celtemanièredevoir.
À
lesécouter,
il
n'yaurait enla matière
que
~règles
de
politesse",
"app
rentissagede bonnes manières", moyeningénieux d'éviter"incidents et bousculades"5.Peut-on réellement se contenter
d'une
telle
lecture
?
Laréglementationdespréséancesrecouvreun phénomène plusessentiel
qu'onneledit,peut-êtremême plus important qu'on ne lecroit. Au
XVIIe
siècle.le juriste J
ea
nDomat en a énoncéleprincipecardinal.
L'utilitédespréséances
ti
endrait
à
la
rationalisation
de
l'incertitude:
"II
es
t
de
l'ordre publicdelasociétéque rien n'ysoit endésordre.et c'en
seraitun quiseraitsuivi
de
plusieursin
co
nvénients.silesmembres
qui
le
composentn'avaient pas leurs placesréglées etqu'en
chaque
occasionduconcoursdeplusieurspersonnes,soitpour desséances.
soit
pour
desmarches ou autrement,
il
fallutconfondreles rangs. ou
faire
perdre
letemps de
ceux
qui devraientrangerlespcrso!1nes,
à
réglercequiserait dansl'incertilude"6.Prévenirle désordre,arbitrerl
es
ambitions. solisfairele soucide distinction: telssontles principaux
traits
de
ce qui
fonne
alorsunrited'incorporation au
pouvoi
rmonarchique
•
Hommagerendu àla fidélité. le
prolOCole
consacrelesdignités:celles
de
la
lignéeetdelabravoure. Suspendu auxcaprices
de
lagraceroyale,
il
vient stimuler
un
marché dela faveur
où
leroiestà
la
fois jugectparties.Avec
la
Révolutionfrançaise.en revanche.l'ordredespréséances
s'autonomise. Appuyésur
la
règlededroit.
il
se spécialise pourne plus
concerner quelespositions publiquesd'autorité.Cefaisant, la notion
d'étiquetterompt avecla logique patrimoniale d'AncienRégime. Elle
prenddésormais
un
tout autre visage. Sonbut
n'cst
plusseulementde
renforcerle pouvoir d'unhommeou deconforter les privilèges
de
13
naissancemaisde mettreenforme
un
~s
t
yle
d'autorité bureaucratique",Un mode
de
coereitionsusceptibledefavoriser
un
type
im
personnel
de
contrOlesuret entrelesdiverscorps
de
fonctionnaires.
On
l'aura
compris
:
ce
que
ra
co
ntela codification
des
préséances.
c'est
latransformationd'une administrat
ion
palrimoniale
en
unebureaucratie
de
fonctionn.1ires.
S.
J.
Oondouin.
"l,.o
rtr'}nncdupltllocolc".
f.I~8"rds
.....
r"",,,,,Ii".
156,
df<;e;nb,..,
1989.
6.
Droi' publi(;,
Pari.,
r:.dilion
Rm.~,
1829,1.
IX,
3.
Domal, apob
.voir.uigno!
le
premi.r
l'In8
.u
c
le
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~.
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commerçants,
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les
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bergers.
7.
Sur
ce
point, vuir l'ouvl'lilc injoSltment
m~connu
d'AlfredFranklin,
LA
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Nriq"'/I
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mo,le.
le
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du
XIIIe""
X1Xe
s,·ù/e.
Poori.,E.
Paul. 1908.
S.
Sur
l'Impo
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Paris, F.
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1
934;
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J.
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(dir.),
Lei
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",~moirc,
vol.
n
,Lu
F'''/lCe.
\l'me2.TmdiliOM.
Pari.,
G.mmlru,
1992.
p.129-193.
234
PourMax Weber,
on
lesait,les
caractéristiques
de
lah
urea
ucratie
sontau
nombre
de
trois:laprésence
de droits
et
obligationsattachésàla.fonction el non àla
personne;
l'existenced'unehiérarchieorganiséepardes règles impersonnelles, écrites et
l
égales
;
lamiseen oeuvre
de
compétences
t
echnique
s
et
juridictionnelles
9.
Conçu comme
un
processus
de
rationalisation autantquecommeunestructure d'autorité,
ce
modèlerépond
à
des
exigencesd'efficacité.Il
se
manifeste,commel'a bien
vu
Roben Merton.
par
undouble impératif: une régularité decomportementet
un
fort degré dec
onfonn
itéauxactions prescrites
lO
•
Mais
par
quelsmoyensmatériels
de gcst
iOfl
s'est-il
imposé?
Scion
quelles procédures
de
mobilisation et
de
régulation?L'une
de
ceslogiques a précisémentétéla miseenrangs
de.
.
positionsd'autorité_CeUe-ci s'est opérée grâce aumonopolelégal
que
se
sontarrogés
l
es
pouvoirs publicssur l
es
"prérogat
i
ves
d'honneur",aussi bienlesdroits à la préséance queleshonneurscivils
ctmilitairesoulesdistinctions honorifiques.
Je
nem'attacheraiiciqu'à
la
premièrede
ces
marques distinctives:celle qui,enmagnifiantla
hiérarc
hie des fonctions d'autorité,orchestre
un
formidable
développement
de
l'''espritde corps".En jetant lesbases d'une polarisationendifférentséchelons,
places,classes.rangs,lespréséances rendentvisiblçs
la
structure dupouvoir.Du même
co
up,elles favorisent unsensde ladistinclionqui
j
oue
commeun puissant moyen de contrôle. La miseenrangs
de
lahureaucratie mais
au
delàceUe despouvoirspublics sert doncplus
que
deparure au
politique:
elleen fail voir et vivre
J'
éloquentemajesté.
C
e.,>t
la
raisonpourlaquellelaréglementationdespréséancesmeparait
cruciale
si
l'onveut comprendre surquellesdynamiquess'estconstruite
ta
bureaucratied'État. Trois d'entree
ll
esretiendrontparticulièremellt
,'atte
ntion:
_lepassage d'unÉtat-personne
à
unÉtat
co
nçu
co
mmela
I)
COpr
iété
collective
d'un
être
co
ll
ectif
: c'estl'histoiredela
dépersonnalisation
de
l'appare
il
administratif_le développement d'uneloyautéprofessionnelleimposéepar
d
es
co
ntraimcs d'ungenre
1l000VeaU
,
d
es
incitationsfo
rm
e
ll
escapabl
es
de
sanctionnertoute confusiondes
rôles:
c'estla
co
nstitution d'un
('
Ihos
bureaucratique-enfml'intégrationdes différentssegmentsadministratifs àun
schémainstitutionnel défini parréféccnce à
un
centreexerçantune
empriseabsolue.
Or,
fait intéressa
nt:
celtecentralité s'cst
cO
nSLrUile.
enFrance, commeune position
de
surplomb.dansunehauteur, mieux
ulle
"grandeur"productrice
de
dépendanceet
de
m41jcslé.
9.
M.
Wel>t::r.
É~o""mie
~l
Soci"~,
P.ris,l'Ion,1971,
p.
226.
10.
R.K. M.rton,
Éléme,,1,tM
lh~od~
~r
de mJlhode sociotoglqut,
Vori.,Plon.
1965,
l'.
196.
235
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