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Introduction a La Methode Verbo

Introduction a La Methode Verbo

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INTRODUCTION A LA METHODE VERBO-TONALE DE CORRECTIONPHONETIQUE – Raymond Renard1.INTRODUCTION
Le système phonologique d’une langue comporte généralement deux ou trois douzainesd’unités significatives dénommées phonèmes. Dort peu de chose au regard du systèmemortpho-syntaxique ou du corpus lexical. Un pourcentage relativement faible de cet ensembleest nécessaire au maniement courant de cette langue, lequel suppose cependant l’assimilationde tout le système phonologique.La méthode d’intégration phonétique dérive du système verbo-tonal de rééducation destroubles de l’audition. Cette méthode, mise au point à l’Institut Zagreb par son directeur, Petar Guberina, est partie intégrante de nombreux cours de langues relevant de la méthodologie« structuro-globale audio-visuelle » (SGAV), conçus par des équipes de pédagogues et dechercheurs sous la direction de P. Guberina et P. Rivenc.Le problème est celui d’enseigner la prononciation d’une langue nouvelle à des personnesqui disposent déjà d’un outil de communication orale : leur langue maternelle.
2.PERCEPTION ET (RE)PRODUCTION2.1.Perception de la parole
La méthode verbo-tonale plonge ses racines dans la psycholinguistique. Le problème posé est celui de la perception auditive. Celle-ci joue un rôle essentiel : il est reconnu quel’apprentissage du langage se réalise chez l’enfant par approximations articulatoiressuccessives sous le contrôle de l’audition. Audition et phonation sont indissolublementliées.Les maxima d’énergie sont appelés formants.La variété des sons de parole qui parviennent quotidiennement à l’oreille est doncinfinie. Il s’en faut cependant, et de beaucoup, que l’oreille perçoive toutes cesdifférences.« L’enfant passe, peu à peu, du soliloque spontané et sans but à un semblant deconversation. Cherchant à se conformer à l’entourage, il apprend à reconnaître l’identitédu phénomène phonique qu’il entend et qu’il émet, qu’il garde dans sa mémoire et qu’ilreproduit à son gré. L’enfant le distingue des autres phénomènes phoniques entendus,retenus et répétés, et cette distinction, sentie comme une valeur intersubjective etconstante, tend vers une signification. Au désir de communiquer avec autrui vients’ajouter la faculté de lui communiquer quelque chose » R. Jakobson.Chaque langue possède sa propre combinatoire : l’anglais et le français possèdent encommun les phonèmes /s/, / /, / /, /z/, /t/, /d/, /r/, mais normalement on ne trouve pas /sr/ dans un mot anglais. De même, dans les mots français, on ne trouve pas lesgroupes /t / ou /d /.La fixation du système phonologique ne concerne pas que les phonèmes mais aussileur combinatoire. Celle-ci est solidement ancrée chez le jeune enfant. Dès l’âge de sixans, même les mots qu’il invente sont conformes aux règles séquentielles de son systèmelinguistique.L’enfant apprend à parler essentiellement par audition et imitation. La répétition du phonème facilite l’apprentissage.
 
2.2.Le système (structuré et global)
Tout système phonologique résulte de l’organisation de données selon un nombred’unités phoniques (phonèmes). Ce nombre varie d’une langue à l’autre.Troubetzkoy a appelé le « crible phonologique » le conditionnement au système phonologique. Entendre un son du langage, ce n’est pas seulement le détecter, c’estl’identifier, le décoder, c’est le situer exactement dans le système auquel il appartient,c’est reconnaître sa fonction dans le système. De la détection au décodage, le son prend place dans un ensemble chargé de signification : il devient phonème.Il existe des zones d’interférences les sons peuvent être confondus s’ils sont présentés isolément.Ainsi s’explique que nous ne puissions pas discriminer certains sons étrangers.Lorsqu’ils apprennent le français, les Anglais confondent [y] et [u], [ ] et [o]. Il arriveaussi que nous ne puissions discriminer des sons que cependant nous pouvons prononcer.Les Espagnols confondent [z] et [s], ils ne sont pas conscients de leur différence car cesvariantes sonores n’ont en espagnol aucune valeur distinctive.De sorte que l’adulte qui écoute une langue étrangère n’en capte pas les différents sonscomme le ferait un enfant, mais au travers d’un filtre, d’un « crible », conditionné par son propre système phonologique.
2.3.Le système de fautes
Ainsi s’expliquent nos erreurs de prononciation lorsque nous voulons reproduire unmessage en langue étrangère. Nous le reproduisions mal parce que nous le percevons mal :cette mauvaise perception résulte d’une structuration des éléments informationnels inadéquatecar dictée par des habitudes sélectives propres à la perception de notre langue maternelle.Etant donné que les deux langues (maternelle et étrangère) existent comme deuxsystèmes bien définis et séparés, de leur confrontation naît un autre système : le système defautes.Dans la méthodologie verbo-tonale, l’action portera toujours en priorité sur le système plutôt que sur la « faute » isolée.
2.4.Complexité du phénomène de perception de la parole
La perception de la parole résulte de la combinaison de facteurs multiples captésglobalement. Ces facteurs sont les stimuli acoustiques comme la fréquence, l’amplitude, letemps, la structure formantique, d’autres facteurs tels la prosodie (intonation, rythme), extra-auditifs comme le geste, la mimique, l’entourage, le contexte…
3.EXAMEN DE DIVERSES METHODES DE CORRECTION PHONETIQUE3.1.La méthode articulatoire
L’acte phonatoire implique une connaissance explicite de son fonctionnement.Perfectionnement au fil du temps d’instruments de visualisation ou de description desmouvements articulatoires.Ces procédés n’exclue pas de graves imprécisions. Le procédé devient presqueimpraticable lorsqu’il s’agit d’apprendre une langue dont le système phonologique est trèséloigné de la langue maternelle.
 
