AbdeldjalilDahmoun
Abdeljalil, qui vit le jour le 17Avril 1933 au Clos Salembier (ElMadania), est l'ainé d'une bellefamille mouloudéenne de onzeenfants.Il mesurait 1,67m pour56 Kg ce qui lui donna plus devivacité et de vélocité afin dedéborder sur son coinpréféré.Son pére, qui futlongtemp le secrétaire généraleet trèsorier du Mouloudia,l'ayant vu jouer, un jour, avecses camarades du quartier, sedécida de lui faire signer unelicence de minime au sein duclub dont il était "l'argentier".L'ailier volant du Mouloudiaétait rusé et très rapide, son jeu basé sur la vitesse etl'intelligence, a fait dumerveille au sein de l'attaquedes "vert et Rouge" jusqu'en1964 où il quitta la maison duDoyen sans quitter vraiment lafamille Mouloudéenne.Il vient de rendre l'âme en ce jour du Lundi 23 Mars 2009 àl'âge de 76 ans.Ainsi se termine la saga de lafamille Dahmoun qui a rendud'énormes services aumouvement sportif Algérien etdont nous sommes très fiers.Nous tenons à remercier MrHamza Dahmoun fils de Hadjomar Dahmoun, Zine eddine lepetit fils de Hadj Omar ainsique le Dr Sahraoui nièce deHamza et petite fille de HadjOmar, pour les photosenvoyées et leur aide à brosserun bref aperçu de la vie dechacun des membres de cettehonorable famille qui a leMouloudia dans les veines."Parc des Princes des A-RA-BES" : ces paroles me poursuivaientcomme une ombre. Le soir même je me suis mis en quête de mesamis a qui je suggérai l'idée qui gagna et enthousiasma vite notrecommunauté. L'étincelle qui prit naissance Place des Martyrsembrasa la Casbah. Il ne restait plus qu'a passer a l'action.Et le 7 Août 1921, jour du Mouloud En-Nabawi naquit le MCA.Alors commencèrent auprès des autorités occupantes delaborieuses démarches : statuts avec rapport motive. A lapréfecture d'Alger on s'inquiéta du pourquoi et du comment d'unclub musulman. Je fis valoir que je me devais de consacrer montemps et mes modestes compétences a la formation de mes jeunescompatriotes, plus a l'aise entre eux, en vue d'en faire de bonssoldats; ces messieurs de la préfecture entendirent "de bonssoldats français". Ah ! la belle affaire. Restait la question épineusedes couleurs. Pourquoi VERT et ROUGE ? me demande-t-on. Jerépondis sur une note poétique :
VERT comme le Paradis.ROUGE comme le sang généreux.
Rassures, mes interlocuteurs acceptèrent la démarche d'unmusulman pour des musulmans. C'est ainsi que la circulaire N 854de la préfecture d'Alger portant création du Mouloudia ClubAlgerois fut signée, nous donnant droit d'opérer en 4ème divisionMais il restait a résoudre les problèmes financiers afin de mettresur rails le club. Il fallait se procurer la rondelette somme de 150000 francs (somme très importante a l'époque, Mr Aouf nepouvant évaluer son cours actuellement). Un appel a notrecommunauté s'avéra décevant; a peine 1 200 francs furentcollectes... on était loin du compte. Allons-nous voir vivre notrecréation ce que vivent les roses.... l'espace d'un matin ? Non !Jamais de la vie. Le feu ardent qui m'animait me permit tant bienque mal de réunir par mes propres moyens l'argent nécessaire audémarrage du MCA. Et une fois les conditions réunies, j'installais lepremier comité directeur. Il est impossible de décrire l'ambiance ocombien chaude et fraternelle dans laquelle nous étions plongesen ce 7 Août 1921, le jour même de la célébration du Mawlid En-Nabaoui. L'acte de naissance du Mouloudia venait d'être enregistresolennellement un jour sacre entre tous, dans l'explosion despétards et l'embrasement des feux de Bengale.Nous avions pleinement conscience de notre mission, que nousavons choisie librement, avec désintéressement pour le pleinépanouissement de notre jeunesse dans un cadre spécifiquementarabe, musulman.Ma joie aujourd'hui, au crépuscule de ma vie est de sentir encorevibrer dans mon coeur les "Allez Mouloudia, Allez Mouloudia" et ala pensée de la victoire du MCA contre Bastia par 6 a 3 au Parc desPrinces (a Paris) je ne puis empêcher mes larmes de perler sur ma joue, larmes de pleine satisfaction de soi-même et d'un peud'orgueil légitime aussi : par le Mouloudia et avec le Mouloudia j'aiainsi éponge l'humiliante apostrophe encaissée un jour de Juillet1921.
Interview réalisée par la revue le Doyen (édition N° 2) mars 1976
Abderahmane AOUFFondateur du MCA
Juillet 1921.
Place du Cheval,aujourd'hui Place des Martyrs(Sahat Echouhada), unmonument érige comme undéfi, face a la Casbah : lastatue du Duc d'Orléanspointant son sabre sur notrecitadelle, le dos tourné à lamosquée "Djamaa Ejdid".L'animation était grande ce jour et de jeunes enfants de laCasbah couraient, criaient atue-tête, explosantlittéralement de joie; la joiede "taper" dans une pelotefaite de papier et de chiffons.Je me dissipais quelque peudevant cette touchante etémouvante "partie de foot-ball" improvisée. Arrive a cemoment la un groupe demilitaires français juste a mahauteur. L'un d'eux lança ahaute voix et ironiquement :"Je vous présente le Parc desPrinces des A-RA-BES". Cetteapostrophe, telle une flècheempoisonnée, me déchira lecoeur. Il fallait réagir, fairequelque chose, pour ces "A-RA-BES" pour laver ce que jeconsidérais comme unaffront. Je ne cessai deressasser en mon fortintérieur "Parc des Princes desA-RA-BES" et arrive chez moigerma alors dans mon espritun rêve, un beau rêve : fonderune authentique équipe defootballeurs spécifiquement"arabes", musulmans, laforger et l'amener un jour arivaliser avec les meilleursclubs européens. Des lors leproblème était pose a maconscience, mais aussi a laconscience des musulmans debonne volonté.
Edition numéro 5 du 07/08/2009