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JEUNESSE
Quelles politiques pour nos territoires ?
Colloque
CAEN
Samedi 12 septembre 2009
Synthèse écrite
: Patricia Jehanne, Conseillère d’éducation populaire et de jeunesse à la DRDJSEn introduction, M. Balavoine rappelle la stratégie de coopération instaurée depuis de nombreuses annéesdans le Calvados. Plusieurs partenaires collaborent autour de la question de la politique éducative en direc-tion des enfants et des jeunes, la porte d’entrée choisie étant les publics pré-adolescents et adolescents.Deux approches structureront l’intervention : la rétrospective et l’actualité
Les origines des politiques éducatives
L’idée de politique jeunesse prend forme dans l’après guerre. Elle se conçoit dans une approche sanitaire.La tuberculose est un véritable fléau autour duquel l’Etat et les mouvements d’Education Populaire se mobi-lisent. La question de la démographie à l’échelle de la société est en jeu auprès d’une population marquéedepuis plusieurs décennies par une forte baisse démographique (première guerre mondiale, grippe espa-gnole, tuberculose ). La société est en besoin d’hygiène sociale et il s’agit de mettre les enfants à l’abri descontagions, loin des villes et de les garder en bonne santé. A une approche sanitaire succède une politique de protection. Jusqu’en 1947, le ministère de la santé a latutelle des colonies de vacances.L’approche éducative prend son origine dans l’évolution des divers mouvements d’éducation populaire :Invention de nouvelles pédagogiques (émanant des mouvements laïques et confessionnels) et évolution destermes (le surveillant va désormais s’appeler moniteur). Des pédagogies actives émergent ainsi que de nou-velles attitudes en direction des enfants et des jeunes.La civilisation des loisirs apparaît, avec l’arrivée massive de tranches d’âge chez la jeunesse issue du « baby-boum »Le Ministère de la Jeunesse et des Sports est un acteur de cette évolution, de par son rapport fusionnel avecles mouvements associatifs et Maurice Herzog fut un des premiers architectes des politiques de jeunessemises en œuvre par ce ministère.Quelques repères qui marquent l’évolution :- La scolarisation obligatoire des garçons et des filles et l’école laïque.- La formidable dynamique associative qui émerge, avec ses affrontements ( mouvement laïc et con-fessionnel ) et aussi ses avancées (innovation pédagogique par exemple) dans l’investissement du secteurassociatif dans le temps libéré par l’école.C’est dans ce mouvement de grands changements sociétaux, de nouvelles dynamiques, de nouveaux besoinset d’évolution de la notion d’éducation que les politiques de jeunesse vont voir le jour à travers la successionde dispositifs qui amèneront une réflexion collective et une approche partenariale et interministérielle.Ces dispositifs nécessiteront la construction de dynamiques locales, laissant aux collectivités une place deplus en plus grande pour penser leur politique éducative.Durant 20 ans (1984 à nos jours ), divers dispositifs se succéderont. Ils permettront petit à petit la mise enplace de projets éducatifs et la définition de politique éducative en faveur des enfants et des jeunes.Les dispositifs obligeront les acteurs locaux à penser en mode projet, à savoir à donner du sens aux actionset activités mises en place qui doivent répondre à des besoins identifiés et à agir de manière concertée etpartenariale.L’action publique se voit également soumise à l’idée d’évaluation. C’est dans ce contexte institutionnel enpleine évolution que les dispositifs permettent de passer de la mise en place d’une politique d’aménagementdu temps à une politique beaucoup plus globale et locale qui implique les acteurs locaux de manière trèsforte.
InterventionJoël Balavoine
 
de
JEUNESSE
Quelles politiques pour nos territoires ?
Colloque
CAEN
Samedi 12 septembre 2009
Quelles politiques de jeunesse pour nos territoires ?
Le titre du colloque mérite quelques remarques sur le choix de ses termes.
Quelles :
On recherche, mais on ne part pas de rien. Un travail toujours en devenir.
Politiques :
ambition, mobilisation de ressources (équipements, financières, humaines, logistiques) ce quiimplique un coût mais aussi nécessite une efficacité. Le choix aurait pu porter sur le terme « activités ». Ceque l’on propose, ce sont des activités. On aurait également pu aborder la question avec le mot contrat. Ilrenvoie très souvent à des dispositifs sectoriels et à leur superposition (CLAS, CLS, REAAP, accompagnementéducatif…). Le terme de projet n’a pas été retenu. Même si l’action est pensée en mode projet, ce dernierest difficile à mettre en place vis à vis d’une population (la jeunesse) qui a des besoins différents.Le mot politique englobe à la fois de nouvelles intentions, celle de faire mieux. Il s’agit d’une volonté dura-ble, vivante qui nécessite de la rencontre.
Jeunesse :
C’est un terme assez confus toujours en évolution de définition. La convention internationaledes droits de l’enfant évoque une population entre 0 et 18 ans. Aujourd’hui, le terme « jeunesse » tend àprendre en compte les 18/28 ans, englobant ainsi les jeunes adultes.Des distinctions se font entre la petite enfance et l’enfance, renvoyant à des publics non autonomes et despré adolescents et des adolescents en besoin d’autonomie mais aussi d’accompagnement. Autour de ces distinctions d’âge se jouent également des besoins, des pressions spécifiques. Il y a un dé-calage entre le temps de classe et le temps de travail des parents. Le besoin de garde est pressant et lescollectivités locales sont interrogées pour harmoniser les besoins sociaux.Quant aux pré adolescents et adolescents, il est noté le déficit d’actions en leur direction malgré le besoind’accompagnement afin de compenser le processus de socialisation par les pairs qui ne peut suffir.Il s’agit, pour la jeunesse de penser une politique avec un sens partagé mais avec des actions différenciées.
Nos territoires
: il faut y lire une co-responsabilité. Dire nous, c’est partager pour agir, c’est vouloir libé-rer l’énergie des acteurs locaux. Le terme « territoire » pourrait renvoyer à une approche technocratique (zonage administratif ), il renvoie plus à l’idée de pays, à savoir des lieux de vie identifiés, à la circulation despublics et à l’environnement des familles et des jeunes qui peuvent faire l’objet d’une réflexion.
Qu’en est-il aujourd’hui des politiques de jeunesse ?1. La place des différents temps et de leur interaction
Le temps scolaire : il est à la fois extrêmement concentré en France (le nombre de journées de classe leplus petit et la journée de classe la plus longue en Europe ). Il n’est pas négociable et détermine tous lesautres temps (exemple de la semaine à 4 jours). Le temps scolaire impacte le temps social.Le temps libéré est un temps qui présente des enjeux très forts : celui de compenser des inégalités socialeset éducatives, celui d’avoir pour lui des ambitions, un sens avec des valeurs référentes. C’est un temps quipermet l’exercice de la liberté et de la citoyenneté.Il y a encore beaucoup à faire pour le développer en qualité.Il est aussi facteur de dépense qu’il convient de mutualiser. Il a également un impact économique. Il estfacteur de la création d’un grand nombre d’emplois.
InterventionJoël Balavoine
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