l’on peut constater l’évolution des outils, avec par exemple l’écriture formelle des nombres dans les
calculatrices, cela va de pair avec la complexification de ces mêmes outils. On peut faire la mêmeremarque sur la (con)
fusion entre l’objet d’étude mathématique
et sa représentation avec le logicielqui permet sa visualisation
. Utiliser un logiciel, une calculatrice, c’est utiliser un outil donc pouvo
iraller plus loin, modifier le regard. C
’est aussi prendre un risque qui doit être clairement identifié etcirconscrit. Il me semble que le rôle de l’enseignant e
st majeur dans ce « jeu » où les règles sontcachées-
découvertes, et c’était la raison principale pour laquelle j’étais partisan d’un apprentissage
encadré par un professeur, de mathématiques médiatisées par une couche logicielle. La nonévaluation rendant
mathématique du baccalauréat me semblait une bonne expérience de contact.
Je me dissocie de l’idée selon laquelle, sous couvert, de pureté de la méthode, de fidélité à la
tradition, les outils numériques et informatiques ne doivent pas pénétrer dans nos salles de cours,
tout comme aussi je ne crois pas à l’
utilisation inconditionnelle de ces mêmes outils comme origine
de la construction d’un savoir qui se répandrait sur plus d’élèves et plus facilement que des
méthodes plus traditionnelles.Je suis cependant porté
à croire que l’informatique et son utilisati
on au travers des applications etdes logiciels, modifie profondément la façon de penser, de percevoir le monde physique et celui des
connaissances. On ne peut pas limiter le phénomène à la croyance d’une
simple transposition dupapier vers un format numérique. Les objets manipulés sont profondément en train de changer denature et il sera bientôt impossible de les traiter, de les représenter et de les visualiser autrement
que par l’intermédiaire de couches logicielles. Il me semble donc très important de c
oncevoir et
ici avec les TIC et l’enseignement ne peut pas
en faire l’économie si dans quelque
temps, on veut encore enseigner « quelque chose » faisant sens, ce quelque chose se trouvant êtremodifié en profondeur par sa simple numérisation.
A chaque contact entre l’homme et la machine,ou l’homme et l’homme
, va maintenant correspondre une sorte de pacte communicationnel.
L’homme sera de plus en plus proche des formes numériques qu’il
aura personnalisées à loisir, lescontacts avec ses pairs seront
en rapport étroit avec ceux qu’il aura
tissés dans le monde numérique.Pour beaucoup la vision primaire sera celle provenant de la forme numérique et sera ensuitetransposée dans le monde réel. Un nouveau paradigme communicationnel se met en place, inversantle rapport entre les hommes et les objets de pensée. La virtualisation numérique devient concrètepour beaucoup et la réalité devient souvent une projection de cette médiation virtuelle dans le Réel.
Les repères du monde numérique seront pour tous ceux qui en ont l’accès, les premiers repères et
non des repères secondaires, alors que ceux qui peineront à accéder à ce monde se verront relégués.Il est à noter que les choses vont aller très vite car les exclus d
e l’informatique vont s’y trouver
projetés via les nouveaux appareils de téléphonie mobile. Les deux mondes vont converger pour ne
faire qu’un
monde unique
, celui de la communication synchrone et asynchrone. L’utilisation d’un
lors d’un diner entre amis dès lors que l’on aura un téléphone
portable!
La position de l’école va certainement être de plus en plus difficile à tenir dès lors que l’on
y percevra trop
clairement qu’il ne s’agit plus d’un lieu d’acquisition de connaissances, qui sont
mainte
nant disponibles partout ou presque, mais d’un bras armé de la sélection par l’intermédiaire
des connaissances, ce qui en fera la ruine de sa forme généralisée actuelle
et sonnera la fin d’unecertaine vision de l’idéal républicain que l’on a placé pendant
très longtemps du coté du religieux.
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