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11/03/2013

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Star trek into darknessSynthèse de la carrière paradoxale de JJ Abrams en même temps qu'il marque son apogée formelle, Star rek !nto "arkness se montre # la fois un blockbuster concluant et un ob$et filmique frustrant, qui rate son but proclamé au c%ur même de ses réussites&
 NB : le film étant sur les écrans depuis quelques jours, on se permet ici de ne pas le pitcher à nouveau, et de spoiler parfois certains faits de l'intrigue pour servir l'analyse. Il est  préférale d'avoir vu le film, ou lu la critique d'!ric Nuevo, avant de lire ce papier.
La série télévisée n'est pas qu’un art mineur. Si cet état de fait n'est plus contesté depuis une quinzaine d'années, à l’aune de séries lancées à grands renforts de com et de surenchère de valeur ajoutée merci !"# et Sho$time%, il est &ien entendu plus ancien, et date clairement des anes ( et )(, o* fleurirent des
risonner
,
A(engers
... #u
Star rek )lassic
. Longtemps et m+me encore aujourd'hui% frappée d'un mépris de mauvais aloi dans nos contrées,
Star rek 
 et ses diverses itérations 
*ext +eneration
 et
"S 
 surtout% ont pourtant  posé des jalons esthétiques et thématiques d'une eigence incontesta&le - politiquefiction, spéculation scientifique et philosophique, mise en perspective anthropologique et accessoirement, le premier &aiser interracial diffuen vision...%, représentation convaincante de principes ph/siques né&uleu, sens de l'inconnu et de l'altérité. 0utrement dit, la sciencefiction en tant que genre d’écriture doit certains de ses quartiers de no&lesse à la télévision. #r la S1 revient comme une tendance lourde dans les préoccupations de l'époque  de nos dé&ats &ioéthiques et sociétau au grosses sorties cinématographiques des studios de ces dernières années. 2e m+me avec l’entrisme du télévisuel dans les salles o&scures, via l’intervention des cha3nes dans les financements, l’invasion de producteurs, réalisateurs et scénaristes de télé sur des projets classés 0, ou le portage pur et simple de programmes télé sur grand écran.4eci dit, la télévision n’est pas le cinéma, elle constitue m+me à certains égard son opposé, en termes d’am&itions esthétiques et d’écriture séquentielle arcs narratifs, évolutions de  personnages, impossi&ilité virtuelle de fermer totalement un élément scénaristique donné%. 4’est que se pose le pro&lème de 0&rams - &ien que mené par des am&itions cinématographiques, il fonctionne en majeure partie comme un téléaste. La facture de son  précédent
Star rek 
, et plus encore de celui qui nous intéresse ici, se ressentent de cet équili&re &ancal. "asé sur une culture certaine de la m/thologie tre55ienne personnages issus d’épisodes o&scurs, caractérisation faisant la nique au personnages originau%, le film de 6((7 se montrait désordonné dans sa volonté d’avoir l’air cinématographique dans la forme, alors que le fond était strictement d’ordre télévisuel - à l’inflation de flare qu'il con8oit moins comme affèterie de st/le que comme 9preuve9 de l’utilisation de pellicule en format anamorphique% répondaient mal des procédés de serial très en vogue chez le sho$runner de
-ost
 et
.ringe
, à commencer par l’astuce des univers parallèles, procédé aussi tarteàlacrème en télé des années 6(((, que l’amnésie su&ite de personnage ou l’épisode métatetuel dans les :('s. 2e fait,
Star rek 
 et sa suite sont plus con8us comme des pilotes de saisons que comme des récits de cinéma, en particulier au niveau de l'écriture. La caractérisation est ainsi  &asée sur le principe d'une identité &rossée à quelques gros traits Spoc5 est en retrait émotionnel mais un peu sensi&le quand m+me, ;ir5 est une t+te &r<lée avec sens du devoir, =c 4o/ est &ourru mais s/mpa, etc.%, et l'enchainement des péripéties se garde &ien de résoudre l'arc narratif principal, qu'on a soin de re&alancer au prochaines calendes à la faveur d'épilogues en forme de cliffhanger.
 
