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Global EPA Statement Signed (French)

Global EPA Statement Signed (French)

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Published by bi2458
French language version of the Declarations on the global EPA Campaigns adopted by a global EPA campaigners meeting in Harare on the 8-9 October 2013

English language version can be found here:

http://www.scribd.com/doc/185197949/Global-EPA-Statement-Oct-2013
French language version of the Declarations on the global EPA Campaigns adopted by a global EPA campaigners meeting in Harare on the 8-9 October 2013

English language version can be found here:

http://www.scribd.com/doc/185197949/Global-EPA-Statement-Oct-2013

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02/01/2014

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TROP C’EST TROP ! LE MOMENT EST VENU D’ABANDONNER LA CHARADE DES APE DECLARATION DE LA REUNION MONDIALE SUR L ‘APE TENUE A HARARE
 Nous, les organisations de la société civile issues de l’Afrique, des Caraïbes et de l’Europe et menant des campagnes sur les Accords de Partenariat Economique, réunis à Harare, Zimbabwe les 8&9 octobre 2013  pour examiner les négociations et les campagnes sur les APE, dénonçons la poursuite sans relâche des APE. La structure et les dispositions des accords conclus jusqu’à présent ont non seulement démontré que les APE ne sont pas en mesure de tenir leurs promesses de développement proclamées mais elles ont aussi réaffirmé les répercussions néfastes sur les économies africaines. Leur poursuite est également devenue un détournement inutile des énergies nécessaires pour faire face aux défis de développement économique qui confrontent les pays ACP et qui s’avèrent très urgents compte tenu des changements énormes dans l’environnement et l’ordre économique mondial depuis le début des négociations.  Nous exigeons donc l’abandon des processus APE, à savoir les négociations, les ratifications, et/ou les mises en œuvre. Les gouvernements ACP doivent plutôt recentrer leur attention sur un cadre de politique d’investissement et de commerce qui correspond à leurs nouvelles initiatives et à leurs besoins fondamentaux en matière de développement en cette période en évolution et qui doit orienter les futures interactions entre l’Europe et les gouvernements ACP. Les gouvernements européens doivent adopter des mesures commerciales (transitoires) pour faciliter l’élaboration de ce cadre. Plus d’une dizaine d’années se sont écoulées depuis que les négociations APE ont été lancées. Pendant cette période, seule la région des Caraïbes a pu conclure leurs négociations en entier. Toutefois, l’APE conclu n’a pas répondu aux attentes en matière de développement. En fait, les avantages anticipés dont les  populations des Caraïbes devraient jouir sont entravés par les dispositions en petits caractères liées aux  procédures enfouies dans l’accord ainsi que les obstacles pratiques non anticipés en Europe, les fardeaux institutionnels plus coûteux que prévus et l’appui financier attendu de l’UE qui ne s’est pas concrétisé. Par ailleurs, les menaces que pose l’APE aux économies des Caraïbes demeurent graves. Une poignée de pays africains aussi ont conclu des APE intérimaires avec l’UE. Ces accords sont pleins de dispositions controversées qui font obstacle à de nouveaux progrès. L’UE a donc recours à la mesure extrême du retrait des offres d’accès aux marchés des pays qui ne prendront pas les dispositions nécessaires en vue de la ratification des accords intérimaires conclus. La majorité restante des pays africains n’a pas encore conclu un accord avec l’UE. Quelques pays ont  perdu tout intérêt et ne participe plus aux négociations, d’autres essaient de négocier les APE régionaux qui pourront remplacer les APE intérimaires. A ce niveau également, les négociations se trouvent dans une impasse acrimonieuse sur des questions fondamentales sans aucune solution équitable et juste en vue. Les perspectives d’intégration régionale, un objectif supposé des APE, sont davantage mises en péril. En Afrique, ces négociations controversées et accords partiels ont dressé pays les voisins les uns contre les autres ; les groupements et mécanismes d’intégration régionale existants font l’objet de distorsion pour  promouvoir les intérêts européens en Afrique. De même, dans les Caraïbes l’APE complet a été conclu, le processus hargneux de mise en œuvre a mis davantage en péril les relations régionales courantes.
 
