’Etat nigérien demeure une constante du système qui traverse lesgénérations, les gouvernements et les mouvances politiques. Il s’agit en fait d’une visionconstitutive du système politique nigérien qui a du mal à accepter la légitimité de lacommunauté touarègue à exercer le pouvoir politique au même titre que les autrescomposantes du pays.Le noyautage de l’État par une classe politique essentiellement ethniciste empêchel’émergence d’une pratique politique plus ouverte permettant une compétition saine etloyale entre l’ensemble des élites du pays.Le Mouvement touareg est décidé à poser la question de la réforme politique du systèmepour que les Nigériens puissent s’asseoir autour d’une table et jeter les bases d’unvéritable pacte national construit par la volonté, non pas de l’ancien colonisateur, mais descomposantes ethnolinguistiques qui font le Niger d’aujourd’hui.À travers cette démarche, le Mouvement touareg s’adresse à la conscience nationale dechaque Nirien pour faire évoluer le pays, scrosé par un système fidepuisl’indépendance. Il s’agit de permettre à tous les citoyens d’être partie prenante de laconstruction d’un destin commun, structuré au sein d’une entité étatique pensée et vouluepar toutes les composantes du pays.Quoi que l’on puisse dire, le Niger reste encore un projet que les différentes composantesnationales se doivent de structurer et faire vivre pour que naisse demain un pays danslequel aucune communauté ne se sentira investie de la mission d’administrer les autres, etoù aucune autre ne se sentira à l’écart pour des raisons obscures liées à l’héritagecolonial.En réalité, les revendications portées par le Mouvement touareg se caractérisent par desexigences démocratiques et de bonne gouvernance. Elles ne peuvent plus être réduitesuniquement à la problématique de l’exclusion de la communauté touareg du champdécisionnel.Il apparaît néanmoins illusoire de vouloir stabiliser le Niger et de le construire sansapporter au préalable une réponse politique claire et sans ambiguïté aux injustices subiespar cette communauté depuis la création du pays. Le Mouvement touareg a le mérite, par conséquent, de questionner au niveau national la manière dont l’État gère la coexistencede ses différentes communautés.Il n’est pas normal que des jeunes Nigériens trouvent illégitimes les revendications du
 
Mouvement touareg. Ces jeunes doivent apprendre la marginalisation dont a souffert lacommunauté touarègue depuis la création du Niger. Ils doivent savoir que la stigmatisationbasée sur l’appartenance supposée à cette communauté a existé dans les années 70-80aussi bien dans la rue que dans l’administration nigérienne. Que des contrôles d’identitéau faciès ont existé au Niger comme si certains faciès pouvaient être plus « Nigériens »que d’autres, au risque même de voir des non-nigériens plus libres de circuler sur leterritoire national que certains compatriotes. Que des ressortissants de certains paysvoisins pouvaient plus facilement accéder à des emplois de manœuvres dans les sociétésminières que les ressortissants de la région où elles sont implantées.Malgré cela, les Touaregs n’ont jamais pris les armes contre le Niger et encore moinscontre telle ou telle autre communauté nationale. Ils interpellent un système qui a montréses limites dans sa capacité à se remettre en cause et à amener le pays sur la voie dudéveloppement.La classe politique actuelle n’est manifestement pas capable d’imaginer et de proposer aupays une sortie de crise permettant de mettre un terme à ce climat de tension qui n’a jamais réellement disparu malgré les accords de 1995.Dans nos pays africains, la pratique politique est encore trop souvent basée sur desconsidérations ethniques ou régionalistes. Et en la matière, le Niger fait partie des pays lesplus caricaturaux. En effet, les citoyens ne peuvent avoir d’autres repères en matière dereprésentation politique que la légitimité coutumière ou alors le clientélisme affairiste quedéveloppent tous les partis politiques, y compris ceux qui se veulent progressistes.The Nigerien State shows a definite lack of imagination in dealing with the TuaregissueDevant cet état de fait, la résolution d’un problème aussi important que celui qui sepose au pays actuellement ne peut se faire uniquement à travers les partis politiquesactuels. D’autres sources de légitimité porteuse de stabilité existent et doivent êtreinterrogées pour asseoir un véritable socle national dans lequel toute la communauténationale pourrait se retrouver. L’écart entre la gitimité politique et la galitéreprésentative n’a jamais été aussi important au Niger. N’importe qui, dès lors qu’il disposede moyens matériels adéquats, pourrait se faire élire député ou maire d’une région oud’une population des intérêts de laquelle il n’a que faire. Cette pratique est considéréecomme « normale » car la classe politique privilégie souvent l’opportunisme immédiat audétriment d’une vraie politique de construction d’un État disposant d’institutions quirefléteraient réellement les aspirations de sa population.Cela s’explique aussi par une paresse notoire à rechercher une synthèse intelligente entreles exigences d’une véritable représentation démocratique de la population et la naturemême du paysage démographique et culturel du paysDès lors que les choix démocratiques ne reposent plus sur une compétition d’idées, maissur des considérations purement ethniques, la notion de démocratie, elle-même, est àrevisiter pour qui veut asseoir un système politique adapté aux réalités nationales. Celaest encore plus vrai dans un pays dont l’écrasante majorité de la population est encoreanalphabète.Nous continuons à singer les institutions occidentales et sommes encore incapablesd’imaginer une organisation politique respectueuse de nos propres réalités. Par cetteinsuffisance, nous contribuons, volontairement ou non, à entretenir cette situationd’instabilité que connaissent beaucoup de nos pays. D’autant plus que certaines de nosrégions sont sujettes à des convoitises qui ont souvent intérêt au désordre et à l’anarchie.Il est parfois nécessaire de passer par des mesures symboliques et fortes pour faireévoluer les esprits (nominations…), mais la question de fond demeure celle d’un partagestructurel de la décision politique et donc, de la répartition équitable des pouvoirs au sein

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->