• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
Chapitrc
13
LES RANGS
DU
POUVOIR
Régimesde préséances
et
bureaucratie
d'Êtat
dans
la
France des XIXe et
XX
esiècles
Olivier
Ihl
Étrangeclassification, celle qui en France rixe l'ordre
hi
émrchiquedes positions de pouvoir. Rangéesousune rubrique ulIstère,
le
"droit
des
préséances",elle
ne
suscite qu'uneattentiondédaigneuse. Commentne pas juger frivole la question des honneurs u
Hac
hésaux mngs
et
aux fonctions? Simple notification décomtive,
cst-
il
rétorqué, maniérisme puéril hérité d'
un
passé que personne n'ose
pilis
s'abaisserà congédier. Après cinq années d'intenses tractations,
un
nou
veaucode relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs
ci
vils etmilitaires a été adopté par décret
le
13
septembre 1989. Une
rd
onte qui a confirmé la mauvaise presse dont jouit en France
le
régimedes préséances. Pour les uns, il viendraitconsacrer une
"no
uvellehiérarchie des vanités"l.Composéde "règles délicieusement surannées",il aurait pour objet des "susceptibilités froissées" et des "rancoeurspicrocholines"2. Pour d'autres, ce "toilettage"répondait à u
ll
equestion insignifiante: "qui passeavant
qui
etpourquoi
?"3
odc
nc
ore"comment remettre à leur place
les
petits culonésqui passent
tou
joursdevant"4. Les auteurs de la réforme
ne
sont pasétrangersà
l.
"Protocole:
la
v.lsedes6t;quel.t
es".
Le
Fi,a,o.
15.c:ptanbre 1989. Jetiens
il
remerder
I
.cq
u""Chevallier
p<>ur
u
lectu'"
d'unepl'Wlièn:
v.",ion
de cetu,,".2.
"Les
0'"
de
la
R6puhlique
Ile
r:av,vent'\
LaCTOix.
16 '''Ptemb..,1989.
3.
"1..
R6publiquechange
';tiquellc",
LeMonde,
16
o
er,emb",
1989.
4.
"Protocole:le
p<>id.
d
..
fonc'ion.,
10
clJoc
de.
amb,'ion
...
Uhiralion,
11
.e
ptembno
1'18
9.
233
,1
..
 
celtemanièredevoir.
À
lesécouter,
il
n'yaurait enla matière
que
~règles
de
politesse",
"app
rentissagede bonnes manières", moyeningénieux d'éviter"incidents et bousculades"5.Peut-on réellement se contenter
d'une
telle
lecture
?
Laréglementationdespréséancesrecouvreun phénomène plusessentiel qu'onneledit,peut-êtremême plus important qu'on ne lecroit. Au
XVIIe
siècle.le juriste J
ea
nDomat en a énoncéleprincipecardinal. L'utilitédespréséances
ti
endrait
à
la
rationalisation
de
l'incertitude:
"II
es
t
de
l'ordre publicdelasociétéque rien n'ysoit endésordre.et c'en seraitun quiseraitsuivi
de
plusieursin
co
nvénients.silesmembres qui
le
composentn'avaient pas leurs placesréglées etqu'en
chaque
occasionduconcoursdeplusieurspersonnes,soitpour desséances. soit
pour
desmarches ou autrement,
il
fallutconfondreles rangs. ou faire
perdre
letemps de
ceux
qui devraientrangerlespcrso!1nes,
à
réglercequiserait dansl'incertilude"6.Prévenirle désordre,arbitrerl
es
ambitions. solisfairele soucide distinction: telssontles principaux traits
de
ce qui
fonne
alorsunrited'incorporation au
pouvoi
rmonarchique
Hommagerendu àla fidélité. le
prolOCole
consacrelesdignités:celles
de
la
lignéeetdelabravoure. Suspendu auxcaprices
de
lagraceroyale,
il
vient stimuler
un
marché dela faveur
leroiestà
la
fois jugectparties.Avec
la
Révolutionfrançaise.en revanche.l'ordredespréséances s'autonomise. Appuyésur
la
règlededroit.
il
se spécialise pourne plus concerner quelespositions publiquesd'autorité.Cefaisant, la notion d'étiquetterompt avecla logique patrimoniale d'AncienRégime. Elle prenddésormais
un
tout autre visage. Sonbut
n'cst
plusseulementde renforcerle pouvoir d'unhommeou deconforter les privilèges
de
13
naissancemaisde mettreenforme
un
~s
t
yle
d'autorité bureaucratique",Un mode
de
coereitionsusceptibledefavoriser
un
type
im
personnel
de
contrOlesuret entrelesdiverscorps
de
fonctionnaires.
On
l'aura
compris
:
ce
que
ra
co
ntela codification
des
préséances.
c'est
latransformationd'une administrat
ion
palrimoniale
en
unebureaucratie
de
fonctionn.1ires.
