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HERODOTE, Enquête (Histoires)

HERODOTE, Enquête (Histoires)

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H
ÉRODOTE
,
 Histoires
Traduction Pierre-Henri L
ARCHER 
(1786)
I.CLIO
En présentant au public ces recherches, Hérodote d’Halicarnasse se propose de préserver del’oubli les actions des hommes, de célébrer les grandes et merveilleuses actions des Grecs etdes Barbares, et, indépendamment de toutes ces choses, de développer les motifs qui les portèrent à se faire la guerre.[1,1] I. Les Perses les plus savants dans l’histoire de leur pays attribuent, aux Phéniciens lacause de cette inimitié. Ils disent que ceux-ci étant venus des bords de la mer Érythrée sur lescôtes de la nôtre, ils entreprirent de longs voyages sur mer, aussitôt après s’être établis dans le pays qu’ils habitent encore aujourd’hui, et qu’ils transportèrent des marchandises d’Égypte etd’Assyrie en diverses contrées, entre autres à Argos. Cette ville surpassait alors toutes cellesdu pays connu actuellement sous le nom de Grèce. Ils ajoutent que les Phéniciens y étantabordés se mirent à vendre leurs marchandises ; que cinq ou six jours après leur arrivée lavente étant presque finie, un grand nombre de femmes se rendit sur le rivage, et parmi elles lafille du roi ; que cette princesse, fille d’Inachus, s’appelait Io, nom que lui donnent aussi lesGrecs. Tandis que ces femmes, continuent les mêmes historiens, achetaient près de la poupece qui était le plus de leur goût, les Phéniciens, s’animant les uns les autres, se jetèrent sur elles. La plupart prirent la fuite ; mais Io fut enlevée, et d’autres femmes avec elle. LesPhéniciens, les ayant fait embarquer, mirent à la voile, et firent route vers l’Égypte.[1,2] II. Voilà, selon les Perses, en cela peu d’accord avec les Phéniciens, comment Io passaen Égypte : voilà le principe des injustices réciproques qui éclatèrent entre eux et les Grecs.Ils ajoutent qu’ensuite quelques Grecs (ils ne peuvent les nommer, c’étaient peut-être desCrétois) abordés à Tyr en Phénicie enlevèrent Europe, fille du roi : c’était sans doute user dudroit de représailles ; mais la seconde injustice ne doit, selon les mêmes historiens, êtreimputée qu’aux Grecs. Ils disent que ceux-ci se rendirent sur un vaisseau long à Aea, enColchide, sur le Phase, et qu’après avoir terminé les affaires qui leur avaient fait entreprendrece voyage, ils enlevèrent Médée, fille du roi ; que ce prince ayant envoyé un ambassadeur enGrèce pour redemander sa fille et exiger réparation de cette injure, les Grecs lui répondirentque puisque les Colchidiens n’avaient donné aucune satisfaction de l’enlèvement d’Io, ils nelui en feraient point de celui de Médée.
 