Cependant, la situation politique et économique dans le monde a changé énormément depuis le lancement des négociations et toutes les parties aux négociations font face à des défis économiques qui n’ont pas été anticipés au départ. La crise financière et économique de 2008 a révélé les limites de la libéralisation universelle du commerce et de la déréglementation des investissements qui constituent l’essence des accords de libre échange comme les APE. L’effondrement économique, le chômage, et dans certains cas, des conditions de vie les plus rudes pour les masses de populations ordinaires depuis la seconde guerre mondiale continuent de se manifester à travers le monde, pas moins en Europe. Au fur et à mesure que les gouvernements sont contraints de mener des interventions dans l’économie à des niveaux qui étaient sans  précédent, il y a quelques années, de nombreuses personnes reconnaissent le vrai rôle de l’état comme un contrepoids nécessaire pour le marché. En Afrique, les crises ont mis à nu la fragilité du modèle d’exportation des produits de base développé depuis l’époque coloniale et renforcé lors des trois décennies de politique d’ajustement structurel. Un nouveau consensus se dégage en faveur de la transformation structurelle de leurs économies et du développement systématique du commerce intra-africain ainsi que de l’amélioration de la capacité productive nationale et régionale. Ce qui est tout aussi important c’est que si l’UE a été le premier partenaire commercial des pays ACP  pendant des décennies, la balance commerciale des pays ACP a subi un changement radical depuis le lancement des négociations. Le commerce régional s’est accru et d’autres partenaires commerciaux ont  pris de l’importance. Bien que le commerce Sud-Sud représente déjà le tiers du commerce mondial, dans les années à venir, il devrait s’accroitre davantage et atteindre plus de la moitié de tout le commerce mondial. Les exportation des pays ACP vers les BRICS sont à la hauteur des exportations ACP vers l’UE et vont bientôt les dépasser. De surcroît, la récurrence des conditions météorologiques extrêmes a dissipé tout doute au sujet de la réalité des changements climatiques catastrophiques causés par les activités humaines et lance ainsi un défi à tous les pays de trouver les remèdes appropriés, y compris la nécessité de réorganiser les modèles de production et de consommation. L’action mondiale est urgente, en particulier, pour les populations de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique qui portent la plus faible responsabilité des crises du changement climatique mais souffrent des pires effets et manquent de moyens pour les contrecarrer. Aucune de ces nouvelles réalités n’a reçu une attention particulière dans le cadre des négociations APE en cours. Au contraire, l’UE est devenue plus agressif dans la recherche de la soumission à ses intérêts étroits. L’UE poursuit ses demandes qui exigent l’élimination de tous les droits de douanes sur 80% des importations de produits agricoles et industriels en provenance de l’Europe. Pourtant, il est maintenant généralement admis que ces exigences sont non seulement inutiles pour remplir les soi-disant obligations de l’OMC mais aussi qu’elles sont avant tout destructrices pour les recettes publiques, les industries locales et la souveraineté alimentaire dans les pays ACP. L’UE a également introduit de nouvelles demandes unilatérales pour répondre à la situation évoluant à sa faveur et au détriment des mesures qui sont en cours d’élaboration dans les pays ACP pour faire face aux nouveaux défis. Ainsi, conformément son Initiative sur les Matières Premières (adoptée dans le but d’assurer l’accès continu aux matières premières pour ses sociétés), l’UE a unilatéralement imposé l’élimination et l’interdiction des taxes à l’importation dans le cadre des APE bien que cette disposition n’a jamais fait partie des mandats de négociation au départ. L’élimination de ces taxes, qui ont été appliquées à travers l’histoire pour promouvoir la transformation sur le plan local au lieu d’exporter les matières premières va, par exemple, à l’encontre des politiques adoptées par les gouvernements africains, y compris la Vision Minière Africaine pour encourager la transformation des produits miniers dans les économies africaines.
 
Par ailleurs, et une fois encore, bien que cette disposition ne soit pas prévue dans les mandats de négociation initiaux, l’Union Européenne continue d’exiger que la région ACP lui accorde tout avantage qui découlera des accords futurs entre l’ACP et les principaux pays du Sud comme la Chine et l’Inde, contrariant ainsi les efforts de la région ACP destinés à la diversification de sa coopération commerciale et économique et frustrant absurdement la coopération et le commerce sud-sud en évolution. Par-dessus tout, l’UE est devenu encore plus tenace dans la poursuite de son programme visant la déréglementation des services, de l’investissement, et de marchés publics, ensemble avec les disciplines restrictives de la propriété intellectuelle. Dans tous ces domaines, l’UE recherche l’accès libre à tous les secteurs des économies ACP pour les investisseurs européens alors que les gouvernements ACP sont empêchés d’accorder des préférences aux investisseurs locaux ou autres au détriment des investisseurs européens. Une telle déréglementation des investisseurs européens et autres dans les pays ACP est le contraire même des mesures de politique que la crise mondiale a révélé comme nécessaires à une gestion équitable et équilibrée des économies nationales, des mesures nécessaires pour transformer les modèles économiques de production qui ont causé des dommages à la planète et faire face au changement climatique ainsi que des mesures exigées dans les pays ACP pour entreprendre la transformation structurelle économique qui est largement reconnue comme une antidote nécessaire à la croissance dramatique récente dans les pays ACP qui ont pourtant aggravé le chômage, l’inégalité et la désespérance générale. En fait, cette déréglementation des investissements est susceptible d’exacerber l’accaparement des terres et des ressources par les sociétés multinationales étrangères qui sont en train d’exproprier les populations ordinaires à une allure alarmante dans les pays ACP et d’autres pays en développement. De leur coté, bien qu’ils reconnaissent et protestent contre les déséquilibres dans le processus APE et l’agenda de l’UE, les gouvernements ACP continuent d’espérer que l’UE apportera un appui « financier «  pour la soi- disant dimension de développement des APE. Par contre, l’expérience des Caraïbes démontre que les offres partielles de l’UE à cet effet ne sont pas de bonne foi. D’ailleurs, compte tenu de sa propre crise, il est évident qu’elle n’est pas en mesure de fournir les niveaux d’appui financier additionnel nécessaires. En tout cas, les organisations de la société civile maintiennent depuis longtemps que les fonds de l’UE, quelque soit les montants, ne pourront jamais réparer les torts fondamentaux des APE. De plus, le déclin continu des tarifs d’importation en Europe et dans d’autres économies avancées érode la valeur à long terme des préférences d’exportation pour lesquelles les gouvernements ACP continuent de poursuivre les APE ; tôt ou tard, les exportateurs des pays ACP devront faire concurrence sur la base des améliorations du côté approvisionnement dans les pays ACP qui seront sans aucun doute affaiblies  par les APE. De ce qui précède, il est évident que les dangers des APE contre lesquels les organisations de la société civile ont systématiquement émis des mises en garde depuis le début des négociations se concrétisent. Ce qui est pire, c’est que face aux reconfigurations en cours dans l’ordre mondial, les objectifs proclamés des APE en place sont devenus désuètes. Le temps, les ressources et l’énergie investis dans les négociations, signature et/ou mise en œuvre, en partie ou en entier, ne sont plus justifiables et doivent être consacrés à d’autres fins. En conséquence, nous exigeons que: a) les négociations APE et les processus connexes dans leur forme actuelle et poursuivies jusqu’à présent soient abandonnés;

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