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51598817 Le Pere Goriot

51598817 Le Pere Goriot

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pere goriot
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01/10/2015

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Le père Goriot
H. de Balzac
[éd. par Pierre-Georges Castex,...]
"u grand et illustre Geo##ro$ %aint-&ilaire
Comme un témoignage d'admiration de ses travaux et de son génie.
 ( )"L*"C.
I. Une pension bourgeoise
+adame auuer, née de Con#lans, est une ieille #emme ui, depuis uarante ans, tient  Paris une  pension bourgeoise établie rue /eue-%ainte-Genei!e, entre le uartier latin et le #aubourg %aint-+ar0eau. Cette pension, 0onnue sous le nom de la +aison-auuer, admet également des 1ommes et des #emmes, des 2eunes gens et des ieillards, sans ue 2amais la médisan0e ait attaué les moeurs de 0e respe0table établissement. +ais aussi depuis trente ans ne s'$ était-il 2amais u de 2eune  personne, et pour u'un 2eune 1omme $ demeure, sa #amille doit-elle lui #aire une bien maigre  pension. /éanmoins, en 3435, époue lauelle 0e drame 0ommen0e, il s'$ trouait une paure  2eune #ille. (n uelue dis0rédit ue soit tombé le mot drame par la mani!re abusie et tortionnaire dont il a été prodigué dans 0es temps de douloureuse littérature, il est né0essaire de l'emplo$er i0i6 non ue 0ette 1istoire soit dramatiue dans le sens rai du mot7 mais, l'oeure a00omplie, peut-8tre aura-t-on ersé uelues larmes
intra muros
 et
extra
. %era-t-elle 0omprise au-del de Paris9 le doute est permis. Les parti0ularités de 0ette s0!ne pleine d'obserations et de 0ouleurs lo0ales ne peuent 8tre appré0iées u'entre les buttes de +ontmartre et les 1auteurs de +ontrouge, dans 0ette illustre allée de pl:tras in0essamment pr!s de tomber et de ruisseaux noirs de boue7 allée remplie de sou##ran0es réelles, de 2oies souent #ausses, et si terriblement agitée u'il #aut 2e ne sais uoi d'exorbitant pour $ produire une sensation de uelue durée. Cependant il s'$ ren0ontre ; et l des douleurs ue l'agglomération des i0es et des ertus rend grandes et solennelles6  leur aspe0t, les égo<smes, les intér8ts, s'arr8tent et s'apitoient7 mais l'impression u'ils en re;oient est 0omme un #ruit saoureux promptement déoré. Le 01ar de la 0iilisation, semblable  0elui de l'idole de =aggernat,  peine retardé par un 0oeur moins #a0ile  bro$er ue les autres et ui enraie sa roue, l'a  brisé bient>t et 0ontinue sa mar01e glorieuse. "insi #ere?-ous, ous ui tene? 0e lire d'une main  blan01e, ous ui ous en#on0e? dans un moelleux #auteuil en ous disant6 Peut-8tre 0e0i a-t-il m'amuser. "pr!s aoir lu les se0r!tes in#ortunes du p!re Goriot, ous d@nere? ae0 appétit en mettant otre insensibilité sur le 0ompte de l'auteur, en le taxant d'exagération, en l'a00usant de  poésie. "1A sa01e?-le6 0e drame n'est ni une #i0tion, ni un roman.
 All is true
, il est si éritable, ue 01a0un peut en re0onna@tre les éléments 01e? soi, dans son 0oeur peut-8tre. La maison oB s'exploite la pension bourgeoise appartient  madame auuer. (lle est située dans le  bas de la rue /eue-%ainte-Genei!e,  l'endroit oB le terrain s'abaisse ers la rue de l'"rbal!te par une pente si brusue et si rude ue les 01eaux la montent ou la des0endent rarement. Cette 0ir0onstan0e est #aorable au silen0e ui r!gne dans 0es rues serrées entre le d>me du al-de-Gr:0e et le d>me du Pant1éon, deux monuments ui 01angent les 0onditions de l'atmosp1!re en $ 2etant des tons 2aunes, en $ assombrissant tout par les teintes sé!res ue pro2ettent leurs 0oupoles. L, les
 
