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Rapport Proglio

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09/04/2009

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L’INSERTION DES JEUNESSORTIS DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEURRapport du groupe de travail présidé par Henri PROGLIO,Président Directeur général du groupe Veolia Environnement
 Les difficultés d’insertion des jeunes sortant de l’enseignement supérieur ont unedimension conjoncturelle évidente. Lorsque le rythme de création d’emplois ralentit, cesont d’abord les jeunes en première insertion qui en pâtissent, quel que soit leur niveaude formation. Mais ces difficultés ont également un caractère structurel. En vingt ou trente ans lesstructures universitaires ont beaucoup changé. Le monde de l’entreprise aussi. Désormais plus de 60 % d’une génération accomplit un parcours, plus ou moins long,dans l’enseignement supérieur. Au début des années 80, 30 à 40 % des cadres accédaient à cette fonction sans avoir de diplôme de l’enseignement supérieur, souvent par  promotion interne. Aujourd’hui l’obtention d’un diplôme constitue une conditionnécessaire, mais pas toujours suffisante pour occuper un emploi de cadre ou d’ingénieur. Dans les entreprises la segmentation des métiers et des fonctions a laissé place à unegrande diversité de parcours et à la mobilisation de compétences transversales. Lescapacités d’adaptation à des contextes professionnels de plus en plus complexes et évolutifs, l’aptitude au travail en équipe, le croisement de compétences appartenant à desregistres différents, constituent des gages de réussite tout aussi déterminants quel’appropriation de connaissances théoriques ou techniques.Ces changements bouleversent nécessairement les relations entre l’enseignement supérieur et son environnement économique. Autrefois principalement vouées àl’enseignement des disciplines scientifiques et à la préparation des futurs cadres del’enseignement et de la fonction publique ainsi que des professions libérales, lesstructures universitaires ont aujourd’hui vocation à préparer les jeunes à leur vie professionnelle dans des structures très diverses et dans des fonctions elles-mêmesextrêmement variées.
 
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Face à ce défi, l’enseignement supérieur a diversifié et spécialisé ses filières. Cetteadaptation était indispensable.Elle ne suffit pas cependant à assurer le professionnalisme des futurs cadres et ingénieurs dont notre société a besoin.Un diplôme, même dans une filière professionnelle, ne garantit pas nécessairement lamaîtrise des aptitudes et des compétences nécessaires à l’autonomie professionnelle. Lavaleur des diplômes a changé : l’excellence scolaire et universitaire n’est plus autant qu’autrefois une garantie d’accès à des fonctions d’encadrement et au statut social quileur est lié. Certains jeunes vivent alors comme un déclassement ce qui n’est en fait qu’une place plus relative des distinctions universitaires dans le domaine professionnel. De leur côté, les entreprises ont progressivement pris conscience de la nécessité deconstruire des parcours d’intégration et de professionnalisation des jeunes qu’ellesrecrutent. Mais beaucoup de chemin reste à parcourir dans ce domaine. Le recrutement d’un jeune cadre ou d’un ingénieur n’est pas toujours perçu comme un investissement  pour l’avenir. L’abondance des ressources en main d’œuvre au cours des vingt ou trentedernières années a habitué les employeurs à rechercher des jeunes « prêts à l’emploi » et à négliger les efforts d’intégration et de développement des compétences en début decarrière. Les jeunes sont recherchés pour leur capacité à s’adapter, pour leur niveau deconnaissances, mais on exige d’eux également une expérience qu’ils ne parviennent souvent à acquérir qu’à travers une succession d’emplois de courte durée. Au-delà des solutions pragmatiques qui peuvent être trouvées pour améliorer l’insertiondes jeunes diplômés dans une conjoncture qui ne leur est pas favorable, le groupe dont les pouvoirs publics m’avait confié la présidence s’est attaché à dégager quelquesorientations de fonds, susceptibles d’accélérer cette mutation inéluctable des rapportsentre l’enseignement supérieur et les entreprises. C’est le rôle respectif du systèmeéducatif et des structures économiques qui doit être progressivement réexaminé. Lessolutions ne sont ni du côté de la fuite en avant vers la professionnalisation des études, nidans la multiplication des mesures incitatives pour favoriser l’embauche de jeunesdébutants au détriment d’autres catégories. Plus que jamais, les structures universitairesont pour mission de donner aux jeunes toutes les bases dont ils auront besoin tout au longde leur vie professionnelle et de leur vie d’adulte. Dans un contexte de vieillissement de la population active et de réduction du nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail,les entreprises, pour leur part, doivent prendre conscience de leur rôle primordial dans le processus de professionnalisation des jeunes.Comme nous avons tenté de le faire depuis près de dix ans dans le groupe de services àl’environnement que je préside,
 cela passe par une volonté de nouer avec les jeunes quel’on recrute un engagement durable, notamment en revalorisant le contrat à duréeindéterminé comme forme normale d’embauche
. La confiance réciproque entre un jeune
 
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et l’entreprise qui le recrute est une condition préalable à la construction descompétences et à la réussite professionnelle.
Cela passe également par
 
le développement de l’apprentissage et des contrats de professionnalisation.
Non pas pour opposer la voie universitaire à la voie de la formation sous contrat de travail mais comme un moyen de resserrer les coopérationsentre les entreprises et les structures de l’enseignement supérieur. Cela fait bientôt vingt ans que l’apprentissage a cessé, tout du moins dans les textes, d’être une voie réservéeaux jeunes sans qualification et aux métiers artisanaux. Pourtant les entreprises et lesstructures d’enseignement supérieur ne se sont engagées que timidement dans ledéveloppement de cette modalité très efficace de formation et de professionnalisation. Le groupe de travail a proposé quelques changements institutionnels qui permettront deconcrétiser ces deux pistes d’évolution. On ne doit pas sous estimer cependant l’ampleur des changements de comportements que cela implique de la part des différents acteursconcernés. Si les employeurs doivent prendre la mesure des difficultés de recrutement quiles attendent avec le retournement démographique, les structures universitaires doivent également accomplir des efforts importants pour que le partenariat avec les entreprises et l’aide à l’orientation et à l’insertion deviennent des fonctions à part entière et non unsimple appendice des fonctions d’enseignement.
 Le monde universitaire
 
 doit davantage se préoccuper de la réussite professionnelle et sociale de tous ses étudiants.
Cela ne passe pas seulement par la pertinence des contenuset la qualité de la pédagogie mais aussi par un souci d’aide aux choix professionnels et d’ouverture sur l’environnement social et économique. Cela passe enfin par desdispositifs concrets pour réduire les discriminations dont sont parfois l’objet desétudiants ayant accompli un bon parcours scolaire mais écartés des filières les plus porteuses en raison de la fragilité de la situation financière de leur famille.Puisse ce bref rapport contribuer à accélérer ces mutations fondamentales pour notresociété.
Henri PROGLIO

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