Je ne bougeai que les yeux, vers le plafond au-dessus de moi, puis lesbaissaient.Merci de faire ça.J'étais heureux de ne pas avoir à répondre à voix haute. Qu'aurai-je dit ?"Tout le plaisir est pour moi"? Ce n'était pas le cas. Je n'aimais pas avoir àécouter les luttes internes de Jasper. Etait-il vraiment nécessaire de le testerainsi ? Le chemin le plus sûr ne serait-il pas d'admettre simplement qu'il neserait jamais capable de contrôler sa soif comme nous, et de ne pas sepousser dans ses retranchements?Pourquoi flirter avec le désastre ?Cela faisait deux semaines que nous n'avions pas chassé. Ce n'était pasune période trop longue pour le reste d'entre nous. Un peu incommode detemps en temps – si un humain marchait trop près, si le vent soufflait dansla mauvaise direction. Mais les humains marchaient rarement trop près.Leur instinct leur disait ce que leur esprit conscient n'admettrait jamais :nous étions dangereux.Jasper était très dangereux à cet instant précis.A ce moment, une fille de petite taille s'arrêta au bout de la table la plusproche de la nôtre, parlant à une amie. Elle ébouriffa ses cheveux courts,couleur sable, en passant ses doigts dedans. Les ventilateurs envoyèrent sonparfum dans notre direction. J'avais l'habitude des effets que cette odeuravait sur moi – la douleur sèche dans ma gorge, le creux languissant dansmon estomac, la contraction automatique de mes muscles, l'afflux de venindans ma bouche…Tout cela était normal, habituellement facile à ignorer. C'était plus dur àprésent, avec des sensations plus fortes, doublées, puisque je ressentais laréaction de Jasper. Deux soifs, au lieu de la mienne seule.Jasper laissait son imagination l'emporter. Il se le représentait – sereprésentait se levant de sa chaise près d'Alice pour se placer près de lafille. Il pensait à se pencher vers elle, comme s'il allait lui murmurer àl'oreille, à laisser ses lèvres toucher la courbe de sa gorge. Imaginant quelgoût aurait le flot chaud du pouls qui battait sous la peau fine une fois danssa bouche…Je donnai un coup dans sa chaise.Il me regarda dans les yeux un instant avant de baisser le regard. Jepouvais entendre la honte le disputer à la rébellion dans sa tête.- Désolé, marmonna-t-il.Je haussai les épaules.- Tu n'allais rien faire, lui murmura Alice, apaisant son chagrin. Je
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merci mais y a pas la tome 4 ???