 paés sont se0s, les ruisseaux n'ont ni boue ni eau, l'1erbe 0roit le long des murs. L'1omme le plus insou0iant s'$ attriste 0omme tous les passants, le bruit d'une oiture $ deient un éénement, les maisons $ sont mornes, les murailles $ sentent la prison. Un Parisien égaré ne errait l ue des  pensions bourgeoises ou des institutions, de la mis!re ou de l'ennui, de la ieillesse ui meurt, de la  2o$euse 2eunesse 0ontrainte traailler. /ul uartier de Paris n'est plus 1orrible, ni, disons-le, plus in0onnu. La rue /eue-%ainte-Genei!e surtout est 0omme un 0adre de bron?e, le seul ui 0onienne  0e ré0it, auuel on ne saurait trop préparer l'intelligen0e par des 0ouleurs brunes, par des idées graes7 ainsi ue, de mar01e en mar01e, le 2our diminue et le 01ant du 0ondu0teur se 0reuse, alors ue le o$ageur des0end aux Cata0ombes. Comparaison raieA ui dé0idera de 0e ui est plus 1orrible  oir, ou des 0oeurs dessé01és, ou des 0r:nes ides9 La #a;ade de la pension donne sur un 2ardinet, en sorte ue la maison tombe  angle droit sur la rue  /eue-%ainte-Genei!e, oB ous la o$e? 0oupée dans sa pro#ondeur. Le long de 0ette #a;ade, entre la maison et le 2ardinet, r!gne un 0ailloutis en 0uette, large d'une toise, deant leuel est une allée sablée, bordée de géraniums, de lauriers-roses et de grenadiers plantés dans de grands ases en #a<en0e bleue et blan01e. Dn entre dans 0ette allée par une porte b:tarde, surmontée d'un é0riteau sur leuel est é0rit6 +"I%D/-"UU(E, et dessous6
 Pension bourgeoise des deux sexes et autres
. Pendant le 2our, une porte  0laire-oie, armée d'une sonnette 0riarde, laisse aper0eoir au bout du  petit paé, sur le mur opposé  la rue, une ar0ade peinte en marbre ert par un artiste du uartier. %ous le ren#on0ement ue simule 0ette peinture, s'él!e une statue représentant l'"mour. " oir le ernis é0aillé ui la 0oure, les amateurs de s$mboles $ dé0ouriraient peut-8tre un m$t1e de l'amour parisien u'on guérit  uelues pas de l. %ous le so0le, 0ette ins0ription  demi e##a0ée rappelle le temps auuel remonte 0et ornement par l'ent1ousiasme dont il témoigne pour oltaire, rentré dans Paris en 3FFF6
Qui que tu sois, voici ton maître:
 
