bon produit n'est jamais le fruit d'un compromis .En réalité, l'ambiance de ces réunions hebdomadaires du vendredi n'est pas si électrique. Sous l'oeildu vice-président Carl Henrik Jeppesen, garant de la marque et chef de l'Idealand, se font face ledesigner, le directeur technique et les responsables de la coordination des projets. Aucunreprésentant du marketing, de la finance ou des ventes n'a sa place à ce stade. La création est uneaffaire d'intuition. Aussi modeste qu'enthousiaste, Peter Petersen, directeur technique, affirme nenourrir aucune frustration d'avoir ainsi à obéir aux désirs d'un non-technicien. Organisée en pools decompétences, son équipe de recherche-développement de 250 personnes forme, selon lui, unorchestre conduit par le designer .Et même si la partition se révèle particulièrement enlevée, les musiciens s'efforcent d'éviter lescouacs.Réussir à marier dans la même image design et high-tech Pourtant, il a bien fallu faire desconcessions aux lois du marché.Sans sacrifier sa légendaire intuition sur l'autel du marketing, l'équipe du développement de projetss'est pliée aux concept tests auprès de panels de consommateurs. Pour éviter les gros flops avantd'entrer en phase de production, mais sûrement pas pour amender le produit en fonction desréactions des panels , précise Carl Henrik Jeppesen. David Lewis laisse faire - puisqu'il le faut -sans y croire : Méfions-nous du conformisme : les gens peuvent détester une chose un jour etl'adorer le lendemain !De même, pour la première fois en 1992, B&O s'est intéressé à l'opinion qu'avaient de lui sesclients. Trop longtemps, la marque s'était reposée sur son image haut de gamme et sur le pouvoir d'achat supposé de ses utilisateurs. La gamme a donc été revue, étendue vers le bas pour toucher desacheteurs un peu moins fortunés. En même temps, un service marketing a été installé à Bruxelles, à proximité des marchés prioritaires (France, Grande-Bretagne, Allemagne).L'export représente en effet près de 80 % du chiffre d'affaires. Le réseau de distribution a étéredessiné et nettoyé des points de vente les moins rentables, tandis que B&O changeait presque tousses directeurs de filiales nationales. Un ancien de Thomson, Louis Laurent-Mazerolle, a ainsi éténommé DG-France il y a un an, après une première expérience dans la distribution de produits deluxe, chez Dunhill.Pour autant, Bang & Olufsen n'a pas perdu son âme. D'ailleurs, les études d'image ont conforté les principaux axes de son positionnement : le design, la technologie, l'intégration des systèmes (uneseule télécommande pour tous les appareils de la maison) et la convivialité à l'utilisation. Une desdifficultés consiste à marier dans la même image le design et le high-tech. Nous luttons contre lesyndrome de la jolie fille, sourit Anders Knutsen : sur son passage, les gens se retournent mais sedemandent ce que cache cette beauté. Sous le couvercle des jolies boîtes danoises, on trouveessentiellement de la technologie Philips (entré à hauteur de 25 % dans le capital de B&O),Thomson ou Hitachi. L'esthétisme vaut-il la différence de prix (du simple au double) ? Pour les puristes de la hi-fi, la valeur ajoutée de la marque danoise se limite à un emballage luxueux et à desgadgets parfois inutiles, comme le rideau qui se ferme automatiquement sur l'écran des téléviseursune fois le programme terminé. Les dirigeants de B&O ne l'entendent pas de cette oreille.Ils se comparent à un chef cuisinier qui achète les meilleurs ingrédients sur le marché et ajoute satouche personnelle à la sauce... avant de présenter l'addition. Pour ce faire, une équipe de veilletechnologique s'occupe de repérer sur le marché les innovations d'avenir. C'est ainsi que B&O peutafficher un budget de recherche- développement très modeste pour le secteur : 140 millions defrancs.Une innovation majeure tous les deux ans pour soutenir la croissance Un nouveau problème vientcompliquer la règle du jeu : la banalisation du design. Philips, Thomson, Nokia et consorts, géantsde l'électronique grand public, ont compris à leur tour l'intérêt de miser sur l'aspect autant que sur la
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