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Maurice Blanchot, Aminadab, 1942 - V.1

Maurice Blanchot, Aminadab, 1942 - V.1

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05/11/2014

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MAURICE BLANCHOT AMINADABroman1942Scanné et relu d’après un exemplaire des Gallimard du15 juin 1972. Il s’agit d’un premier état ; seuls les fins deparagraphes, et les mots souligné par le correcteur d’ortho-graphe ont été systématiquement contrôlé. Les scans origi-naux peuvent être consultés sur
 
Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait étéseul vit avec plaisir un homme d’aspect robuste, tranquille-ment occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer dumagasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aper-çut à l’intérieur une femme couchée dans un lit qui tenaittoute la place laissée libre par les autres meubles. Le visagede la femme, quoique tourné vers le mur, n’échappait pas àla vue : doux et fiévreux, tourmenté et pourtant déjà gagnépar le repos, voilà ce qu’il était. Thomas se redressa. Il n’a- vait qu’à continuer sa route. Mais l’homme qui balayaitl’interpella :— Entrez, dit-il tandis que son bras se tendait vers laporte et indiquait le chemin à suivre.Cela n’était pas dans les intentions de Thomas. Il s’ap-procha cependant pour voir de plus près l’homme qui luiparlait avec tant d’autorité. C’était surtout l’habillement quiétait remarquable. Une jaquette noire, un pantalon gris avecdes rayures, une chemise blanche dont le col et les man-chettes étaient légèrement fripés, chaque pièce du costume valait la peine qu’on l’examinât. Thomas s’intéressa à ces dé-tails et, pour pouvoir s’attarder auprès de son voisin, il luitendit la main. Le geste n’était pas exactement celui qu’il eût voulu faire, puisqu’il pensait toujours s’éloigner sans nouerdes relations plus étroites. L’homme s’en aperçut probable-ment. Il regarda la main tendue et, après avoir adressé unsigne vague de politesse, il recommença de balayer en négli-geant cette fois ce qui se passait autour de lui.Thomas fut piqué au vif. La maison d’en face s’éveillaità son tour, les volets battaient, les fenêtres s’ouvraient. Onapercevait de petites pièces qui devaient servir de chambres
 
à coucher et de cuisines et qui offraient un aspect désordon-né et malpropre. La boutique semblait infiniment mieux te-nue, elle attirait et plaisait comme un endroit où il devaitêtre agréable de se reposer. Thomas marcha carrément versl’entrée. Il regarda à droite et à gauche, puis ses regards sefixèrent sur un objet qui n’avait pas retenu son attention etqui se trouvait dans la devanture. C’était un portrait dont la valeur artistique n’était pas grande et qui avait été peint surune toile où l’on voyait encore les restes d’un autre tableau.La figure malhabilement représentée disparaissait derrièreles monuments d’une ville à demi détruite. Un arbre grêle,posé sur une pelouse verte, était la meilleure partie du ta- bleau, mais malheureusement il achevait de brouiller le vi-sage qui devait être celui d’un homme imberbe, aux traitscommuns, au sourire avantageux, autant du moins qu’onpouvait l’imaginer en prolongeant des lignes sans cesseinterrompues. Thomas examina patiemment la toile. Ildistinguait des maisons très hautes, pourvues d’un grandnombre de petites fenêtres disposées sans art et sans symé-trie, dont quelques-unes étaient éclairées. II y avait aussidans le lointain un pont et une rivière, et peut-être, maiscela devenait tout à fait vague, un chemin qui aboutissait àun paysage montagneux. Il compara en pensée le village oùil venait d’arriver avec ces petites maisons édifiées les unessur les autres, qui ne faisaient plus qu’une vaste et solennelleconstruction, élevée dans une région où personne ne passait.Puis il en détacha ses regards. De l’autre côté de la rue, desombres s’approchèrent de l’une des fenêtres. On les voyaitmal, mais une porte qui devait donner sur un vestibule plusclair fut poussée, et la lumière éclaira un couple de jeunesgens, debout derrière les rideaux. Thomas les regarda avecdiscrétion ; le jeune homme se crut visé et vint s’accoudersur l’appui de la fenêtre : c’est en toute candeur qu’il consi-dérait le nouveau venu. Son visage était jeune ; le dessus dela tête était pris dans un bandage qui dissimulait les che-

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