Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
2Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Édition du 21 octobre 2013

Édition du 21 octobre 2013

Ratings: (0)|Views: 243 |Likes:
Published by La_Rotonde

More info:

Published by: La_Rotonde on Oct 21, 2013
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

10/02/2014

pdf

text

original

 
Édition du lundi 21 octobre 2013 | VOLUME LXXXII N
O
6
FACEBOOK  www.facebook.com/LaRotonde.ca TWITTER @LaRotonde WEB www.larotonde.ca
- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -
 ARTS et CULTURE | Douzième saison des Contes nomades - Page 10SPORTS | L’équipe de soccer féminin première de sa division - Page 15
MANIFESTATION
SOLIDARITÉ AVEC
 
ELSIPOGTOG
 
L
Table des matières
Actualités
Affaire Rancourt p. 4Étudiants internationaux francophones p. 5Élections FÉUO p. 6Cinéma et droits de la personne p. 7Revue de presse p. 8
Arts et Culture
Expositions photographiques p. 9Contes nomades p. 10Théâtre de la Catapulte p. 11Littérature franco-ontarienne p. 12Mini-Critiques p. 13
Sports
Football p. 14Soccer féminin p. 15Hockey masculin p. 16Tirs de barrage p. 16Étoiles de la semaine p. 17
Lettres d’outremer 
Chronique haïtienne p. 18Chronique européenne p. 18
Procrastination
Les Fauteux de Troubles p. 19
La Rotonde 
est àla recherche d’unChef de pupitre Actualités
 Veuillez envoyer votrecandidature à
 
