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Promise au bûcher-Karen Robards

Promise au bûcher-Karen Robards

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Published by Mariama Kourouma

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Published by: Mariama Kourouma on Oct 25, 2013
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01/11/2014

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1La chaloupe de
La Colombe
frappa accidentelle-ment le premier des piliers du débarcadère. Les barilsde sucre et de mélasse qui s'entassaient de la proue àla poupe vacillèrent et se heurtèrent bruyamment.- Doucement, ! lança sèchement le capitaineRowse aux rameurs tandis que le déplacement inat-tendu de la cargaison faisait pencher l'embarcation. Assise en face de lui - il se trouvait à l'arrière etelle presque au centre du bateau -, Caroline dut secramponner au bord du siège de bois pour conserverson équilibre. Ses pieds chaussés d'escarpins glissè-rent du couvercle de cuir de l'une de ses imposantesmalles. Le grand panier qu'elle tenait sur ses genouxpencha dangereusement. Elle le rattrapa et le re-dressa avant que son précieux contenu ne se perdedans la baie. Les pieds de Caroline retrouvèrent leurperchoir. Line main posée sur le couvercle du panier,elle agrippa de l'autre l'épaisse poignée, la serrant sifort que ses doigts blanchirent. C'était là le seul si-gne qu'elle laissait apparaître de la nervosité qui luinouait l'estomac au point qu'elle en avait du mal àconserver son petit déjeuner. Si seulement elle avaitsu combien cette crispation de la main était révéla-trice, elle l'aurait relâchée.Il serait par trop humiliant pour elle que ces hom-5
 
mes silencieux se rendent compte de son appréhen-sion.. Elle évita soigneusement leurs regards, solitaireet hautaine, tandis qu'elle découvrait, au-delà desmatelots fourbus, le pays inconnu qui devait devenirle sien.Ses yeux ne trahissaient rien. C'était préférable,avait-elle appris. On ne pouvait y lire sa consterna-tion devant le littoral grisâtre et peu accueillant quis'élevait en pente douce vers des fortifications deterre battue, et la laideur des débarcadères de boisbrut. Au loin, on avait arraché à la forêt bleu-vertdominant le paysage une centaine d'arpents de pâtu-rages parsemés de rangées de minuscules abris enforme de boîtes. Qu'était-ce donc ? Des cabanes depêcheurs ? Elles étaient trop peu nombreuses, troplaides pour qu'il s'agisse de la ville qui était censée setrouver juste au-delà de la baie.Le vent froid qui soufflait de la mer sentait le sel etle poisson. Une fine écume, décoiffée d'une vague ta-quine, vint cingler de son eau glacée les joues et lemanteau de Caroline. Elle s'éssuya le visage de sesdoigts fins. En ce début de printemps de 1684, letemps, chez elle en Angleterre, devait être frais etbrumeux. Mais ici, l'air de mars était tout à fait froid,bien que le soleil brillât avec une intensité insolente.Caroline se souvint, avec un certain accablement,que l'on n'était pas en Angleterre. Il était peu vrai-semblable, d'ailleurs, qu'elle revît jamais l'Angle-terre.Ce n'était pas ainsi qu'elle s'était représenté Say-brook. Les lettres de sa demi-sœur, Elizabeth, avaientdonné de chaleureuses descriptions de son foyer danscette colonie du Connecticut. Pendant les années dif-ficiles qui avaient précédé cet instant, où chaquecoup d'aviron la. rapprochait d'une expérience sansdoute humiliante bien que méritée, Caroline avaitcru chaque mot de sa sœur, et s'était imaginé un ver-6

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