S.
J.
Oondouin.
"l,.o
rtr'}nncdupltllocolc".
f.I~8"rds
.....
r"",,,,,Ii".
156,
df<;e;nb,..,
1989.
6.
Droi' publi(;,
Pari.,
r:.dilion
Rm.~,
1829,1.
IX,
3.
Domal, apob
.voir.uigno!
le
premi.r
l'In8
.u
c
le
...
~.
dlvi...
!
les
lo
Iques
en
huil
ordres:
le.
milillli,..,
le
.
min
;'
t,..,. et
~~
'lue
le
Prince
h<HlOre
d.nl
.o
nconKil.lei magiltl'l'"
et
off",;e
.
jll<!iciaires,
l
es
officie
..
des
f",'ncet,
lei
p,,,,,onnes
profus",,!
1
..
ienee,
ct
lu.a
rt
.
lib.!l'Iu~,
le.
commerçants,
l~s
"",vrie..
et
.rti
..
",.
les
eulliv.leurs
et
1..
bergers.
7.
Sur
ce
point, vuir l'ouvl'lilc injoSltment
m~connu
d'AlfredFranklin,
LA
ciyiJjr~.
Nriq"'/I
•.
/"
mo,le.
le
bo~
10~
du
XIIIe""
X1Xe
s,·ù/e.
Poori.,E.
Paul. 1908.
S.
Sur
l'Impo
/laf1Çc
dtll ran8'
cl
de
.di,linction,
aoXVI
Ie
.~
ç\e.
on
con"oh ....I
ÇI
lravau1
de
H.Bltlcher,
Le
,,,n,
~,
Nn"qudl. '0""'l'Anci
tn
R
~g
i"'
t.
Paris, F.
Ale
a
n,
1
934;
N.
Eli,
L"
6ocil,~
de
COIO"
Pari
.,
Clim.nn
UV!'
1
975
c,
plus
récemment
J.
Reve!.
"La
cnur", dan.P.No", (dir.),
Lei
li'l«
rI~
",~moirc,
vol.
n
,Lu
F'''/lCe.
\l'me2.TmdiliOM.
Pari.,
G.mmlru,
1992.
p.129-193.
234
PourMax Weber,
on
lesait,les
caractéristiques
de
lah
urea
ucratie
sontau
nombre
de
trois:laprésence
de droits
et
obligationsattachésàla.fonction el non àla
personne;
l'existenced'unehiérarchieorganiséepardes règles impersonnelles, écrites et l
égales
;
lamiseen oeuvre
de
compétences
t
echnique
s
et
juridictionnelles
9.
Conçu comme
un
processus
de
rationalisation autantquecommeunestructure d'autorité,
ce
modèlerépond
à
des
exigencesd'efficacité.Il
se
manifeste,commel'a bien
vu
Roben Merton.
par
undouble impératif: une régularité decomportementet
un
fort degré dec
onfonn
itéauxactions prescrites
lO
Mais
par
quelsmoyensmatériels de gcst
iOfl
s'est-il
imposé?
Scion
quelles procédures
de
mobilisation et
de
régulation?L'une
de
ceslogiques a précisémentétéla miseenrangs de.
.
positionsd'autorité_CeUe-ci s'est opérée grâce aumonopolelégal
que
se
sontarrogés
l
es
pouvoirs publicssur l
es
"prérogat
i
ves
d'honneur",aussi bienlesdroits à la préséance queleshonneurscivils ctmilitairesoulesdistinctions honorifiques.
Je
nem'attacheraiiciqu'à
la
premièrede
ces
marques distinctives:celle qui,enmagnifiantla hiérarc
hie des fonctions d'autorité,orchestre
un
formidable
développement
de
l'''espritde corps".En jetant lesbases d'une polarisationendifférentséchelons, places,classes.rangs,lespréséances rendentvisiblçs
la
structure dupouvoir.Du même
co
up,elles favorisent unsensde ladistinclionqui j
oue
commeun puissant moyen de contrôle. La miseenrangs
de
lahureaucratie mais
au
delàceUe despouvoirspublics sert doncplus
que
deparure au
politique:
elleen fail voir et vivre
J'
éloquentemajesté. C
e.,>t
la
raisonpourlaquellelaréglementationdespréséancesmeparait cruciale
si
l'onveut comprendre surquellesdynamiquess'estconstruite
ta
bureaucratied'État. Trois d'entree
ll
esretiendrontparticulièremellt ,'atte
ntion:
_lepassage d'unÉtat-personne
à
unÉtat
co
nçu
co
mmela I)
COpr
iété
collective
d'un
être
co
ll
ectif
: c'estl'histoiredela personnalisation
de
l'appare
il
administratif_le développement d'uneloyautéprofessionnelleimposéepar
d
es
co
ntraimcs d'ungenre
1l000VeaU
,
d
es
incitationsfo
rm
e
ll
escapabl
es
de
sanctionnertoute confusiondes
rôles:
c'estla
co
nstitution d'un
('
Ihos
bureaucratique-enfml'intégrationdes différentssegmentsadministratifs àun schémainstitutionnel défini parréféccnce à
un
centreexerçantune empriseabsolue.
