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Description
Pourquoi travaillons-nous à notre obsolescence ?
Depuis la Seconde guerre mondiale, le monde se transforme progressivement en laboratoire à l'échelle 1. Au modèle du “monde usine” s'ajoute désormais un modèle de “monde laboratoire”.
Aujourd’hui la géo-ingénierie est en voie de se banaliser, justifiant ainsi, au nom de la lutte contre l'effet de serre et ses conséquences (tempêtes tropicales, sécheresses, etc.), des expériences de modification du climat à très grande échelle et de transformation de la chimie des océans.
Les satellites surveillant et analysant en permanence les variations de l'activité terrestre sont couplés avec les réseaux d'information et des technologies comme les RFID et les micro (ou nano) capteurs, créant ainsi une planète-information, une planète-virtuelle renforçant encore la puissance de gestion et de contrôle voire de transformation du réel à distance.
Ce devenir-monde du laboratoire encourage la manipulation du vivant selon la doctrine du “risque acceptable”. La radicalisation de la compétition et les “manques à gagner” dans les investissements planifiés autorisent les tests en “conditions réelles” : la recherche pharmaceutique mène des expérimentations sur des populations entières, en Afrique ou ailleurs ; la dissémination des Organismes Génétiquement Modifiés est encouragées par tous les moyens nécessaires en attendant les Organismes Atomiquement Modifiés ; les technologies sans fil mises sur le marché sans études publiques préalables font de leurs utilisateurs les cobayes d'expériences grandeur nature et en temps réel.
Le développement des technologies convergentes (bio-, nano-, cogno-, info-, robo-, sociotech) est le cercle magique dans lequel émergent des espèces biologiques et mécaniques de laboratoire et de nouvelles tables des éléments. Nombre de ces recherches s'effectuent aujourd'hui dans le secret(1). C'est pourquoi la compréhension du présent lui-même reste déterminé par l'appréhension limitée que nous pouvons avoir d'informations elles-mêmes filtrées ou orchestrées. Comment parler alors du présent ? Comment savoir où nous sommes, où nous en sommes ?
Les scénarios apocalyptiques prophétisant la fin de notre monde surpeuplé justifient les expérimentations démiurgiques du monde devenu laboratoire. L'organisation rationnelle du monde-laboratoire se retourne alors en une organisation irrationnelle menaçant ceux qui l'ont instauré.
De ceux-là, pourtant, nous ne sommes pas. Nous ne travaillons pas à ce laboratoire ni pour lui. Nous n'en sommes pas non plus les objets. Que faire alors de cette immense machine qui se développe aujourd'hui selon sa dynamique propre, devenue autonome ? Pouvons-nous réorienter le destin et les orientations de ce laboratoire dont aucun d'entre nous, ou si peu, a décidé de l'existence ? Pouvons-nous abandonner ce futur tracé par d'autres ? Autrement dit, pouvons-nous encore faire usage de notre liberté ?
(1) Il existe aujourd'hui plus d'un trillion de documents classifiés concernant la recherche scientifique aux Etats-Unis. À ces archives secrètes issues des sciences et techniques développées par tout pays prétendant poursuivre une recherche indépendante, s'ajoutent l'immense quantité de documents protégés par le secret militaire, par le secret administratif et par le secret commercial.
LA PLANETE LABORATOIRE
Sommaire
Élements d’actualité du combat vital par l’Observatoire de l’évolution
La reconstruction générale du monde par Michel Tibon-Cornillot
In vivo, l’expérience biologique sur les vivants par Alioune Diop
Liberté et machines par Ange Valderas
La numérisation générale ou le redoublement "virtuel" du "monde réel" par Michel Tibon-Cornillot
Gouverner la maison monde par Sophie Gosselin & David Guignebert
Biopolitique extraterrestre et Industries Créatives par Konrad Becker
Protection planétaire par Ewen Chardronnet
Démons du silicium par Xavier Inizan
Représenter le système par Bureau d’études
16 Pages