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LA NuIT RwANDAISE N°31
Bruno Gouteux
ei avc Mai Masch
« L’argentdemesclientsa
aussiserviaufinancement
dugénocideparlaFrance »

En 1991, Martin Marschner est directer commercial des OPCVM1 (Organisme de Placement Collectif de Valers Mobilières) après d’ne grande banqe française, le Crédit National2, q’il qittera en avril 1991 por devenir « apporter d’affaire » à Rochefort Finances. Jsq’a mois de septembre 1994, il collectera ainsi pls de 207 milliards de francs de pla- cement por Rochefort Finances après de grands « instittionnels » et entreprises pbliqes, parmi lesqels la RATP, la SNCF, CEA, la SEITA, Air France, la Banqe de France…

1994:des pertes abyssales

Fin août 1994, M. Morlet, directer général de Rochefort Finances, avise Martin Marschner d’ne perte importante, perte confirmée le 7 septembre par M. Dmas (président de Rochefort Finances jsq’en avril 1994 pis conseiller de son président) qi indiqe q’elle dépasserait les 600 millions de francs...

Des maniplations doteses sont à l’origine de ces pertes abyssales, et notamment l’sage systématiqe par la société Rochefort Finances de pra- tiqes fradleses sos forme de « dobles valorisations » des cors o de « lissages de comptes ». Les gérants tilisaient notamment qatre emprnts contrôlés (Compagnie BTP, Cofidis, Cofinoga, et GITT) dont les cors étaient ajstés artificiellement à la hasse de façon à compenser les pertes réalisées sr des investissements spéclatifs, sr le marché obligataire et les marchés dérivés. Apparaissent ainsi de graves fates de gestion et des pra-

2LA NuIT RwANDAISE N°3 • BRuNO GOuTEux, EntrEtiEn avEc Martin MarschnEr
tiqes illégales a v des règles fiées par l’Atorité des Marchés Financiers
[AMF] comme par le droit français.

Cependant, le 15 septembre 1994, à la srprise de Martin Marschner, M. Rset, président de Rochefort Finances et de sa maison-mère, la Caisse Centrale de Réassrance [CCR], adresse à la Commission des Opérations de Borse [COB] n corrier dans leqel il confirme qe la CCR a entiè- rement pris à sa charge la réglarisation de la sitation de la SICAV Rochefort Cort Terme. Selon Martin Marschner, cette réglarisation arait visé à camofler les opérations délicteses et les diverses infractions commises par la société.

En effet, la Caisse Centrale de Réassrance, grâce à des fonds pblics, ara renfloé dans sa totalité la SICAV Rochefort Cort Terme, soit a final près d’n milliard de francs, et ce, alors q’elle n’en détient qe 60 % des parts, bien qe cette dernière semble avoir commis de graves fates de gestion.

Si la COB n’a pas, pendant qatre années, remarqé ces « anomalies » de gestion, elle ne réagira pas pls le 14 septembre 1994, bien q’informée des pratiqes doteses, alors qe celles-ci se reprodisent. un scandale de cet ordre arait dû secoer tote la place financière de Paris. Il intéressera à peine qelqes jorna financiers…

Financement occulte

Cependant cet argent ne s’est pas envolé por tot le monde, et selon Martin Marschner, le renfloement par la CCR porrait avoir por bt d’éviter de révéler le montant eact des fonds ainsi détornés mais srtot lers bénéficiaires.

Selon les dirigeants de la CCR, ces maniplations, « effectées à l’ins des administraters de la SICAV, de son président et de la CCR elle- même »3, araient por bt de masqer les contre-performances des ges- tionnaires. Ler sel objectif arait été de “lisser” la performance de la SICAV afin d’en conserver la clientèle.

Martin Marschner n’est pas d même avis. Selon li, les pertes sbies par la SICAV étaient « préorganisées » afin de dégager des sommes d’argent qi araient notamment p servir de financement à des partis politiqes. À l’appi de ses affirmations, il avance, dès 1995, des docments internes à Rochefort Finances, docments q’il nos a fornis et qi sont disponibles sr le site de la reve (http://izba.info/docments/).

Informé bien tardivement de ces pratiqes qi semblent avoir lie
depis 1991, le conseil de discipline des OPCVM prendra, le 8 décembre
BRuNO GOuTEux, EntrEtiEn avEc Martin MarschnEr LA NuIT RwANDAISE N°33
1995, diverses sanctions à l’égard des gestionnaires et de la société
Rochefort Finances.

S’ensit n long combat jridiqe entre Martin Marschner et la CCR, cette dernière l’accsant d’avoir bénéficié des irréglarités de gestion de la SICAV tandis q’il fait valoir ne clase d contrat le liant à Rochefort Finances por obtenir réparation d préjdice qe la gestion de Rochefort Finances li a casé, ces faits délicte ayant entraîné la perte de confiance de sa clientèle.

Depis, Martin Marschner a enqêté. Si, dans n premier temps, il ara cr qe le système mis en place servait à financer des partis politiqes, ses investigations vont pe à pe le condire à mettre à jor n circit de finan- cement qi arait, selon li, principalement bénéficié a « services » fran- çais : DST et DGSE.

laccret le Financement du génocide

Ses investigations semblent, dans n premier temps, le condire sr la piste de livraisons d’armement vers la Yogoslavie. Pis n compte appro- visionné par Rochefort Finances à la BNP paraît li indiqer n lien pos- sible entre les sommes délictesement détornées par les gestionnaires de la société et le financement de plsiers livraisons d’armes en direction d Randa.

Il rentrera en contact avec Patrick Saint-Epery4, en 1998, por li faire part de ses décovertes. Il en informera également par la site l’association Srvie, initiatrice de la CEC et engagée dans la dénonciation d sotien français apporté a génocidaires randais, et enfin Colette Braeckman, jornaliste a Soir de Brelles et spécialiste de la région des Grands Lacs.

Les spécialistes financiers d jornal belge se penchent alors sr les élé- ments q’il ler transmet. Tot semble concorder et appyer la thèse de Marschner. Mais por démontrer ce mécanisme de financement ayant notamment servi à payer des livraisons d’armes por le compte des génoci- daires randais, avant et même pendant le génocide, il manqe à Marschner ne pièce capitale : les livres de compte de la Banqe Nationale d Randa [BNR]. Sans e, les jornalistes ne velent pas dévoiler l’af- faire.

une enqête de la COB [Blletin de la COB, n° 358, Jin 2001] sr ces maniplations fradleses révélera q’elles deviennent spectaclaires sr ne période qi s’étale d mois de mars 1994 à la fin d mois d’août de la même année. Et si des sanctions sont prises contre les gestionnaires de Rochefort Finances, personne ne semble voloir s’emparer d dossier de Marschner et rechercher les bénéficiaires de ces pratiqes délicteses.

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