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«L'Allemagne est devenue une plaque tournante pour la traite des femmes»

«L'Allemagne est devenue une plaque tournante pour la traite des femmes»

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Published by Lobuscher
La loi sur la prostitution de 2002 a raté la cible – les proxénètes et les trafiquants en sont les bénéficiaires. Le futur gouvernement envisage aujourd’hui de modifier la loi pénale.
La loi sur la prostitution de 2002 a raté la cible – les proxénètes et les trafiquants en sont les bénéficiaires. Le futur gouvernement envisage aujourd’hui de modifier la loi pénale.

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«L'Allemagne est devenue une plaque tournante pour la traite des femmes»
 
La loi sur la prostitution de 2002 a raté la cible
 –
 les proxénètes et les trafiquants en
sont les bénéficiaires. Le futur gouvernement envisage aujourd’hui de modifier la loi
pénale.
 
 par Jörg Eigendorf, Simone Meyer, Lars-Marten Nagel et Marc Neller, "Die Welt", 3 novembre 2013
 
La CDU/CSU [parti conservateur] et le SPD [parti social-démocrate] jettent les plans
d’une nouvelle initiative noir 
-rouge du gouvernement fédéral pour lutter efficacement
contre la traite des personnes. Selon des informations qu’a
obtenues le magazine allemand «Welt», les partenaires de cette future coalition négocient également des changements à la Loi sur la prostitution et au droit pénal afin de contrer l'exploitation croissante des filles et des femmes.
 
«L'Allemagne ne doit pas servir d'abri aux proxénètes et aux trafiquants qui exploitent les femmes», a déclaré au «Welt» la présidente du groupe CSU au Bundestag, Mme
Gerda Hasselfeldt. «L’amélioration de la lutte contre la prostitution forcée est donc
également l'objet des négociations de la coalition. Nous sommes d'accord avec le SPD, que nous devons faire plus dans ce domaine.» Pendant la dernière session législative,
«il ne s’est malheureusement fait que très peu de chose».
 
Pour le responsable des questions de sécurité intérieure du CSU, Hans-Peter Uhl, cet enjeu est aussi un élément important des négociations. «Je suis très confiant que, de concert avec le SPD, nous pouvons changer ainsi la loi sur la prostitution comme nous
en avions l’intention,» a déclaré M. Uhl au «Welt». A
vec leur ancien partenaire de coalition, cela n'aurait pas fonctionné en raison de leur «brutale indifférence». Une loi de la coalition noir-jaune, qui devait notamment permettre un meilleur contrôle des maisons closes, était jusqu'à tout récemment considérée comme un compromis minimum, mais elle a été bloquée cet automne par un Bundesrat dominé par les Verts et les Rouges.
 
La Loi de 2002 a raté la cible
 
 Au cours des deux dernières sessions législatives, il y a eu plusieurs tentatives pour réformer la Loi sur la prostitution adoptée par un gouvernement rouge-vert en 2002. Le
 
problème de base est que la loi n’a pas atteint son objectif. On ne compte que 44
prostituées inscrites à la sécurité sociale en Allemagne. Alors que l'objectif annoncé était de sortir le métier de prostituée de la clandestinité, les proxénètes et les trafiquants
n’ont pas été inquiétés et sont les bénéficiaires de la libéralisation puisque leur pratique
est pratiquement décriminalisée.
 
Pour le responsable des questions de sécurité intérieure Uhl, la libéralisation de la prostitution a créé un vide juridique dont profitent les propriétaires de maisons closes, et où «les femmes sont jetées aux chiens». «Nous voulons inverser ce processus.» Il aurait déjà mené de premiers entretiens avec des collègues du SPD. «Tout d'abord, nous voulons changer les éléments constitutifs du code pénal», a dit Uhl. L'objectif serait qu'à l'avenir la traite des personnes à des fins de prostitution puisse être sanctionnée sans que les victimes, souvent traumatisées, doivent venir témoigner au tribunal.
 
