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Comment ne pas perdre la chose,comment rester au plus près dece qu’elle est ? Comment se sou-venir de cette proximité avec lafontaine et le mur, comment ne pas éloigner l’évocation d’unetendresse, comment accepter la force d’une forme pensée etsentie pour la première fois ?« Oui beaucoup voulurent se dé-tacher de ces signes qui avaientusurpé des choses. Mais était-ce possible, dites moi ? »
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L’esquisse pourrait être ce quiréunit la chose et la pensée de lachose ; et qui ne se perd pas dansson explication. La chose ana-lytique, est-il nécessaire de lerappeler, court après une forme
qui lui soit dèle. Une forme qui
tienne de l’art et de la théorie.Les esquisses ne se nourrissent-elles pas de ce voisinage inattenduentre la sûreté du trait et l’accep-tation de l’éphémère de la pen-sée ? Et quand une belle échap- pée survient, n’est-ce pas alors la preuve que la magie, si elle existe,ne saurait être donnée d’emblée ? Nous espérons des textes courts, petits, concis, vifs ; un accent en-
levé, un ton qui l’emporte. Une sé
-quence, un surgissement de penséequi mène à une rupture et trace une
voie subite. Un détail qui s’impose,se fond ou s’efface. Un éclairage
qui ouvre un regard sur une ombre.« Où sont ces temps d’autre-fois... où il arrivait qu’un poème,
un mot juste, une idée scienti
-que agisse sur la vie d’hommesmûrs avec la force d’impact d’unvéritable choc émotionnel. »
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 A.N.
L’échappéede l’esquisse
Comité de rédaction :Sophie BobbéAntoine Nastasi, rédacteur en chef Cathie SilvestreJean-Claude Stoloff Daniel Zaoui.
[1] Y. Bonnefoy, «Une autre époque de l’écriture»,
 La Vie errante
, Paris, Mercure de France, 1993, p. 143.[2] S. Ferenczi, «Ignotus le compréhensif»,
 Psy-chanalyse 3. Œuvres complètes
, Paris, Payot, 1974, p. 248.
 
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Les idées reçues vont leur che-min, obstinément, elles s’instal-lent, deviennent familières, ano-dines, inoffensives, reposantes.Elles se propagent, sont partagées par beaucoup, de sorte qu’on perd devue leur source, a fortiori leur sens.Elles ont aussi un double pouvoir,celui de paraître remettre le consen-suel en question et a contrario, celuid’exprimer la quintessence du bonsens, celle que le temps a consacrée.Ainsi s’établit un clonage se-cret que réclame une pensée ef-frayée du risque que la diffé-rence, l’étranger, l’inhabituel, larupture, lui feraient courir : l’idéereçue tient lieu d’opinion et tantmieux si elle est critique ou né-
gative, elle s’afrmera avec éclat.
Les différents articles regroupésautour du thème des idées re-çues dans ce premier numéro dela revue
 Esquisse(s)
, souhaitent parer au danger de voir l’idéereçue absorber, dans le confor-misme et l’immobilisme pares-seux, la dynamique vivante detoute pensée, fût-elle la plus riche.
Idées reçues
 
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Sommaire du numéro 1 : Idées reçues
 
Schibboleth ?
Jean-Claude Stoloff, psychanalyste
Et si l’erreur était inhumaine
Cathie Silvestre, psychanalyste
Une incroyable délité
Janine Altounian, essayiste, traductrice de Freud, membre fondateur de Aircrige
Vous avez dit «gentil» ?
Clarisse Baruch, psychanalyste
Le médecin et sa conscience : quand la loi s’en mêle
Anne-Elisabeth Crédeville, magistrat à la cour de Cassation
Les appels de l’anatomie
 Nicolas Danziger, neurologue et psychanalyste
De vous à moi
Sophie Bobbé, anthropologue
Au musée
Daniel Zaoui, psychanalyste
Ceci n’est pas un cadeau
Sylvie Karila, psychanalyste
 Naturelles, les saisons ?
Martin de la Soudière, ethnologue
Des stéréotypes nécessaires aux évidences incriticables
Raphaël Liogier, sociologue, philosophe
Une idée en passe d’être reçue,
ou les dangers de «La question humaine»
Cathie Silvestre, psychanalyste
Une odeur de silence
Antoine Nastasi, psychanalyste
Et une contribution de Philippe Descola
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