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Le Temps de La Passion

Le Temps de La Passion

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03/11/2014

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Le Temps de la Passion
Dans le récit de la Passion nous verrons que plusieurs fois le Christ a répété qui il était et à quoi on devait regarder en regardant en lui. Jésus, n’est pas « quelqu’un ». Il est l’Eternel, l’Absolu. Il est Cela d’où tout procède, en qui tout vit et grandit et à qui tout retourne immanquablement. Il l’a affirmé et répété, notamment lors du dernier repas de Pâques, lorsqu’il dit à ses disciples : « Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez en moi ». Et encore : « Celui qui m’a vu a vu le Père, celui qui m’a entendu a entendu le Père ». Après le dernier repas Jésus s’en va au Jardin des Oliviers à Gethsémani où il prie : « Père, s’il est possible que cette coupe s’éloigne de moi… toutefois non pas ce que je veux, mais ce que Toi, Tu veux ». Il ne s’agit nullement ici de l’angoisse d’un homme devant la torture. Jésus affronte sa Passion en Roi, en Maître. Il n’est pas la victime, il est celui qui accomplit, selon sa sagesse, selon son autorité qui est celle de Dieu Lui-même. Son angoisse à Gethsémani, c’est l’angoisse divine devant notre ignorance humaine qu’elle sait et qu’elle va régénérer, racheter, qu’elle va élever vers la connaissance de la lumière, vers la compréhension de l’unité, vers le triomphe de l’Esprit dans l’incarnation qui est Golgotha. Golgotha c’est le crâne, c’est le Saharâna des Hindous, ce sommet de la conscience qui va s’épanouir dans la fleur à mille pétales et s’accomplir dans la Vérité de l’Unité. Et c’est pourquoi Jésus, à la fin de la crucifixion, dira : « Tout est consommé ! ». Cette angoisse de Jésus devant l’immense ignorance de l’humanité, nous la voyons tous les jours en nous-mêmes comme dans le monde, cette incapacité de sortir de l’aspect dualiste de la vie, des oppositions bien et mal, vie et mort, agréable et désagréable, de cette impossibilité dans laquelle nous sommes de connaître Dieu dans sa nature, l’Eternel qui n’a ni commencement, ni fin, ni division, qui est seul et toujours le même sous tous les noms qu’il se donne ici-bas pour se faire connaître et se faire aimer. Saint Augustin a dit : « Le Christianisme a toujours existé, depuis la fondation, depuis le commencement de la génération humaine. » Seulement cela n’a été appelé Christianisme qu’après que Jésus soit venu dans sa chair. L’opposition entre les religions est encore une fabrication de notre mental. Il y a la révélation dont la possibilité est dans tout homme à condition que sa conscience dualiste s’efforce de marcher vers l’unité, quelle que soit la couleur de sa peau, quel que soit son langage ici-bas, quel que soit le pays auquel il appartient, quelle que soit la religion qui est la sienne. Et ce chemin vers l’unité se trouve quand on se débarrasse des noms, des formes, des apparences, lorsqu’on ne fait plus de tous ces personnages qui se trouvent dans la Bible, des personnages qu’on admire ou que l’on condamne, car ils sont tous en nous, des éléments de notre propre nature. Evangile veut dire : la Bonne Nouvelle. Et dans l’Apocalypse, chap. 6 Jean, à Patmos, voit un Ange traverser le ciel, portant dans sa main droite Un Evangile Universel pour toute langue, toute nation, toute tribu. Il n’y a rien à supprimer, à exclure, mais au contraire, il y a tout à embrasser, le monde entier et une foi en l’invisible Réalité, plus réelle que la visible complexité dans laquelle nous vivons. Etudiée de cette manière, la Passion perd son caractère agressif et devient en nous un chemin d’élévation. Car, comme le disait saint Evagre-le-Pontique au IV
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 siècle : « La prière est une élévation de l’intelligence vers Dieu ». Et nos Tenues, mes Frères, sont des prières, des moments d’oraison, pendant lesquels nous nous efforçons d’acquérir une compréhension meilleure, une tolérance plus vraie, plus juste. Elles nous mènent aussi vers un épanouissement, car la vie de l’Esprit est un épanouissement qui n’a pas de fin. Sortir de l’exiguïté historique des textes, c’est leur rendre leur valeur divine actuelle en nous, éternelle en nous-mêmes.
 