[1,3] III. Les mêmes historiens disent aussi que, la seconde génération après ce rapt,Alexandre (Pâris), fils de Priam, qui en avait entendu parler, voulut par ce même moyen se procurer une femme grecque, bien persuadé que les autres n’ayant point été punis, il ne leserait pas non plus. Il enleva donc Hélène ; mais les Grecs, continuent-ils, s’étant assemblés,furent d’avis d’envoyer d’abord des ambassadeurs pour demander cette princesse, et uneréparation de cette insulte. A cette proposition les Troyens opposèrent aux Grecs l’enlèvementde Médée, leur reprochèrent d’exiger une satisfaction, quoiqu’ils n’en eussent fait aucune, etqu’ils n’eussent point rendu cette princesse après en avoir été sommés.[1,4] IV. Jusque-là, disent les Perses, il n’y avait eu de part et d’autre que des enlèvements ;mais depuis cette époque les Grecs se mirent tout à fait dans leur tort, en portant la guerre enAsie avant que les Asiatiques l’eussent déclarée à l’Europe. Or, s’il y a de l’injustice, ajoutent-ils, à enlever des femmes, il y a de la folie à se venger d’un rapt, et de la sagesse à ne s’en pasmettre en peine, puisqu’il est évident que, sans leur consentement, on ne les eût pas enlevées.Les Perses assurent que, quoiqu’ils soient Asiatiques, ils n’ont tenu aucun compte des femmesenlevées dans cette partie du monde ; tandis que les Grecs, pour une femme de Lacédémone,équipèrent une flotte nombreuse, passèrent en Asie, et renversèrent le royaume de Priam.Depuis cette époque, les Perses ont toujours regardé les Grecs comme leurs ennemis ; car ilss’arrogent l’empire sur l’Asie et sur les nations barbares qui l’habitent, et considèrentl’Europe et la Grèce comme un continent à part.[1,5] V. Telle est la manière dont les Perses rapportent ces événements, et c’est à la prised’Ilion qu’ils attribuent la cause de la haine qu’ils portent aux Grecs. A l’égard d’Io, lesPhéniciens ne sont pas d’accord avec les Perses. Ils disent que ce ne fut pas par un enlèvementqu’ils la menèrent en Égypte : qu’ayant eu commerce à Argos avec le capitaine du navire,quand elle se vit grosse, la crainte de ses parents la détermina à s’embarquer avec lesPhéniciens, pour cacher son déshonneur. Tels sont les récits des Perses et des Phéniciens. Pour moi, je ne prétends point décider si les choses se sont passées de cette manière ou d’uneautre ; mais, après avoir indiqué celui que je connais pour le premier auteur des injures faitesaux Grecs, je poursuivrai mon récit, qui embrassera les petits États comme les grands : car ceux qui florissaient autrefois sont la plupart réduits à rien, et ceux qui fleurissent de nos joursétaient jadis peu de chose. Persuadé de l’instabilité du bonheur des hommes, je me suisdéterminé à parler également des uns et des autres.[1,6] VI. Crésus était Lydien de naissance, fils d’Alyattes, et tyran des nations que renfermel’Halys dans son cours. Ce fleuve coule du sud, passe entre le pays des Syriens(Cappadociens) et celui des Paphlagoniens, et se jette au nord dans le Pont- Euxin. Ce princeest le premier Barbare, que je sache, qui ait forcé une partie des Grecs à lui payer tribut, et quise soit allié avec l’autre. Il subjugua en effet les Ioniens, les Éoliens et les Doriens établis enAsie, et fit alliance avec les Lacédémoniens. Avant son règne, tous les Grecs étaient libres ;car l’expédition des Cimmériens contre l’Ionie, antérieure à Crésus, n’alla pas jusqu’à ruiner des villes : ce ne fut qu’une incursion, suivie de pillage.[1,7] VII. Voici comment la souveraine puissance, qui appartenait aux Héraclides, passa en lamaison des Mermnades, dont était Crésus. Candaule, que les Grecs appellent Myrsile, futtyran de Sardes. Il descendait d’Hercule par Alcée, fils de ce héros ; car Agron, fils de Ninus, petit-fils de Bélus, arrière-petit-fils d’Alcée, fut le premier des Héraclides qui régna à Sardes ;et Candaule, fils de Myrsus, fut le dernier. Les rois de ce pays antérieurs à Agron descendaientde Lydus, fils d’Atys, qui donna la nom de Lydiens à tous les peuples de cette contrée, qu’onappelait auparavant Méoniens. Enfin les Héraclides, à qui ces princes avaient confié
 