embauches@larotonde.ca
ÉDITORIAL
 Ghassen Athmni | redaction@larotonde.ca
21 octobre 20132
www.larotonde.ca
Ghassen Athmni
 Rédacteur en chef  
Les évènements qui sontsurvenus récemment au Nou- veau-Brunswick ont encoreune fois dénudé le décalagecriard qui se trouve entre les
discours ofciels, que ce soi
-
ent des politiciens, des mé
-dias ou des citoyens et lespratiques. L’escalade qui aeu lieu dans les alentours deRexton nous oblige à sortirdu carcan purement univer-
sitaire et estudiantin, pourrappeler que les étudiants, lajeunesse, ne sont pas censés
être indifférents à des enjeuxaussi imposants que ceux quise dégagent de la conjonctureactuelle. Pour placer le débatdans la perspective des valeurs
que La Rotonde défend, il faut
que nous nous attardions surla manière dont les différentspouvoirs se sont compor-tés face à l’épisode qui s’estdéroulé jeudi.
La dissuasion répressive
Sur le terrain, les deux acteurs principauxde ce nouveau jeudi noir, diront certains,sont la bande Elsipogtog, qui fait partie de lanation des Micmacs, et ses alliés acadiens et
autres néo-brunswickois d’un côté et l’État
canadien, représenté par sa Gendarmerie
royale de l’autre. Indignés par l’imminencede l’emploi de la fracturation hydraulique sur
les terres qu’ils revendiquent, les Micmacs etleurs alliés s’y sont, tout naturellement, fa
-rouchement opposés.
La fracturation hydraulique, méthode
employée dans l’exploitation des énergies
fossiles, comporte des risques avérés pourl’environnement, en particulier pour les
points d’eau et la nappe phréatique. Ce nesont donc pas uniquement les représentantsd’une ethnie ou d’une idéologie en particulierqui devraient être concernés par une telle en-treprise. Dans une région qui donne directe-
ment sur le golfe du Saint-Laurent, parcou
-rue par plusieurs cours d’eau et parsemée de
lacs et d’étangs, il était évident que les choses
allaient se corser à partir du moment où legouvernement provincial a enfreint la Décla-ration des Nations unies sur les droits despeuples autochtones en ne cherchant aucu-nement à obtenir leur consentement avantd’autoriser de tels travaux.
 À contrario, Fredericton a préfére
-courir à la méthode musclée pour se débar-rasser du problème. Les images de tireursd’élite mobilisés pour disperser une mani-festation n’ont pas seulement choqué de parleur appartenance à un référentiel contradic-toire avec les valeurs de la démocratie dont
les officiels se font les chantres, mais ontaussi, encore une fois, renforcé la conviction
que l’État est prêt à déployer ses moyens decoercition les plus violents pour servir lesintérêts des corporations (en l’occurrence
SWN Resources Canada, filiale locale du
géant texan de l’industrie pétrolifère South- western Energy).Les quelque 200 gendarmes envoyés auchamp de bataille trainant leur lourd attirailsont officiellement au service de tous les ci-
toyens sans distinction, à moins que tous les
protestataires soient par essence considérés
comme criminels, parce que le comporte
-ment des « forces de l’ordre » ne fit aucun-ement sentir aux manifestants qu’ils étaientautre chose que des ennemis.
Un traitement médiatiqueexécrable
Pour prendre le relai de la force matéri-
elle et pour justifier ses agissements, il faut
bien entendu recourir à la propagande mé-
diatique. Les médias dominants, dans leurprésumé souci d’objectivité, ont faussé le
débat. En se concentrant sur ce qui malheu-reusement est perçu comme le croustillant
de la nouvelle, c’est-à-dire la violence, lesincendies de véhicule, les arrestations, ils ont
omis de présenter les évènements dans leurcomplétude. Ils participent ainsi à maintenirle débat au superficiel et empêchent leurslecteurs et spectateurs d’aller en profondeur.CTV a proposé un de ces sondages dan-gereux où les choix variaient entre « Est-ce
que la GRC n’aurait pas dû intervenir » et« Est-ce que la GRC aurait dû utiliser plusde force », bien évidemment la dernière des
deux réponses a eu bien plus d’engouementde la part des internautes. Ce résultat té-moigne d’abord de l’atmosphère de peur en-
tretenue par les médias, il est fort à parier
que la majorité des votants ne désirent pas
 voir des manifestants arrêtés, mais c’est là la
conséquence de limiter le contenu journal-istique à des éléments peu représentatifs dela situation totale ou bien encore des moti- vations des uns et des autres. En proposant
ce genre de choix, la chaîne de télévision
encourage la stigmatisation des voix de con-
testation, contribue à la banalisation de la ré
-pression et prive les citoyens de leur droit àun débat pertinent et constructif.Cette politique s’inscrit dans une stra-tégie de mise devant le fait accompli. Si les
faits ne sont plus analysés, mais uniquement
narrés de la manière la plus dépouillée et sim-
pliste qui soit, c’est pour leur faire épouser
la condition de sentences. Ils en deviennentautomatiquement des procès inamovibles etgénèrent ces réactions primaires et impul-
sives, souvent confondues avec les opinions.
Ce schéma est tristement reproduit à grandeéchelle par les médias à l’égard de la majoritédes polémiques et débats impliquant les inté-
rêts de ceux qui les possèdent, les membres
des strates privilégiés.
Une note positive
Parce que nous ne pouvons nous per-
mettre de clore autrement ce billet, il est à
souligner que certains aspects positifs émer-
gent de ce qui se passe au Pays de Gédaïque. Tout comme pour Idle No More, et con
-trairement à ce que les medias veulent faire
croire, les manifestations contre la fractura
-tion hydraulique et celles de solidarité avec
les Micmacs d’Elsipogtog, attirent des indi
- vidus d’origines diverses. Les Premières na-tions s’ouvrent aux autres groupes humainsqui composent leur espace et la consciencede l’existence d’un commun à défendre et àpréserver (en attendant de pouvoir penser à
l’améliorer), semble croître. Les différentsgroupes opprimés, et parmi eux la jeunessedont nous avions exposé les difficultés,
doivent saisir que leur salut est inévitable-ment lié à la défense de ce commun et deson développement ainsi qu’à la constructiond’une transversalité aussi bien géographiqueet ethnique que sectorielle ou sociale. Lesévènements de cette semaine ont prouvé
l’existence d’une solidarité transcanadienne,
les protestations s’étant propagées d’est en
ouest, à travers toutes les provinces. C’est
dans cette transversalité que les innom-
brables luttes pourront se rejoindre, se com
-pléter et aspirer à constituer une force.
Les enseignementsd’Elsipogtog
 