 Il l'est, le fut, ou le doit tre.
 " la nuit tombante, la porte  0laire-oie est rempla0ée par une porte pleine. Le 2ardinet, aussi large ue la #a;ade est longue, se troue en0aissé par le mur de la rue et par le mur mito$en de la maison oisine, le long de lauelle pend un manteau de lierre ui la 0a01e enti!rement, et attire les $eux des  passants par un e##et pittoresue dans Paris. C1a0un de 0es murs est tapissé d'espaliers et de ignes dont les #ru0ti#i0ations gr8les et poudreuses sont l'ob2et des 0raintes annuelles de madame auuer et de ses 0onersations ae0 les pensionnaires. Le long de 01aue muraille, r!gne une étroite allée ui m!ne  un 0ouert de tilleuls, mot ue madame auuer, uoiue née de Con#lans, pronon0e obstinément
tieuille
, malgré les obserations grammati0ales de ses 1>tes. (ntre les deux allées latérales est un 0arré d'arti01auts #lanué d'arbres #ruitiers en uenouille, et bordé d'oseille, de laitue ou de persil. %ous le 0ouert de tilleuls est plantée une table ronde peinte en ert, et entourée de si!ges. L, durant les 2ours 0ani0ulaires, les 0onies asse? ri01es pour se permettre de prendre du 0a#é iennent le saourer par une 01aleur 0apable de #aire é0lore des oeu#s. La #a;ade, éleée de trois étages et surmontée de mansardes, est b:tie en moellons, et badigeonnée ae0 0ette 0ouleur  2aune ui donne un 0ara0t!re ignoble presue toutes les maisons de Paris. Les 0in 0roisées  per0ées  01aue étage ont de petits 0arreaux et sont garnies de 2alousies dont au0une n'est releée de la m8me mani!re, en sorte ue toutes leurs lignes 2urent entre elles. La pro#ondeur de 0ette maison 0omporte deux 0roisées ui, au re?-de-01aussée, ont pour ornement des barreaux en #er, grillagés. erri!re le b:timent est une 0our large d'eniron ingt pieds, oB ient en bonne intelligen0e des 0o01ons, des poules, des lapins, et au #ond de lauelle s'él!e un 1angar  serrer le  bois. (ntre 0e 1angar et la #en8tre de la 0uisine se suspend le garde-manger, au-dessous duuel tombent les eaux grasses de l'éier. Cette 0our a sur la rue /eue-%ainte-Genei!e une porte étroite par oB la 0uisini!re 01asse les ordures de la maison en netto$ant 0ette sentine  grand ren#ort d'eau, sous peine de pestilen0e.  /aturellement destiné l'exploitation de la pension bourgeoise, le re?-de-01aussée se 0ompose d'une premi!re pi!0e é0lairée par les deux 0roisées de la rue, et oB l'on entre par une porte-#en8tre.
 