0 cela s'ajoute un coupage très visuel quel go<t pour les dialogues en champ>contrechamp?% et surtout une construction séquentielle strictement &inaire qui annule ses révélations à mesure qu'elle les met en place. 0insi, le progrès d'0&rams sur ses séquences d'action pure encore un &rin surdécoupées, et retrouvant elles aussi régulièrement une forme champ>contrechamp dans les moments cruciau, alors que leur mise en place est souvent  joliment ample% ne parvient pas à cacher le 9s/ndrome 0&rams>Lindelof9 - une écriture dilettante, avec des idées jetées au petit &onheur la chance et justifiées a posteriori par un t$ist qui ramasse les dé&ris qu'on aura ainsi laissé trainer, et surtout structurée autour de tunnels de dialogues. @ci, les fameuses scènes d'action à grand spectacle, par ailleurs très agréa&les à suivre et &énéficiant d'une A2 impecca&le voir la séquence sur ;ronos%, sont pourtant  parfaitement dénuées d'enjeu, dans la mesure o* cellesci sont s/stématiquement connectées de la trame principale et ne font jamais avancer le cit au sein de leur déroulement propre. Leur signification est toujours élucidée par un dialogue introductif l'attaque de Starfleet% ou par un dé&riefing etensif les dialogues autour des eactions de ;han et de la fa8on de les contrecarrer, culminant dans une conversation BCLCD!#E@FGC avec Scott/ ?%. Deu importe, alors, ce qui advient effectivement dans ces séquences, que l'on détruise la moitié d'une ville, qu'on démastique des 5lingons fort laids d'un revers de la main, ou qu'on singe les jeu vios les plus marquants des dernres anes "eatem up>plateformes à la
Star /ars .orce 0nleashed
, vol anaéro&ie à la
"ead Space
...%, puisque la validation de ces actions se fera uniquement par les dialogues. 0insi, par eemple, de la séquence d'ouverture raccrochée plus ou moins au reste par une évocation de la directive  première de Starfleet.#n se retrouve devant un spectacle qui oscille entre un d/namisme très plaisant mais un peu creu et de la radio filmée, 0&rams peinant de surcro3t à cadrer plus large que le plan mo/en. "ref, c'est de la télé en scope. Logique alors que la majeure part du plaisir ressenti à sa vision soit, comme pour une série, délivrée par le cast, avec toutefois le danger inhérent à l'eercice - éclipser les personnages récurrents avec le nouveau venu qui crève l'écran. 4'est Spoc5, et son nouvel interprète Hach Fuinto, qui pItit le plus de l'arrivée de 4um&er&atch en ;han. 2ifficile en effet de tenir deu rounds face à un acteur aussi magnétique, sans compter que, là encore, la caractérisation prend elle aussi parti, dans la mesure o* les personnages récurrents voient leur caractérisation coudée de force en milieu de récit afin d'induire artificiellement le sentiment d'une évolution pratique encore une fois courante en série télé - ici, ;ir5 deviendra hum&le, Spoc5 apprendra à hurler, taper des gens et mentir, =c4o/ fera de l'humour...%, alors que ;han jouit quant à lui d'une corence qui confirme son charisme et son assise dramatique.Ct c'est par ce traitement ouvertement télévisuel que le &It, finalement, &lesse le plus. 0  priori, ce traitement télévisuel d'une m/thologie télévisuelle devrait lui rendre justice, au moins dans la lettre. =ais de fait, la philosophie tre55ie est de plus en plus niée au fil des films. Cn cause par eemple un échange entre les deu versions de Spoc5 quant à la nature m+me de ;han, qui finit par dire que quelque soit l'univers alternatif d'o* est issu un  personnage, son caractère profond reste identique, et qu'il doit par conséquent +tre traité de la m+me manière. Gne hérédité de caractères qui interroge gravement le propos entier du film. Si les épisodes dans des univers parallèles sont fréquents dans les séries Star Bre5, ils montrent précisément des personnages radicalement différents dans des circonstances radicalement différentes, interrogeant ainsi le &ien fondes choi de leurs pendants alternatifs, de leurs peuples ou de leurs alliances voir
"S
 et sa seconde Bero5 Eor, et en  particulier le rJle qu'/ joue 9l'autre9 ;ira%. Dlus tard dans le film, le vieu Spoc5 enfreindra l'autre directive fondamentale de Starfleet en influant de sa propre initiative sur le passé...

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