l’administration du gouvernement, et qui tiraient leur origine d’Hercule et d’une esclave deJardanus, obtinrent la royauté en vertu d’un oracle. Ils régnèrent de père en fils cinq cent cinqans, en quinze générations, jusqu’à Candaule, fils de Myrsus.[1,8] VIII. Ce prince aimait éperdument sa femme, et la regardait comme la plus belle desfemmes. Obsédé par sa passion, il ne cessait d’en exagérer la beauté à Gygès, fils deDascylus, un de ses gardes, qu’il aimait beaucoup, et à qui il communiquait ses affaires les plus importantes. Peu de temps après, Candaule (il ne pouvait éviter son malheur) tint à Gygèsce discours : « Il me semble que tu ne m’en crois pas sur la beauté de ma femme. Les oreillessont moins crédules que les yeux : fais donc ton possible pour la voir nue. Quel langageinsensé, seigneur ! s’écria Gygès. Y avez-vous réfléchi ? Ordonner à un esclave de voir nue sasouveraine ! Oubliez-vous qu’une femme dépose sa pudeur avec ses tements ? Lesmaximes de l’honnêteté sont connues depuis longtemps : elles doivent nous servir de règle. Or une des plus importantes est que chacun ne doit regarder que ce qui lui appartient. Je suis persuadé que vous avez la plus belle de toutes les femmes ; mais n’exigez pas de moi, je vousen conjure, une chose malhonnête. »[1,9] IX. Ainsi Gygès se refusait à la proposition du roi, en craignant les suites pour lui-même. » Rassure-toi, Gygès, lui dit Candaule ; ne crains ni ton roi (ce discours n’est point un piège pour t’éprouver) ni la reine : elle ne te fera aucun mal. Je m’y prendrai de manièrequ’elle ne saura pas même que tu l’aies vue. Je te placerai dans la chambre où nous couchons,derrière la porte, qui restera ouverte : la reine ne tardera pas à me suivre. A l’entrée est unsiège où elle pose ses vêtements, à mesure qu’elle s’en dépouille. Ainsi, tu auras tout le loisir de la considérer. Lorsque de ce siège elle s’avancera vers le lit, comme elle te tournera le dos,saisis ce moment pour t’esquiver sans qu’elle te voie. »[1,10] X. Gygès ne pouvait plus se refuser aux instances roi : il se tint prêt à obéir. Candaule,à l’heure du coucher, le mena dans sa chambre, où la reine ne tarda pas à se rendre. Gygès laregarda se déshabiller, et, tandis qu’elle tournait le dos pour gagner le lit, il se glissa hors del’appartement ; mais la reine l’aperçut en sortant. Elle ne douta point que son mari ne fûtl’auteur de cet outrage : la pudeur l’empêcha de crier, et même elle fit semblant de ne l’avoir  pas remarqué, ayant déjà conçu dans le fond du coeur le désir de se venger de Candaule : car chez les Lydiens, comme chez presque tout le reste des nations barbares, c’est un opprobre,même à un homme, de paraître nu.[1,11] XI. La reine demeura donc tranquille, et sans rien découvrir de ce qui se passait dansson âme. Mais, dès que le jour parut, elle s’assure des dispositions de ses plus fidèlesofficiers, et mande Gygès. Bien éloigné de la croire instruite, il se rend à son ordre, comme ilétait dans l’habitude de le faire toutes les fois qu’elle le mandait. Lorsqu’il fut arrivé, cette princesse lui dit : « Gygès, voici deux routes dont je te laisse le choix ; décide-toi sur-le-champ. Obtiens par le meurtre de Candaule ma main et le trône de Lydie, ou une promptemort t’empêchera désormais de voir, par une aveugle déférence pour Candaule, ce qui t’estinterdit. Il faut que l’un des deux périsse, ou toi qui, bravant l’honnêteté, m’as vue sansvêtements, ou du moins celui qui t’a donné ce conseil. » A ce discours, Gygès demeuraquelque temps interdit ; puis il conjura la reine de ne le point réduire à la nécessité d’un telchoix. Voyant qu’il ne pouvait la persuader, et qu’il fallait absolument ou tuer son maître ouse résoudre lui-même à périr, il préféra sa propre conservation. » Puisque, malgré mesréclamations, dit-il à la reine, vous me forcez à tuer mon maître, je suis prêt à prendre lesmoyens d’y réussir. - Le lieu de l’embuscade, répondit-elle, sera celui-là même d’où il m’aexposée nue à tes regards, et le temps de l’attaque celui de son sommeil. »

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