Description
Partout, des multitudes de jeunes ont à passer sous de
redoutables Fourches Caudines. A deux époques de l’année
bien connues, la société se divise en deux groupes destinés à
se faire face :
les candidats, et les examinateurs. Si, dans telles contrées,
notamment chez les Allemands et les Anglo-Saxons, les
résultats brutaux des compétitions annuelles ou bisannuelles
sont amplement amendés par les notes obtenues au cours de
l’année, et si ces tests, assez fréquents, ne sont pas toujours
d’un niveau extrêmement élevé, l’examen français est quelque
chose de dur, de solennel, d’omnipotent, de définitif.
Soit, par exemple, l’Agrégation. Y réussissez- vous ? Vous
voilà arrivé au port. Plus de compétition à craindre, mais une
situation transformée, assise, qui s’améliorera à peu près
automatiquement, par périodes bien déterminées, jusqu l’âge
de la retraite. Dans maints autres Etats, il n’en est pas ainsi.
Les positions sociales s’étagent par examens fractionnés.
Vous ne serez jamais au bout de votre rouleau. A n’importe
quel stade de votre carrière, un nouveau Concours peut vous
faire encore progresser.
Un labeur tenace n’a-t-il pas le don de vous sourire? Vous
végéterez. Par contre, le « bûcheur qui, au départ, en était au
même point que vous, fera son petit bonhomme de chemin,
vous laissant bien loin derrière lui.
On est peut-être un peu trop tenté, dans notre pays, de tenir
l’issue d’un examen pour l’arrêt de la fatalité. Aussi connaît-on
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le cri du coeur du recalé » : « II n’y a de la veine que pour la
canaille !... »
Mais oui... un camarade peu coté a « passé ». Ce pauvre type
», bien meilleur, n’est-il pas resté sur le pavé ? Celui-ci n’est-il
pas tombé sur la seule composition qu’il eût spécialement
étudiée? Cet autre malin n’avait-il pas de petites notes dont il
a su se servir « en douce »
Nous allons tenter, au cours de cet ouvrage, de montrer que
cette conception demande à être révisée. Un candidat qui
VEUT et qui SAIT s’y prendre peut compter presque sûrement
en lever la palme de haute lutte. Car il est des principes, très
simples mais inflexibles, DONT
DEPEND IRRESISTIBLEMENT LE SUCCES.
De puissants efforts sans lendemain, feux de paille,
n’atteignent pas le but. Voués à L’ECHEC, le lièvre partant
comme un trait, le roi de l’Atlas s’agitant furieusement dans
ses rêts ! Par contre, une activité d’apparence modeste sans
panache, mais poursuivie régulièrement finalement à de
substantiels résultat. La tortue gagne la course. Le rat délivre
le lion. La grand’mère, tricotant tout l’hiver au coin du feu,
présentera un jour une paire de bas de laine bien chauds. Un
fruit hâtivement mûri a-t-il la saveur sucrée de la mignonne
fraise des bois, tardivement arrivée à maturité ?
Nous allons bien vous surprendre en vous faisant remarquer
que tous ces processus très, patients qui font éclore du
tangible et du solide, peuvent être considérés comme
éléments fondamentaux d’une branche relativement récente
des mathématiques : le CALCUL INTEGRAL. En voici le
principe, génial dans sa simplicité : UNE SOMME DE TRES
PETITS NOMBRES, DE MINUSCULES RESULTATS
EXTREMEMENT NOMBREUX N’EST PAS NEGLIGEABLE.
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C’est par des apports de ce genre que se font la plupart des
transformations dans la nature : croissance, entre autres. Le
banquier érige sa fortune par de menus prélèvements sur les
opérations de ses clients. Celles-ci étant innombrables, il finit
par s’assurer un bénéfice substantiel. Il en est de même pour
tout commerçant qui, en dernière analyse, se trouve pratiquer
le calcul intégral, tout comme M. Jourdain faisait de la prose :
sans le savoir.
( Celui qui emploie cette méthode : travailler chaque jour
normalement, travailler régulièrement, travailler longtemps, a
des chances véritablement exceptionnelles de maîtriser un
examen, et, plus généralement, d’atteindre n’importe quel but.
Dédaigner cette peu reluisante façon de dispenser vos sueurs
pour procéder, aux approches d