3
www.larotonde.ca
Hamdi Souissi
 Bénévole 
Le 17 octobre dernier,
grâce à une mobilisationrapide sur les réseaux
sociaux, environ 200
personnes se sont ras-semblées non seulementpour démontrer leursoutien à la lutte menéeau Nouveau-Brunswick par la nation Elsipogtog contre la destruction de
leurs territoires, mais
aussi pour exprimer leurindignation face aux
agissements de la GRC.
Depuis plusieurs mois, les
membres de la nation Elsipogtog ne s’entendent pas avec le gou- vernement néo-brunswickois quitente de développer l’exploitationdes gaz de schiste. Suite à une in-jonction juridique au profit del’entreprise détentrice du per-
mis d’exploitation, SWN Re
-
sources, la GRC est intervenue
de façon musclée pour évacuer lazone de prospection consentie àl’entreprise. Suite à cette interven-
tion, les tensions ont vite grimpé,
menant à des scènes d’agents en
tenue de combat, de balles encaoutchouc, de gaz lacrymogène et
d’auto-patrouilles incendiées. Unequarantaine de personnes ont étéarrêtées.
Une marche et unrassemblement
 Tout cela a suscité colère et ex-aspération ici même à Ottawa : « J’aiparticipé à plusieurs manifestations
dans la dernière année, et j’en ai assez!
Le plus frustrant aujourd’hui c’est que
des femmes enceintes, des enfantssont en état de danger! Encore plusfrustrant, James Anaya, le rappor
-teur spécial des Nations-unies sur les
droits des peuples autochtones, était
ici. Il a critiqué la situation et le traite-
ment fait aux Autochtones, et voici laréponse du gouvernement Harper! »,a lancé Liz Stein, une des organisatri
-ces de la manifestation. « Je suis frus-
trée et impuissante, qu’est-ce que jepeux faire! Après toutes ces manifes
-
tations, ils continuent à s’en prendre àla communauté, c’est désespérant! Cesoir, je m’assieds ici, je passe la nuitici, la GRC peut m’arrêter, ça m’estégal! », a-t-elle rajouté.
Un premier groupe s’était ras-semblé au monument des droits
humains. Claudette Commanda,
membre de la communauté de Kiti-gan Zibi et professeure en étudesautochtones à l’Université d’Ottawa(U d’O) y est allée d’un témoignagechargé d’émotions : « Nos ancêtresont pris soin de cette terre pour leursenfants. Nous sommes ces enfants etnous devons protéger cette terre card’autres enfants vont en hériter. ».
Le groupe, au rythme des tambourset des chants traditionnels, a rejoint,
sous une importante escorte policière
(comprenant des agents inltrés dela GRC), une foule plus importante
sur la colline du Parlement. Pen-
dant la marche, Mme Commanda a
ajouté : « Je suis ici pour mes frères
et sœurs micmacs, pour leur exprimer
ma solidarité. Ils sont victimes d’une violence injuste qui doit cesser. Ils ontle droit de protéger leurs terres pourleurs enfants et petits-enfants. C’estune violence perpétrée contre ce peu-
ple par les corporations, les tribunaux
et les autorités. C’est une violence co-
loniale! ».
Étudiants, Autochtones,même combat?
Le rassemblement s’est pour-suivi même après le coucher du so-
leil et fut ponctué de témoignages,de danses, de prières et de chan
-sons. L’ambiance était au recueille-
ment et à la solidarité. « Ce soir, je
suis venu ici pour démontrer monsoutien à la communauté micmacau Nouveau-Brunswick qui estaujourd’hui confrontée à une ac-
tion musclée de la GRC, qui pro
-tège les droits d’une entrepriseplutôt que ceux de la communauté
et de l’environnement. », a confié
Daniel Cayley-Daoust. Certainespersonnes présentes nous ont par-
tagé leur analyse de la situation,notamment Eugénie Boudreau,
étudiante à l’U d’O : « Je suis
originaire du Nouveau-Brunswick,
pas très loin du territoire elsipog-
tog. Ça fait longtemps, depuisque tout ça a commencé, que je
suis le débat sur le gaz de schiste.C’est incroyable ce que le gouver-nement essaie de faire passer à lapopulation. Ça fait trois ans quele Premier ministre Howard parled’écouter l’avis de la populationsur l’exploitation des ressources
naturelles, et il y a un mouvement
important d’opposition aux gaz de
schiste, et malgré cela, le gouver
-nement continue d’accorder despermis d’exploitation. Les Mic-macs tentent de proposer des so-lutions pour partager la terre en-tre les différentes communautés.Et la réponse du gouvernement
aujourd’hui est juste inacceptable,
d’avoir amené des centaines de
policiers, des
snipers 
, des tenues decamouflage, etc., c’est révoltant. ».
Il y avait d’ailleurs une impor-tante présence d’étudiants sur les
lieux. On a pu reconnaître NicoleDesnoyers, vice-présidente aux
affaires de l’équité : « Je suis ici
en tant que femme métisse, quefemme autochtone, afin de dé
-montrer ma solidarité avec mescousins micmacs qui se font at-taquer au Nouveau-Brunswick. Je suis ici également pour assurerune présence étudiante et signifierque les étudiants de l’U d’O sonten solidarité avec les luttes autoch-tones à travers le Canada. ».
L’année passée, les actualités,locale et nationale, furent mar
-quées par le mouvement
Idle No More 
et c’est à se demander si lesévènements des derniers jours ne vont pas relancer tout cela. C’estce que croit M. Cayley-Daoust :« La résistance de la communautédevrait continuer. Ce qui est ar-rivé aujourd’hui devrait avoir uneffet mobilisateur pour l’ensembledes luttes autochtones à traversle Canada. Et c’est déjà le cas. Cen’est pas uniquement au Nouveau-Brunswick que le gouvernementHarper pousse à l’exploitation des
ressources naturelles, particulière
-ment sur les territoires autoch-tones. ».
ACTUALITÉS
 actualites@larotonde.ca
21 octobre 2013
ELSIPOGTOG | LUTTES AUTOCHTONES
Indignation à Ottawa
Près de 200 personnes se sont réunis pour montrer leur solidarité envers la lutte menée au Nouveau Brunswick par la nation Elsipogtog. - Photo Ayoub Ben Sessi

Activity (2)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 thousand reads
1 hundred reads

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->