Ce salon 0ommuniue  une salle  manger ui est séparée de la 0uisine par la 0age d'un es0alier dont les mar01es sont en bois et en 0arreaux mis en 0ouleur et #rottés. Eien n'est plus triste  oir ue 0e salon meublé de #auteuils et de 01aises en éto##e de 0rin  raies alternatiement mates et luisantes. "u milieu se troue une table ronde  dessus de marbre %ainte-"nne, dé0orée de 0e 0abaret en por0elaine blan01e ornée de #ilets d'or e##a0és  demi, ue l'on ren0ontre partout au2ourd'1ui. Cette pi!0e, asse? mal plan01éiée, est lambrissée  1auteur d'appui. Le surplus des  parois est tendu d'un papier erni représentant les prin0ipales s0!nes de
!élémaque
, et dont les 0lassiues personnages sont 0oloriés. Le panneau d'entre les 0roisées grillagées o##re aux  pensionnaires le tableau du #estin donné au #ils d'Ul$sse par Cal$pso. epuis uarante ans, 0ette  peinture ex0ite les plaisanteries des 2eunes pensionnaires, ui se 0roient supérieurs  leur position en se mouant du d@ner auuel la mis!re les 0ondamne. La 01eminée en pierre, dont le #o$er tou2ours  propre atteste u'il ne s'$ #ait de #eu ue dans les grandes o00asions, est ornée de deux ases pleins de #leurs arti#i0ielles, ieillies et en0agées, ui a00ompagnent une pendule en marbre bleu:tre du  plus mauais got. Cette premi!re pi!0e ex1ale une odeur sans nom dans la langue, et u'il #audrait appeler l'
odeur 
 de pension. (lle sent le ren#ermé, le moisi, le ran0e7 elle donne #roid, elle est 1umide au ne?, elle pén!tre les 8tements7 elle a le got d'une salle oB l'on a d@né7 elle pue le seri0e, l'o##i0e, l'1ospi0e. Peut-8tre pourrait-elle se dé0rire si l'on inentait un pro0édé pour éaluer les uantités élémentaires et nauséabondes u'$ 2ettent les atmosp1!res 0atarr1ales et
 sui generis
 de 01aue pensionnaire, 2eune ou ieux. (1 bienA malgré 0es plates 1orreurs, si ous le 0omparie?  la salle  manger, ui lui est 0ontiguH, ous trouerie? 0e salon élégant et par#umé 0omme doit l'8tre un boudoir. Cette salle, enti!rement boisée, #ut 2adis peinte en une 0ouleur indistin0te au2ourd'1ui, ui #orme un #ond sur leuel la 0rasse a imprimé ses 0ou01es de mani!re  $ dessiner des #igures  bi?arres. (lle est plauée de bu##ets gluants sur lesuels sont des 0ara#es é01an0rées, ternies, des ronds de moiré métalliue, des piles d'assiettes en por0elaine épaisse,  bords bleus, #abriuées  Tournai. ans un angle est pla0ée une boite  0ases numérotées ui sert  garder les seriettes, ou ta01ées ou ineuses, de 01aue pensionnaire. Il s'$ ren0ontre de 0es meubles indestru0tibles,  pros0rits partout, mais pla0és l 0omme le sont les débris de la 0iilisation aux In0urables. ous $ errie? un barom!tre  0apu0in ui sort uand il pleut, des graures exé0rables ui >tent l'appétit, toutes en0adrées en bois erni  #ilets dorés7 un 0artel en é0aille in0rustée de 0uire7 un po8le ert, des uinuets d'"rgand oB la poussi!re se 0ombine ae0 l'1uile, une longue table 0ouerte en toile 0irée asse? grasse pour u'un #a0étieux externe $ é0rie son nom en se serant de son doigt 0omme de st$le, des 01aises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie ui se déroule tou2ours sans se perdre 2amais, puis des 01au##erettes misérables  trous 0assés,  01arni!res dé#aites, dont le bois se 0arbonise. Pour expliuer 0ombien 0e mobilier est ieux, 0reassé, pourri, tremblant, rongé, man01ot, borgne, inalide, expirant, il #audrait en #aire une des0ription ui retarderait trop l'intér8t de 0ette 1istoire, et ue les gens pressés ne pardonneraient pas. Le 0arreau rouge est plein de allées  produites par le #rottement ou par les mises en 0ouleur. (n#in, l r!gne la mis!re sans poésie7 une mis!re é0onome, 0on0entrée, r:pée. %i elle n'a pas de #ange en0ore, elle a des ta01es7 si elle n'a ni trous ni 1aillons, elle a tomber en pourriture. Cette pi!0e est dans tout son lustre au moment oB, ers sept 1eures du matin, le 01at de madame auuer pré0!de sa ma@tresse, saute sur les bu##ets, $ #laire le lait ue 0ontiennent plusieurs 2attes 0ouertes d'assiettes, et #ait entendre son
rourou
 matinal. )ient>t la eue se montre, atti#ée de son  bonnet de tulle sous leuel pend un tour de #aux 01eeux mal mis7 elle mar01e en tra@nassant ses  pantou#les grima0ées. %a #a0e ieillotte, grassouillette, du milieu de lauelle sort un ne? be0 de  perrouet7 ses petites mains potelées, sa personne dodue 0omme un rat d'église, son 0orsage trop  plein et ui #lotte, sont en 1armonie ae0 0ette salle oB suinte le mal1eur, oB s'est blottie la spé0ulation et dont madame auuer respire l'air 01audement #étide sans en 8tre é0oeurée. %a #igure #ra@01e 0omme une premi!re gelée d'automne, ses $eux ridés, dont l'expression passe du sourire  pres0rit aux danseuses  l'amer ren#rognement de l'es0ompteur, en#in toute sa personne expliue la  pension, 0omme la pension impliue sa personne. Le bagne ne a pas sans l'argousin, ous n'imaginerie? pas l'un sans l'autre. L'embonpoint bla#ard de 0ette petite #emme est le produit de 0ette ie, 0omme le t$p1us est la 0onséuen0e des ex1alaisons d'un 1>pital. %on 2upon de laine tri0otée,

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