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Basarab Nicolescu, LA CONTRIBUTION DES ROUMAINS A LA SCIENCE ET A LA CULTURE FRANÇAISES

Basarab Nicolescu, LA CONTRIBUTION DES ROUMAINS A LA SCIENCE ET A LA CULTURE FRANÇAISES

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Les grands créateurs roumains ont toujours été des êtres de transgression. Transgression de normes culturelles établies, transgression de la langue, transgression des croyances profondément enracinées. Brancusi, Ionesco, Eliade, Lupasco, Cioran, Tzara, Ghérasim Luca, Andreï Serban sont tous des êtres de transgression des frontières entre les différents domaines de la connaissance et entre les différentes cultures.
Les grands créateurs roumains ont toujours été des êtres de transgression. Transgression de normes culturelles établies, transgression de la langue, transgression des croyances profondément enracinées. Brancusi, Ionesco, Eliade, Lupasco, Cioran, Tzara, Ghérasim Luca, Andreï Serban sont tous des êtres de transgression des frontières entre les différents domaines de la connaissance et entre les différentes cultures.

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Categories:Types, Research, History
Published by: Basarab Nicolescu on Jul 27, 2009
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LA CONTRIBUTION DES ROUMAINSA LA SCIENCE ET A LA CULTURE FRANÇAISES
1
Basarab NICOLESCUPhysicien théoricien au CNRS, Université Paris 6Membre de l’Académie RoumainePrésident du Centre international de Recherches et Études Transdisciplinaires (CIRET)Les deux dangers extrêmes de la mondialisation sont l'homogénéisation culturelle,religieuse et spirituelle et le paroxysme des conflits ethniques et religieux, comme réactiond'autodéfense des cultures et des civilisations. La francophonie (ou plutôt
la francité 
, selon lesi beau mot du poète libanais Salah Stétié
2
), la latinité, la civilisation méditerranéenneconstituent autant de
réseaux de résistance
à ces deux dangers d'homogénéisation etd'hétérogénéisation extrêmes.« La langue française est l’une de ces langues dont beaucoup d’hommes et de femmes,disséminés sur les cinq continents, ont besoin pour vivre – écrit Salah Stétié. […
]
Cettecapacité d’accueil qu’a la langue française, aucune autre langue ne l’a au même degré. Niaucune autre langue non plus, au même degré, cette capacité d’ouverture aux signifiants quenécessairement les mots les charrient quand, venus de l’extérieur, ils viennent à s’intégrer à lalangue d’accueil. »Dans ce contexte de la francité, permettez-moi d’énoncer une évidence qui, commetoute évidence, n’est que rarement formulée clairement :
le français fait partie de l’identité nationale de la Roumanie moderne
. J’ai été heureux d’entendre récemment un écrivain de laqualité de Petre Raileanu prononcer cette vérité axiomatique lors de manifestations à Bucarestautour de la collection « Les Roumains de Paris »
3
.
1
Conférence invitée dans la séance d’ouverture du congrès international
 Francophonie et intégrationeuropéenne – Patrimoine franco-roumain
, Dijon, France, 27-29 octobre 2004.
2
Salah Stétié, « Le français, l’autre langue », in
 Francophonie et dialogues de cultures dans le monde arabe
,Publications de l’Université Libanaise, Section des Etudes Littéraires XXIX, Beyrouth, 2001, sous la directionde Zahida Darwiche Jabbour, pp. 25-36.
3
Petre Raileanu, discours à la réception offerte par l’Ambassadeur de France Philippe Etienne en honneur de lacollection « Les Roumains de Paris », Bucarest, le 20 septembre 2004.
1
 