Lorsque Jésus fut arrêté et qu’un de ses disciples eut frappé l’un des soldats du principal sacrificateur, Jésus lui dit : « Mais ne crois-tu pas que si je le lui demandais, mon Père enverrait plus de douze Légions d’Anges pour me délivrer ? » En effet, Jésus pouvait mettre un terme immédiat à sa Passion par l’illumination intérieure qui le soustrairait à tout acte sur la terre. Il pouvait par le samadhi mettre fin à cette Passion. Jésus ajoute : « Mais si je le faisais, comment donc s’accomplirait l’Ecriture selon laquelle il faut que les choses se fassent? ». Les Ecritures sacrées ne sont pas des textes qui nous expliquent ce qui va arriver dans le temps, mais elles expliquent ce qui est la Loi immuable et fondamentale de l’existence qui vient de l’Eternel et qui n’est pas une tradition d’hommes. Comme l’a dit Jésus aux Pharisiens: « Vous respectez la tradition d’hommes et vous oubliez la Loi de l’Eternel ! ». Cette Loi est la structure de l’Univers dont la rédemption est la base. La descente dans la conscience relative et la possibilité de remonter vers l’Eternel, vers l’infini qui est la rédemption, est née en même temps que la Création. L’Ecriture, qu’est-ce que c’est ? C’est le déroulement du pas à pas dans l’incarnation et si Jésus mettait face à face sa Passion et une illumination qui le soustrairait à toute action humaine, il ne réaliserait pas ce chemin que tout homme a à vivre pour s’élever peu à peu vers la vision de la Vérité dans l’Unité. Toutes ces étapes du jugement, de la condamnation et de la crucifixion de Jésus sont les sept plans de conscience gravis jusqu’au suprême où l’Esprit triomphe de l’incarnation. Et c’est pourquoi Jésus, le Maître, le Christus-Rex, accomplit sa Passion pour qu’elle soit le chemin rédempteur de l’humanité en chacun de nous et en tous. Malgré tous les faux témoignages donnés devant le Sanhédrin, devant le Grand Prêtre Caïphe, il n’y a pas de raison pour condamner Jésus à mort. C’est alors que Caïphe, qui est en nous la conscience mentale individuelle, encore totalement dominée par le moi individuel, par l’égo, par les passions, par la violence, par les instincts, lui pose la question : « Je t’adjure par le Dieu vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu ? ». Alors Jésus, qui jusque-là avait gardé le silence, ne répondant à aucune question, dit : « Tu l’as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’Homme assis à la droite de la puissance de Dieu et venant sur les nuées du Ciel. » Il annonce donc sa révélation sur la terre, sa révélation dans l’incarnation. Le Christ, assis à la droite du Père en nous, dans notre intelligence vraie, nous conduit à l’extase, à l’état où la conscience humaine est fondée dans sa base divine, originelle, essentielle. Alors, les souverains sacrificateurs, déchirant leurs vêtements, s’écrient : « Il a blasphémé ! Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Il mérite la mort ! ». Puis ils lui crachèrent au visage, ils lui donnèrent des coups de poing et des soufflets, disant : « Christ, prophétise, dis-nous qui t’a frappé ? ». Je vais avoir l’air de me faire l’avocat du diable en vous disant que dans la réponse du Grand Prêtre Caïphe il y a pourtant quelque chose de juste ! Parce que c’est vrai pour lui et pour le Sanhédrin, pour les Pharisiens et pour tous ceux qui sont là, gardiens d’une tradition humaine qu’ils croient être la Loi divine. Pour eux c’est vrai que l’individu qui se considère comme étant Dieu, blasphème et mérite la mort. Caïphe est incapable de voir en Jésus autre chose qu’un individu, c’est-à-dire une incarnation de Dieu. C’est une grâce de pouvoir le voir, et quand l’Apôtre Pierre, répondant à Jésus qui demande à ses disciples : « Qui dit-on que je suis? » répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! », il voit Dieu en Jésus. Et celui-ci lui répond : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont appris cela, mais c’est mon Père qui est dans les Cieux. ». C’est donc bien la voix de Dieu en l’homme qui permet de reconnaître Dieu en Christ. Mais, pour cela, il faut une certaine pureté intérieure : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ! ».
 
