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Spinoza - La Politique La Raison, Les Affects

Spinoza - La Politique La Raison, Les Affects

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Simona Ferlini
LA RAISON ET LES AFFECTSDANS LA PENSEE POLITIQUE DU DERNIER SPINOZA
1.
Le rôle de la raison.
Dans son dernier ouvrage, le
Traité Politique
, Spinoza attribueà la raison le rôle de condition nécessaire pour l'existence den'importe quelle communauté politique. En effet, unecommunauté politique existe, pour Spinoza, à chaque fois quedes hommes s'accordent et rassemblent leurs puissancesindividuelles pour pouvoir agir ensemble: "si duo simulconveniant, et vires jungant, plus simul possunt, etconsequenter plus juris in naturam simul habent, quamuterque solus, et quo plures necessitudines sic junxerint suas,eo omnes simul plus juris habebunt"
1
, mais cet accord et cetteunion ont, comme condition nécessaire, celle de poursuivrerationnellement l'int commun. Pour agir ensemble, lamultitude d'hommes qui constitue l'Etat (ou n'importe quelleautre communau) a besoin d'être conduite "una velutimente (...). At haec animorum unio concipi nulla rationeposset, nisi Civitas id ipsum maxime intendat, quod sana ratioomnibus hominibus utile esse docet"
2
. La puissance communese rapproche plus de sa plus haute puissance lorsque lesdécisions qui concernent son exercice sont plus rationnelles,car dans ce cas les puissances de tous peuvent s'unir au plushaut degré.La tâche de la théorie politique est alors celle d'établir
1
 
 TP,II,15.2 TP,III,7.
 
Ferlini
Raison et affects 2
quelles sont les conditions nécessaires pour que la multitudepuisse atteindre ce degré maximum de cosion et depuissance. En revanche, toute décision irrationnelle,provoquant l'indignation d'une partie de la multitude, diminuecette me puissance, étant donné que les puissancesindividuelles qui la constituent s'opposent l'une l'autre avecplus ou moins de force, au lieu de s'accorder et s'unir entreelles: "quia Jus Civitatis communi multitudinis potentiadefinitur, certum est, potentiam Civitatis, et Jus, eatenusminui, quatenus ipsa causas praebet, ut plures in unumconspirent"
3
. Une absolue rationalidans la conduite desaffaires communes engendrerait alors une absolue puissancede la multitude, tandis que tout manque de rationalitédiminuerait cette puissance. La forme meilleure degouvernement est donc celle qui réussit à atteindre cetterationalité et cette puissance absolues (ou, du moins, celle quis'en s'approche le plus): l'
imperium absolutum
4
.Du seul fait que Spinoza définit le pouvoir politique par lapuissance commune des citoyens, il peut alors établir uneétroite connexion entre le pouvoir politique et le consensus.Au fur et à mesure qu'il accomplit des actes irrationnels, lesouverain perd de son pouvoir, parce que ces actesengendrent l'indignation de ses sujets. En revanche, larecherche rationnelle du bien commun est la conditionessentielle du consensus, donc le fondement des loisnaturelles, "seu regulis, sine quibus Civitas non esset Civitas"
5
.
3 TP,III,9.4 Voire TP,V,2; VIII,7, et
 passim
.5 TP,IV,4.
 
Ferlini
Raison et affects 3
S'il agit de façon irrationnelle, le souverain "pêche" envers ceslois, et sa peine est l'affaiblissement, et, à l'extrême limite, laruine, de son pouvoir. De ce point de vue, la raison fait valoirses droits sous la menace que représente indignationpopulaire: elle apparaît donc comme une limite du pouvoir.Cependant, le modèle que Spinoza propose n'a rien à voiravec celui de la distinction entre Etat et société civile, cette dernière contrôle le premier à travers l'opinion publique.Ce mole n'est pas seulement postérieur à la mort duphilosophe, mais aussi très loin des fondements de sa théoriepolitique. Bien sûr, dans son analyse du pouvoir, il existe lapossibilité d'une distinction entre ceux qui tiennent l'
imperium
(les "summae potestates") et la multitude. Mais la meilleureforme de gouvernement est le "omnino absolutumimperium"
6
, à savoir celle où cette distinction est abolie, car leseul fait d’exclure une partie des citoyens du pouvoirengendre une opposition, à l'intérieur de la multitude, entreceux qui exercent le pouvoir et ceux qui en sont exclus. Cetteopposition diminue la puissance commune, et, lorsque elle estprésente, l’
imperium
ne peut pas être absolu
7
.
6 TP,XI,1.7 TP,VIII, 4.

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