La francité de la culture roumaine moderne nous permet de comprendre bien de paradoxes qui autrement ne pourraient pas trouver une explication rationnelle.Tout d’abord, les roumains n’ont jamais été véritablement des étrangers en France, toutdu moins sur le plan culturel et spirituel. Ils se sont intégrés naturellement, en contribuant àl’édification de la culture française moderne. Les roumains n’ont jamais constitué un groupeethnique ou religieux séparé, tout simplement parce qu’ils étaient des français à part entière.On a souvent reproché à l’exil roumain d’avant 1989 d’avoir été fragmenté, en querelle permanente entre les différents groupuscules et on a mis cette querelle sur le compte d’uneimaginaire caractéristique latine, celle d’un individualisme exacerbé. Mais l’explication decette fragmentation est très simple : une cohérence parfaite de l’exil roumain était impossiblecar les roumains se sentaient, de par la langue française, tout d’abord français. Ceci expliqueaussi pourquoi les grands intellectuels roumains en France ont choisi de s’exprimer enfrançais dans leur œuvre, au grand désespoir de certains portes-paroles de l’exil, qui voulaientabsolument que les poètes et les écrivains roumains s’exprime en roumain, car ilsconsidéraient que la langue roumaine est la sauvegarde de l’identité roumaine. J’ai été moi-même témoin, au célèbre cénacle de Neuilly, aux discussions sans fin sur ce sujet.Ce qui surprend aussi c’est le nombre de roumains qui ont eu une contributionimportante à l’édification de la science et de la culture françaises. Ce n’est certainement pas pour faire plaisir aux Roumains que l’Ambassadeur de France en Roumanie, Philippe Etienne,a intitulé sa communication à l’Académie Roumaine du 10 juin 2003 « Ces Roumains qui ontfait la France »
4
.Un cliché tenace voudrait réduire à tout prix ce nombre à quelques noms : Brancusi,Tzara, Enesco, Cioran et Ionesco. Et encore, la plupart des français ignorent même le fait queces personnalités sont d’origine roumaine. Je n’ai donc pas hésité de publier en préambule à
4
Philippe Etienne, « Ces Roumains qui ont fait la France », communication à l’Académie Roumaine, Bucarest,le 10 juin 2003.
2
 
ma collection « Les Roumains de Paris » l’extraordinaire guide de Jean-Yves Conrad
 Roumanie, capitale… Paris
, car ce guide révèle le nombre très grand d’intellectuels roumainsde France qui ont contribué à tous les domaines de la connaissance, dépassant de loin le cadreétroit de la litrature
5
. Une autre source importante d’information sur ce sujet est lacommunication faite par Jean Montreuil à la séance du 25 octobre 2002 de l’Institut de Franceen l’honneur de l’Académie Roumaine
6
.Permettez-moi de ne donner qu’un seul exemple, celui du physicien Alexandre Proca(1897-1955),
 
le
 fondateur de l’école de physique théorique française moderne.
 
J’ai choisivolontairement cet exemple d’un domaine autre que la littérature car il est bien évident,contrairement à une opinion répandue en Roumanie et ailleurs, qu’une culture ne peut pas seréduire à la littérature. Né le 16 octobre 1897 à Bucarest, Proca parle parfaitement, à 17 ans, le français,l’anglais et l’allemand. En 1922 il finit ses études à Ecole Polytechnique de Bucarest, commechef de promotion. Un an après il part à Paris où il soutient, en 1924, sa licence ès sciences.En 1925, Marie Curie l’invite à son Institut et en 1929 il commence ses travaux de physiquethéorique, en mécanique quantique, où il se démarque nettement des conceptions ondulatoiresde Louis de Broglie. Naturalisé français en 1931, il soutient en 1933 sa thèse de doctoratcontenant les résultats de 18 publications, le Président du jury étant Jean Perrin. Ensuite ilvoyage à Berlin et Copenhague, travaillant avec Schrödinger et Bohr.C’est en 1936, trois ans après sa thèse, que Proca obtient son résultat fondamental,connu, aujourd’hui encore, sous le nom
d’équations de Proca
. Il s’agit d’une découvertethéorique capitale : celle de mésons vectoriels, qui allait ensuite, après la mort de Proca, êtrelargement confirmée sur le plan expérimental et qui allait s’avérer essentielle (et toujoursactuelle) pour la théorie quantique des champs et les théories d’unification des interactions physiques. Presque simultanément, le physicien japonais Yukawa a la me idéed’explication des forces nucléaires par les mésons vectoriels mais il s’appuie sur deséquations fausses. C’est pourtant Yukawa seul qui reçoit le Prix Nobel en 1949. Une rivalité
5
Jean-Yves Conrad,
 Roumanie, capitale… Paris
, Editions Oxus, Collection « Les Roumains de Paris », Paris,2003.
6
Jean Montreuil, « Histoire de relations franco-roumaines dans le domaine de la recherche scientifique ettechnique », in
 Academia Română et Institut de France
, ouvrage co-édité par les Editions Oxus et l’AcadémieRoumaine, Paris/Bucarest, 2004.
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