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THEME DE COMPREHENSION - MONDIALISATION ETUNIFORMISATION CULTURELLE ?
SUJET – 
la mondialisation culturelle (que certains qualifient d’ occidentalisation oud’américanisation! ) met elle en danger la diversité culturelle, nécessitant alors la mise en oeuvre depolitiques d’exception culturelle qui refuseraient d’assimiler la culture à une marchandise ?Introduction :En introduction regardez le début de la conférence de JP Warnier pour canal U :
Les sociétés face à la mondialisation des flux culturels
La globalisation des flux de produits culturels fait craindre à certains qu'on assiste à uneuniformisation des cultures du monde. C'est déjà ce que redoutait Arthur de Gobineauau 19ème siècle. A l'encontre de cette opinion, deux arguments sont à prendre encompte. Ils sont en général mal compris des publics auxquels je m'adresse, et c'est surces deux points que portera la conférence. En premier lieu, plus que jamais, l'humanitéest fragmentée par des conflits innombrables et souvent violents entre groupes,catégories sociales, communautés, pays. Ces conflits sont d'ordre politique au senslarge du terme. Ils sont en partie alimentés par des clivages culturels. Mais ils ont aussipour conséquence de produire, en permanence, des éléments de culture qui nourrissentla divergence culturelle. En d'autres termes, du fait des conflits politiques, l'humanitéest une machine à produire de la différence culturelle. Dans la relation d'opposition,chacun cultive ses spécificités. Deuxième argument : les pronostics pessimistes sur lamondialisation de la culture procèdent tous d'une observation de l'offre globalisée deproduits culturels (cinéma, musique, presse, mais aussi jouets, alimentation, etc.). Or,en observant la réception localisée, en faisant un travail d'ethnologue, on constate queles produits hicus par les flux mondiaux servent de mariaux pour desconstructions culturelles locales diversifiées. Pour autant, tout motif de préoccupationne disparaît pas. L'émiettement culturel est avéré. Les créations locales n'ont pas accèsaux techniques industrielles et en pâtissent.
Document 1 :A:
 
Source : sciences po, atelier de carthographieB :La "diversité culturelle" apparaît donc comme l’expression positive d’un objectif général à atteindre : la miseen valeur et la protection des cultures du monde face au danger de l’uniformisation. Dans cette perspective, ilest de fait que l’"exception culturelle " représente un des moyens parmi ceux qui peuvent conduire à la protection et à la mise en valeur de la diversité culturelle. Un élément clef du raisonnement réside dansl’affirmation que les biens et services culturels (livres, disques, jeux multimédia, films et audiovisuel) ne sont pas comparables à d’autres marchandises et services. C’est pourquoi ils méritent un traitement différent ouexceptionnel qui les protège de la standardisation commerciale allant de pair avec la consommation de masseet les économies d’échelle. Cela implique logiquement, au minimum, un traitement, lui aussi "différent", àl’intérieur des accords qui régissent le commerce international. Il importe de pouvoir mettre en place un cadreréglementaire efficace et de définir des politiques culturelles gouvernementales qui permettent de promouvoir La doctrine de " l’exception culturelle " repose sur le principe que les biens et les services culturels, du fait deleur relation à la culture sont d’une nature particulière qui va au-delà des seuls aspects commerciaux. Ilsvéhiculent des contenus, des valeurs et des modes de vie qui sont partie prenante de l’identité culturelle d’un pays et reflètent la diversité créatrice des individus. Or, durant la dernière étape des négociations du Cycle del’Uruguay, certains pays ont considéré que l’application des principes du GATT - tout particulièrement letraitement national et la clause de la nation la plus favorisée – au commerce des biens et services culturelsainsi qu’aux droits d’auteur menaçait la prise en compte de la spécificité culturelle de ceux-ci en faveur deleurs aspects purement marchands.De plus, la survie des industries culturelles – spécialement le cinéma et l’audiovisuel – peut dépendreuniquement de la restriction aux importations de produits similaires ou de subventions concédées par l’Etat àdes industries nationales, en raison de leur caractère culturel. Soumises aux seules règles de caractèrecommercial comme n’importe quel autre secteur d’activités, elles seraient rapidement remplacées par d’autres productions fortement financées du fait de leur situation de monopole ou de leur implantation multinationale.C’est pourquoi certains négociateurs considéraient que des mesures d’action positive étaient nécessaires pour maintenir et développer une production nationale viable que puisse refléter les expressions culturelles localeset éviter une standardisation des goûts et des comportements sociaux.Source :http://www.unesco.org/culture/industries/trade/html_fr/question16.shtml#16.Document 2 :Deux camps s’opposent en mai 1993 suite à la position française d’exception culturelle, refusant l’inclusion ducima (et à degré moindre de l’audiovisuel) dans la liste des produits ou services à «libérer» :- les «libre-échangistes» (ou hyperlibéraux selon les Européens) qui prônent l’abandon total des mesures de
 