Quant à la Loi sur la prostitution, il y changerait le prétendu droit aux directives, qui est encore accepté par les tribunaux. «Ce droit permet aux propriétaires de maisons closes de prescrire aux prostituées qui travaillent pour eux la durée de leurs horaires, la renonciation aux préservatifs ou le fait de devoir constamment rester nue», a déclaré M. Uhl. Le responsable des dossiers de sécurité intérieure pourrait s'imaginer sanctionner les clients (prostitueurs), si du tout, seulement «s'il est évident qu'il s'agit d'une prostituée forcée ou d'une mineure».
 
«Mieux combattre les violations des droits de l'homme»
 
Sanctionner les clients (prostitueurs) qui se procurent délibérément les services de prostituées cont
raintes, fait également partie d’une résolution que l'Union des femmes
de la CDU veut faire adopter à la mi-novembre à leur Rassemblement/Journée fédéral-e des déléguées ("Bundesdelegiertentag") à Ludwigshafen. «Nous voulons mieux combattre les violations des droits de la personne», a déclaré au «Welt» la présidente de l'Union des Femmes, Maria Böhmer. Les mesures envisagées comprennent des contrôles de police, des contrôles sanitaires à l'extérieur des maisons closes et
l’exigence d’obtenir une autorisatio
n.» Je suis convaincue que nous serons d'accord", a déclaré la politicienne CDU.
 
Mme Böhmer considère également comme un échec la Loi sur la prostitution adoptée en 2002 par la coalition rouge-verte: «La loi n'a pas atteint ses objectifs, les prostituées n
e connaissent pas leurs droits, la possibilité d’une protection sociale est très peu
utilisée.»
 
 
Le criminologue Christian Pfeiffer parle même d'un «échec complet». «La libéralisation
de la loi n'a fait qu'aggraver la situation», a déclaré l’ancien ministre
 de la Justice de Basse-Saxe au «Welt am Sonntag». «La loi a seulement assuré que les proxénètes font de l'argent comme jamais auparavant et que les policiers sont confrontés à des problèmes insolubles.» L'Allemagne est devenue une plaque tournante de la traite des femmes, conclut-il.
 
«Le fait est que la plupart d’entre elles sont systématiquement attirées au pays sous de faux prétextes et ensuite exploitées à l’extrême.» Lui, en tout cas, se dit profondément
perturbé par le principe fondamental voulant que
l’on traite les femmes comme une
marchandise. «Et le fait que les hommes peuvent tout simplement les acheter
 –
 honnêtement, c'est dégueulasse.»
 
Selon le criminologue, qui était député du SPD au gouvernement de Basse-Saxe de 2000 à 2003, il aurait toujours existé des approches permettant d'éliminer des abus
reconnus, mais leur mise en œuvre cohérente n’aurait jamais été réalisée. «Le nouveau
gouvernement ne doit pas faire traîner cette question en longueur, il doit d'urgence créer un nouveau règlement», réclame M. Pfeiffer. Il recommande aussi à la Grande Coalition de jeter un regard vers la Suède, où la prostitution est criminalisée de façon
cohérente. «Ce modèle devrait enfin faire l’objet de vérifications empiriques.»
 
«En fin de compte, ce ne sont que les criminels qui profitent»
 
Pour la syndicaliste de longue date Ursula Engelen-
Kefer, il n’y a en fin de compte pas
d'autre solution que l'approche adoptée par le gouvernement suédois. «Je pense que la vente de services sexuels et le profit qui en est tiré sont des activités minables et sales», a déclaré au «Welt am Sonntag» l'ancienne vice-présidente du DGB [Confédération des syndicats allemands]. «Il s'agit, pour moi, d'une violation flagrante de la dignité humaine et de l'exploitation de la pauvreté amère et de la misère des femmes.»
 
Mme Engelen-Kefer a également demandé aux futurs partenaires de la coalition de modifier d'urgence la loi sur la prostitution. «Ce n'était pas une protection pour les femmes, mais une carte blanche pour les trafiquants d'êtres humains», a dit la politicienne du SPD bavarois. La police serait «désespérément débordée» avec le contrôle des entreprises de prostitution. «En fin de compte, ce ne sont que les criminels qui profitent.»
 
Quant à l’ancien secrétaire général de la CDU, He
iner Geißler, il ne voit aucune nécessité d'annuler la légalisation de la prostitution. «Cette loi a simplement été tout à

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