Or,
fait intéressa
nt:
celtecentralité s'cst
cO
nSLrUile.
enFrance, commeune position
de
surplomb.dansunehauteur, mieux
ulle
"grandeur"productrice
de
dépendanceet
de
m41jcslé.
9.
M.
Wel>t::r.
É~o""mie
~l
Soci"~,
P.ris,l'Ion,1971,
p.
226.
10.
R.K. M.rton,
Éléme,,1,tM
lh~od~
~r
de mJlhode sociotoglqut,
Vori.,Plon.
1965,
l'.
196.
235
 
UN
PRIVILÈGED'ÉTAT
Le protocoleadepuislongte
mp
smauvaiseréputation. Le
XVIIIe
siècle,plus qued'autres, en araillé les faux-semblants.
"Farfadet capricieux"auxyeux d'un Mercier, cettepolice
de
J'
étiquetteserailune maîtresseexigeante, celle d'une sociétéd'ordres,obnubilée par les distinctions en toutgenre
ll
,
Responsablepour Duclos d'une"fierté
de
dupes", clleseraitl'expression du hasardelnon
du
mérite.
Aussi,
réglant
les
devoirs
extérieurs des
"hommes
d'Étal",cc carrousel
deshonneurs passe pourceluidu déshonneur. C'estl'opinion de
FrançoisdeNeufchateau: réservée auxdignités decour.la préséancesc
révèleindigne des
peI"SOnncs
qui
CIl
reconduisentlecérémonial car ce
spectaclen'csi autre quecelui
de
leur orgueilet de leurservilité. Convaincusde la nocivitéduprotocole monarchique.les
révolutionnaires n'ont
pas
hésité àensupprimer
la
plusgrandepart,notammentl'étiquette
du
Palais ctlecérémonialdiplomatique.
À
leursyeult,
il
nepouvait
y
avoirpire manifestationde la tyranniedutrOne quece commercedébridé desplaces etdes manières. Nonseulement parce qu'ilcontredisait
la
revendicationd'uneégalitéformelleentreles hommes
l2
mais parce qu'ilétait devenuinutile dès lors que la noblessen'eltistaitplus
13.
La
pré
a
nceadministrativedevait.
elle. être
conservée maissurdes baseslargementrenouvelées.
Une
ostentation
légale
et
rationnelle
Soumise àl'actiondes assemblées, dépourvue d'attribution réglementaire,l'administrationavait pourles révolutionnair
es
unevocationparticulière:chasser
le
spectred'unexécutifdespolique.
Le
résultatfutspectaculaire.Laconfusiondes pouvoirs
entre corps
administratifs et
judiciaire
s,
l'indépendance
desadministrateurs
détenteurs
de
leurs
Moffices",
l'enchevetrement des règl
e."
et
fonction
s:
Il
.
Il
rallail.
comme
."
'<IUe
Dufon
<k
o.cvcmy.
IIflC
miseouinc....,
pour
mi\lle
1'f1
i
queue
:pourl'
enlrfc
dllcom
lc
<k
K.unitz,ildQ commander
~di
.
habiu
de
l"'l'fe
plonn&
SUr
101i1e.
les...
Ues.
dot
plon&
du
plus
Brand
rnodMe
.\lfe dc.
va
lu
rouget!
plonn60
'"
..
Bou",o&"e
en
a'len
t,
dC
Icbpeooua
~oonnes
galonn60 en
r"!_
enmanille
~
point.
d'Esp"p>e~
un
~rier
immenM pour
le
SuiaR
.
Le
c:aparaçon
de.
..
cheyaua
hama,
.
en
CUir
de
R
...
e.
I,,,de.
cl
rvNttes
en
soieluicou ..
t
di.
mille
li"Ie'~,
Lu
i"jroducl~UTS
des
"",,,.,~otk
.. r,
lW
-l900.
Pari_,
F~lia
Ak&rl,
1
90
1.
p.
60.
.
12.
SUI
C~"""ntime
n
tal
i
.
m~
~~i
..
le",
Ynir D.
J.
Denby.
S~nu",~(1/(l1
NO,r(
""f
o.M/1Ie
$tH:ial
O,J.,
i~
F,of\C~
1760-M2O,
1994,Cambridge,
CIltrI
briJgeUniversilyP
reN
.
p.
139
"'1.
13.
Rlpp<llnnJquedepuis
17891.
nobleue
comme
ordle
n'.
