COMMENT QUALIFIER UN CONTRAT CONCLU ENTREPERSONNES PUBLIQUES ?
Par sa décision UAP, du 21 mars 1983 (Voir en
le Tribunal des Conflits a posé une présomption d’administrativité des contrats conclus entre personnes publiques.Outil de simplification destiné à faciliter le travail d’identification du juge, ou nouveau critère du contrat administratif (rapports relevant par nature du droit privé, cette présomption est fragilisée et contestée par le tribunal des conflits lui-même, tant elle paraît incertaine dans sa nature.Vingt ans après, il paraît utile de s’interroger sur la postérité de l’arrêt UAP .
S’il est possible de faire remonter l’existence des conventions entre personnespubliques aux chartes de l’Ancien régime, leur essor contemporain est lié à deuxphénomènes :D’une part l’évolution générale du droit administratif qui tend à promouvoir lemécanisme contractuel jugé moins autoritaire, plus souple, mieux accepté et doncplus efficace que le procédé unilatéral (voir en ce sens André de Laubadère, FranckModerne, Pierre Delvolvé, Traité des contrats administratifs, LGDJ, 2ème édition,1983, p 8 ; Michel Guibal, Lucien Rapp Contrats des collectivités locales, n° 2202, p95 éditions Francis Lefevre 1995).D’autre part, l’interventionnisme économique puis la décentralisation ont favorisé etmultiplié les rapports de coopération : contrats de plan Etat- région, contrats de ville,contrats de mise à disposition de services et de moyens, délégation de service publicau profit d’un établissement public … (Laurent Richer, droit des contratsadministratifs, n°53 à 60, LGDJ 2ème édition).Le développement des relations contractuelles entre personnes publiques supposela détermination d’un cadre juridique adapté.Le choix se résume, en dépit des dénominations (marché, convention, délégation)à une alternative : contrat administratif ou contrat de droit privé.Face à l’inadaptation des critères traditionnels de qualification, il est apparu utile defaire bénéficier les contrats conclus entre personnes publiques d’un mécanismespécifique d’identification : la présomption (1°), présomption à la postérité incertaine(2°).
1° L’UTILITE D’UN CRITERE SPECIFIQUE DE QUALIFICATION : LAPRESOMPTION UAP
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