La méthode articulatoire néglige le facteur auditif. Nous avons déjà dit que lesEspagnols confondent [z] et [s], alors qu’ils savent les prononcer. Ces variantes sonoresn’ayant aucune valeur distinctive en espagnol, ils ne sont pas conscients de leur différence. Ilne s’agit donc pas ici d’enseigner comment on produit un son donné différent d’un autre, maiscomment on le distingue d’un autre. Le problème ne se situe pas au niveau de la production,mais à celui de la perception.Pour la motor theory, l’auditeur reproduit mentalement le son entendu et c’est dans lamesure où il réalise effectivement cette opération qu’il perçoit bien.La thode articulatoire traditionnelle glige les effets de la phonétiquecombinatoire. Alors que les sons s’influencent les uns les autres.De plus, elle ignore les phénomènes de compensation. En effet, des procédésarticulatoires différents peuvent donner le même résultat acoustique.Enfin, elle néglige le facteur prosodique, qui est pourtant partie intégrante du langage.Un anglophone débutant dans l’apprentissage du français reproduira peut-être de façon plussatisfaisante le [y] dans « C’est ta voiture ? » (prononcé avec une intonation « montante »)que dans « Oui. C’est ma voiture » (prononcé avec une intonation « descendante »). On nesaurait assez insister sur le fait qu’un son du langage ne peut être parfaitement défini s’il n’estintégré dans la structure complexe qui le conditionne.Pour un étranger, un son isolé mal prononcé n’est pas un cas en soi – une sorte de cas pathologique – c’est en réalité l’illustration particulière d’habitudes linguistiques générales propres à une structure phonique donnée.En conclusion, la méthode articulatoire nuit à la spontanéité de l’expression par le faitqu’elle s’attache à l’élément isolé plutôt qu’à la structure. Elle prétend traiter au niveauconscient ce qui devrait s’organiser au niveau de l’inconscient.
3.2.Des machines plutôt que des hommes
Les procédés basés sur l’audition de modèles (patterns) à partir de machines se sontdéveloppés dès l’invention du phonographe.Ces méthodes reconnaissent la primauté de l’audio-oral et par là même forcent lesélèves à l’écoute attentive. Elles présentent des modèles valables de voix authentiques denative speakers.Cependant, l’apprentissage en cabine rend difficile l’évocation du contextesituationnel.
3.3.La méthode des oppositions phonologiques
La méthode dite des oppositions phonologiques se fonde sur les conceptions deBloomfield, Jakobson et Halle qui classaient les phonèmes en fonction des traits distinctifs permettant des oppositions de type binaire.La méthode des oppositions phonologiques néglige le facteur prosodique, dans lamesure même où elle poursuit un autre objectif, celui de permettre la production d’élémentsisolés, alors que la parole est un continuum. De plus, elle néglige l’éventail des allophones,leur combinatoire distributionnelle, les effets séquentiels.
 L’erreur fondamentale de la méthodologie traditionnelle de correction phonétique, c’est de considérer la « faute » dans sa singularité. On offre des recettes pour corriger ou pour enseigner chacun des sons sans se rendre compte que ces sons appartiennent à un systèmeriche d’une dynamique interne et qui peut réserver au professeur des surprises tant agréables

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