« Je suis Dieu », a dit Jésus. Il dit cela du haut d’une conscience qui voit Dieu en toute vie, qui est unie à l’Eternel. Voilà pourquoi, dans sa bouche, c’est vrai. Le passage du reniement de Pierre nous donne une immense leçon. Loin d’être condamnable ou sujet à mépriser un disciple qui, comme les autres, une fois Jésus arrêté, prend la fuite, c’est la déroute de la piété mentale, dualiste, qui ne comprend pas les sacrifices du moi individuel. Pierre reste cependant pour voir ce qui va se passer. Etant assis dans la cour, une servante s’approche de lui et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ». Et c’est là que Pierre nie connaître Jésus. Il est là, il ne comprend pas, lui qui répondit à Jésus, annonçant sa fin prochaine : « Qu’à cela ne plaise, Seigneur, cela ne t’arrivera pas ! ». Jésus, alors lui avait répondu : « Arrière de moi, Satan, car tes paroles ne viennent pas de Dieu, mais des hommes ! ». Donc, sitôt avoir vu Dieu en Christ, Pierre déjà n’en acceptait pas la conséquence. Pierre n’est pas encore prêt à accepter cette mort en soi. Jésus, d’ailleurs, le lui dit au chap. XIII de l’Evangile selon saint Jean : « Tu ne peux me suivre maintenant où je vais, mais tu me suivras plus tard ! ». Pierre est encore cette piété sincère, mais dualiste, qui ne comprend pas qu’il faudra se détacher même du visage aimé du Christ. Et surtout ce qu’il ignore encore, c’est la faiblesse de sa foi qu’il doit dépasser. C’est précisément grâce à ce petit passage du reniement qu’il arrivera à dépasser cette faiblesse et cette impuissance. Je suis toujours émerveillé de voir combien dans la Bible aucun mot n’est superflu et combien tous les détails sont importants, instructifs, pour peu que l’on sorte de l’histoire pour entrer dans leur signification spirituelle. « Toi aussi, tu étais avec le Galiléen ! » A ce moment nous sommes à Jérusalem, donc en Judée. Jérusalem, c’est l’homme ancien, attaché à son moi individuel qui va mettre à mort Jésus. C’est donc le lieu du sacrifice, de l’incompréhension, de l’inconscience, c’est le lieu du vieil homme qui aura à mourir à soi jusqu’à ce que, transfiguré, il accède auprès de Dieu. La Jérusalem nouvelle, la Jérusalem transfigurée, c’est l’homme nouveau. Nous sommes au moment où l’homme, non transfiguré, mais au seuil de la transfiguration, est encore assis dans son égoïsme, dans son orgueil. Mais Jésus a vécu à Nazareth, en Galilée. Il a réuni ses disciples en Galilée. La Galilée est donc le pays de l’homme nouveau, de la naissance nouvelle, et quand on vient dire à Pierre : « Mais toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! », cela veut dire : tu fais partie d’un autre état d’esprit, d’une autre mentalité. Et on va encore lui dire : « Ton langage te fait connaître ». Sans le vouloir, sans le savoir, Pierre fait déjà partie de cette Passion, c’est-à-dire de cette mort à soi, pour que puisse être l’homme nouveau, l’homme qui, au-delà de la mort et de l’apparence dans la dualité, vit dans la Vérité de l’union avec Dieu. Pierre ne sait pas ce que veut dire la servante. La servante est déjà une voix de sa propre conscience. Et Pierre se souvient des paroles de Jésus : « En vérité, je te le dis, avant que le coq ne chante, tu m’auras renié trois fois ! » Ce n’était pas une menace, mais bien au contraire, c’était déjà le chemin de la miséricorde qui avance en Pierre et va le conduire à l’abandon de sa faiblesse pieuse, pour une consécration plus totale. Pour l’instant, Pierre ne sait pas ce que veut dire la voix de la servante, il préfère ne pas s’engager… « Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit et dit à ceux qui se trouvaient là : » Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth ! « … » Se dirigeant vers la porte, ce n’est pas selon l’apparence les serviteurs de Caïphe que suit Pierre, mais en réalité, c’est lui-même qu’il suit. C’est cette voix, ce souvenir en lui qu’il veut fuir, qu’il ne peut supporter pour l’instant. Il veut être seul, il ne veut plus rien entendre, car il pressent qu’au terme de ce qu’il entend maintenant, il va rencontrer Jésus. Il se fuit lui-même, sa faiblesse, sa peur, son incompréhension. Encore une fois il nie avec serment : « Je ne connais pas cet homme ! ». Effectivement, il ne connaît pas l’homme nouveau, l’homme de Nazareth, de Galilée.

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