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Cas pratique
A l’attention des étudiants : plusieurs réponses sont parfois possibles
Matière :
droit administratif, les actes administratifs
Thème abordé :
Identification du contrat administratif (6
ème
Leçon)
Enoncé :
Juriste de la Commune de Challes-les-bains, vous êtes sollicité par le maire nouvellement élu quientend mettre en œuvre son programme le plus vite possible. Néanmoins, conscient de la fragilité desfinances communales, il a envisagé plusieurs montages juridiques qu’il vous demande d’avaliser.Comme il l’avait promis lors de sa campagne électorale, il voudrait tout d’abord, que soit construiteune nouvelle piscine municipale. Mais, le Conseil municipal ayant refusé, de financer cette dernièreavec le budget communal, il confie cette mission à l’Association sociale et sportive pour les enfants deChalles (ASSEC), par lettre du 30 août 2005. Cette dernière lui répond par lettre recommandée avecaccusé de réception datée du 5 septembre 2005, qu’elle accepterait avec plaisir si elle pouvait encontrepartie, non seulement, tirer profit de l’exploitation de la piscine en se rémunérant sur les droitsd’entrée et d’autres sources de revenus éventuelles mais encore, compter sur une subvention de lacommune pour réaliser cet investissement. La Commune de Challes-les-bains envoie donc par lettredu 7 septembre 2005 un cahier des charges fixant les conditions dans lesquelles les travaux devrontêtre réalisés, organisant l’exploitation de la piscine municipale par l’ASSEC et promettant une aidefinancière communale à la réalisation des travaux en contrepartie d’un droit de regard de la communesur les résultats financiers de l’exploitation. L’échange de correspondance s’arrête le 12 septembre2005, lorsque l’ASSEC renvoie une lettre recommandée avec accusé de réception datée du 15septembre 2005 dans laquelle elle donne son accord définitif. Le 20 septembre 2005, le maire prendun arrêté disposant qu’une piscine municipale sera construite par l’ASSEC avec l’aide financière de laCommune.
 
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Q
UESTION
1 :
 
Quelle est la nature juridique de l’acte né del’échange de lettres entre la commune de Challes-les-bainset l’ASSEC ?
Réponse 1-1 : il s’agit d’une convention à portée réglementaire.
 
Réponse fausse.
Commentaire 1-1 : la convention se caractérise par son mode de formation dans la mesure où, étantun acte plurilatéral, elle implique la participation de plusieurs personnes à son édiction. Or, ce qui estspécifique aux conventions, c’est que leurs auteurs expriment non pas une volonté concordante maisdes volontés qui se conditionnent et concourent à un but commun. L’échange de lettres entre laCommune de Challes-les-bains et l’ASSEC constitue bien une convention puisqu’il traduit l’expressionpar ces deux parties de leurs volontés concourant à un objet commun : la construction de la piscinemunicipale.La question est ensuite de savoir si cette convention a une portée réglementaire, c’est-à-dire, si elleest susceptible d’avoir les mêmes effets qu’un acte réglementaire. Or, le régime de ce dernier peutêtre résumé à son caractère impersonnel qui implique que son destinataire ne soit pas nommémentdésigné ainsi qu’à sa généralité qui signifie que « l’acte pourra recevoir une quantité indéterminée etthéoriquement, infinie de mesures d’application. » (Cf 1
ère
leçon). Or, la convention passée entrel’ASSEC et la Commune de Challes-les-bains a des effets entre deux parties nommément désignéeset n’est censée produire que les effets que ces deux parties ont prévus.L’échange de lettres entre l’ASSEC et la Commune de Challes-les-bains ne peut être purementqualifié de convention à portée réglementaire. Reste à nuancer ce propos dès lors que si ellecomporte des clauses concernant le fonctionnement de la piscine, elle est susceptible d’avoirpartiellement des effets réglementaires à destination des usagers de cette dernière.
Réponse 1-2 : il s’agit d’un contrat.
 
Réponse juste.
Commentaire 1-2
:
l’échange de lettres au cours duquel les deux parties se sont engagées, l’une àconstruire la piscine, l’autre à ne pas percevoir les droits d’entrée des usagers constitue un actebilatéral. Il crée en effet, une norme qui « règle les rapports mutuels de ses auteurs », selon ladéfinition de Charles Eisenmann.Or, cet acte bilatéral vise à « faire naître une situation juridique subjective » (Duguit, Moderne etDelvolve). Il s’agit donc d’un contrat même s’il ne prend par la forme d’un écrit unique sur lequel seraitapposée la signature des deux contractants (CE, 20 mars 1996,
Commune de Saint-Céré 
, Rec. 87).
Réponse 1-3 : il s’agit d’un contrat d’adhésion.
 
Réponse juste.
Commentaire 1-3 : le contrat d’adhésion se caractérise par sa procédure d’élaboration qui reposeentièrement sur l’une des parties qui en détermine seule, le contenu. La présence d’un cahier descharges est le signe que le contenu contractuel a été élaboré par une seule partie, celle qui l’a rédigé.En l’espèce, l’ASSEC s’est contentée de dire qu’elle acceptait les conditions fixées par le cahier descharges, il s’agit donc d’un contrat d’adhésion. Mais si elle avait exigé quelques modifications, onaurait pu parler d’un contrat négocié.
 
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Réponse 1-4 : il s’agit d’un contrat synallagmatique.
 
Réponse juste.
Commentaire 1-4 : Cette question ne concerne que l’échange de lettres car l’arrêté est insusceptibled’être qualifié de contrat.Le droit administratif a adopté la même définition du contrat synallagmatique que le code civil quidispose dans son article 1102 que « le contrat est synallagmatique ou bilatéral lorsque lescontractants s’obligent réciproquement les uns envers les autres. »En l’espèce, l’ASSEC et la commune de Challes-les-bains s’engagent l’une envers l’autre, parconséquent, il s’agit bien d’un contrat synallagmatique même s’il n’a pas véritablement été négocié
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07 / 08 / 2011This doucment made it onto the Rising List!
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