Jlmli
.
lep
l"'.
1:-
Re$l
au",linn,comme
l'.
montr~
Adeline
Dlum.rd.
inyentc",denouveauxnnbl
Cl
.
1 
Monorcl\\e
de
JuiUet
el
ln
deux empire.
de
nouv.
I
Ull;t!U
.
Lo
noblesse, cUe.
a"
.
;1
e.a5~
d'uioler
ou
nc
.u
...
init,
lUmieu •• que
oou
.IIformc d"'une diatinclion honorifiquea
nlchl.
l
un
~om"
("Noblcueet
.rioto<",'ie
enl'rance
au
XIX •
i~Ie".
lAs
""bk:rs~l
~uropün,."
0" XIX'
"icI..
Po
n..
&ole
r",,,,,ai,e de
Rnm.,
19&8).
236
lout
cec
i
nefut
bientôtplus qu'un
souve
nir.
À
leur
place.une
institution nouvelle
que
l
es
Constituants
co
mme
les
Co
nventionnels
vo
ulaient
uniforme
sur
tout let
err
itoire nalional
14
Il
s'ag
issaitd'instituerunestructure d
'a
utoritédistinctedes relations d'ascendance sociale,
notammentdu
clergé etdela noblesse d'épée.Pour autant, l'imagetrèsnégative
de
l'Administrationpropagée sous la Révolution n'incitait guère
à
accroîtresa puissanced'action,Présenté
comme
l'ennemi du Législateur.
le
pouvoirdes bureauxallait
être
encadré,confiné,surveillé.Jusqu'auDirectoire.ilfut combattu
au
Ilom d'unedéfinitionintransigeante des libertésciviques.D'où les réticencesàle pourvoirdesignes
de
majesté.
Le
souci
de
rationaliserl'appareild'État
ne
déboucha,
en
matièred'honneurs publics,quesurunesérie
de
lelttesembryonnaires.
Le
premier
d'entre
eux
estla loi du
30
décembre
1789
:
les
ad
ministrations
de
départementctdedistrict. lescorpsmunicipaux s'y voient reconnaître.
lor
sdes cérémoniespubliquesorganisées
sur
leurterritoire.lapréséance surlesofficiers ou les corpscivils
ct
militaires.
Mani~re
de
lierlalégitimitédu pouvoir
ce
ntralau
prestige de
circonscriptions décentralisées.L'instructiondu
20
août
1790
fix
e.
clic.
la
hiérarchie
des
autorités administratives: elledonne lapréséance
à
l'administrationdépartementale surcelledudistrictet
à
cettedernièresur l'administrationmunicipale. Enfin,laloi du
20
avril
1790
règle lesrangsentreles autorités munic
ipales:
le maire,puis lesofficiers municipaux. ensuitele procureur
de
la
communectses substituts.les greffiers e
lles
trésoriers.
Que
conclure d'un
tel
systèmes
illOn
qu'il
Lire
sa
co
hérence
de
la nature
des
focmesd'autorité quesespre
scr
iptions rassemblentethiérarchisent tout
li.
lafois. Sil'administrationen occupelesommet. c'est commel'explique Aeurigeon,parce queson
pouvoir
s'étend
sur
tous les citoyensetqueson
action
s'avèreindépendante
deleur
volonté.
De
sorte que"veillant constammentsur touset pourtous". l'administration jouit de la préséanceabsolue. Vient
ens
uite
le
pouvoir
judiciaire
dont
les
fonctions
passent
pour
ventuelles"
car
elles
peuvent
être
annulées
par
le
recoursdes
particuliers. Enfin,le pouvoir militaire f
enne
le ban :subordonné aultautorités civiles.
il
est
réputé ne"commander qu'auxmilitaires"lS. Maisceltestructure
pyrJ.JTlidal
e
ne
dispose pas pour autantd'autonomie organique
ou
fonctionnelle.Affaiblie.éclatée. elle demeureentravée, d'un
côté
par la légitimilédes mandaiSélectomu
x,de
l'aulte parlaliberté descommunautésterritoriales.
14.
Cent
conceptionde lafonclion
.
dmlnl
l
l"'ti~c
Se
relrouve
dan.
l'in~lruclinn
du Sjanvier
1790:
"L'ÉIII
c
Ol
WI.1
..
Mp"ncmcnl
l
ne
lunlque
de<
.ections
du
même
10UI.
uneadminisl",tion
unifonne
doitdonc
le.
cnlb",
.
r
tous dl
n.
unrégime
""mmun",
ATC~ivtl
parl~
m~nla;ru,
tome
Il,
p.
203.
IS.
Cotk
odmi,unro.lif,
\.orne
2.
3ème
Plrtie,
Pa
ria,
VllIde,
1806,
p.
lOIS.
237
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...