 protection avec pour champion les Etats-Unis (mais pas seulement) ;- les «exceptionnistes» (ou protectionnistes selon les Etats-Unis) qui veulent le maintien des industriesnationales sans pour autant fermer hermétiquement leurs frontières. Leur champion en est l’UnionEuropéenne, impulsée par la France et soutenue par le Canada.Selon les exceptionnistes, les Etats ont le droit de conduire des politiques nationales destinées à faire vivre sur leur territoire les industries culturelles. Ils souhaitent donc maintenir les dispositifs de soutien mis en place pour les arts et la culture, avec une extension prenant en compte le dernier-né des arts, le cinéma. Ils ne sonttoutefois pas en faveur d’un rideau de fer, car ils connaissent, en tout pragmatisme, leur dépendance à l’égarddes collections et des catalogues américains et ils ne s’opposent pas à l’innovation technique ou à l’évolutionéconomique. Economiquement toutefois, les exceptionnistes considèrent que le marché mondial dont il s’agitest un faux marché, dominé par un petit nombre d’entreprises multinationales pilotées par les Etats-Unis (oudont les fonds de pension américains sont les principaux actionnaires). Certains dénoncent même la réalité du protectionnisme américain, pays qui importe moins de 1 % de la production cinématographique mondiale.Culturellement, ils s’opposent aussi à la perception que le cinéma (et l’audiovisuel) soit une simple industriede divertissement et le conçoivent comme un art, relevant d’un patrimoine. Les exceptionnistes, , font valoir un certain nombre de droits: la logique du marché à elle seule ne peut garantir la diversité; les moyens dereprésentation de l’identité d’un pays ne peuvent être laissés à un tiers; la défense du pluralisme est une formede défense de la liberté d’expression; les oeuvres de l’esprit ne sont pas une marchandise comme une autre;chaque peuple détient le droit au développement de sa propre culture; la liberté de création se doit d’être plurielle et pluraliste. Par voie de conséquence, certains devoirs incombent aux nations: les pouvoirs publicsont le devoir de rééquilibrer les extrêmes du marché; les Etats sont habilités à protéger les industriesmédiatiques du fait des plus grands risques financiers qu’elles courent; les mesures de discrimination positive(comme les quotas) aident à combler le handicap national face à Hollywood .Les libre-échangistes, à l’inverse, considèrent que le cinéma est un divertissement, à base industrielle, aumême titre que le vélo ou le jeu de cartes; ils rejettent toute idée de protection de cette industrie, arguant dufait qu’ils n’ont pas eux-mêmes de pratique concertée au niveau fédéral en ce qui concerne la communication,l’information, la culture. En effet, il n’existe pas aux Etats-Unis de ministère dédié à ces pratiques, qui setrouvent regroupées au sein du ministère de l’économie et du commerce. Sans ambiguïté ni état d’âme, ilsdemandent donc l’abrogation de toute barrière douanière et de tout subside d’Etat allant à ces produits. Leslibre-échangistes, notamment par la voix de Jack Valenti, président de la très puissante Motion PicturesAssociation of America (MPAA) , émettent des critiques davantage dictées par le pragmatisme et la logiqueéconomique: l’exception est une approche élitiste et passéiste; le protectionnisme est une contravention à laliberté d’expression et de consommation; la mainmise de l’Etat sur la culture ne crée pas le talent et nuit àl’art; l’exception favorise le développement d’une mentalité d’assistés de la création; elle constitue uneentrave à la concurrence et une perversion du marché; le refus de la réduction des coûts menace l’améliorationdu niveau de vie de l’ensemble de la planète; l’inefficacité du protectionnisme mène au gaspillage des fonds publics; le déterminisme technologique rendra caduques toutes les politiques nationales par les effets de lanumérisation (qui inévitablement provoquera la dissémination des produits américains).Source : Exception culturelle, politiques nationales et mondialisation: enjeux de démocratisation et de promotion du contemporain Divina Frau-Meigs, in :http://www.audiovisualcat.net/publications/Q14france.pdf  Document 3 :La mondialisation actuelle nous montre ce que le développement a été et que nous n'avons jamais voulu voir.Elle est, en effet, le stade suprème de l'impérialisme de l'économie. Rappelons la formule cynique d'HenryKissinger : “La mondialisation n'est que le nouveau nom de la politique hégémonique américaine". Mais alorsquel était l'ancien nom ? C'était tout simplement le développement économique lancé par Harry Truman en1949 pour permettre au Etats-Unis de s'emparer des marchés des ex-empires coloniaux européens et éviter auxnouveaux Etats indépendants de tomber dans l'orbite soviétique. Et avant l'entreprise développementiste ? Le plus vieux nom de l'occidentalisation du monde était tout simplement la colonisation et le vieil impérialisme.Si le développement, en effet, n'a été que la poursuite de la colonisation par d'autres moyens, la
nouvelle
mondialisation, à son tour, n'est que la poursuite du développement avec d'autres moyens. Mondialisation etaméricanisation sont des phénomènes intimement liés à un processus plus ancien et plus complexe :l'occidentalisation. (...)Ce n'est qu'au terme d'une longue Odyssée que l'idéologie et la "culture" occidentales aboutiront àl'économicisation de la vie. Il est vrai que ce processus a été poussé le plus loin aux Etats Unis, terre vierge oùle poids de l'histoire était quasi-absente.
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