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JEUNESSE
Quelles politiques pour nos territoires ?
Colloque
CAEN
Samedi 12 septembre 2009
Table ronde 2
Témoignage de jeunes : participation et implicationdes enfants et des jeunes à la vie locale,de la responsabilité au choix de vie
 Animateur
: Philippe Clément, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement du Calvados
Rapporteur
: Véronique Gaillard, déléguée régionale des Eclaireuses Eclaireurs de France (EEDF)
Synthèse écrite :
Philippe Clément et Véronique Gaillard
Témoignages
: Guillaume Masson Blin, responsable régional (bénévole) des EEDFSamuel Hyler, Junior Association «Les lumières du canton de Canisy» Alexandre Outrequin, Junior Association «Les lumières du canton de Canisy» 
Thématique développée
:Un animateur issu d’un parcours au sein de politiques de jeunesseLa construction de l’autonomie et la conquête des responsabilités au sein de la vie associativeLes conseils municipaux de jeunes en lien avec un politique jeunesseDans les politiques de l’enfance et de la jeunesse, cette question est objectivement ancienne et subjective-ment récente.
Objectivement ancienne
:UNE JEUNESSE ACTIVE MAIS TRES ENCADREE- scoutisme laïque ou confessionnel,- patronages laïques ou confessionnels,- organisations de jeunesse liées aux partis politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche,- fortement teintée, selon les cas de morale religieuse, de morale tout court, de propagande, d’idéologie.Jusqu’à la fin des années 60, on peut dire que la participation et l’implication de la jeunesse dans la vie localeétait un enjeu idéologique et politicien majeur, approprié par des partis, des églises, des associations,bref des personnes morales privées, enjeu laissé de côté par les pouvoirs publics.
Subjectivement (c’est-à-dire dans les politiques publiques) récente
:UNE JEUNESSE QUI EMERGE, QUI S’AFFIRME D’ELLE-MEMEDans les politiques publiques d’intérêt général, cette question est un peu la dernière née. Là aussi, c’est 1968qui donne le signal au terme d’un mouvement social et d’une révolte de masse de la jeunesse qui prend laparole, conteste, revendique et propose, prenant de court la quasi-totalité des partis politiques et desorganisations traditionnelles de la jeunesse, confessionnelles ou non.UNE JEUNESSE QU’IL FAUT CANALISER Début dans l’Education nationale des dispositifs de participation des jeunes (lois Edgar Faure) :- les conseils de délégués d’élèves,- les délégués aux conseils d’administration,
 
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Samedi 12 septembre 2009
Table ronde 2
- les Foyers Socio-éducatifs,- les coopératives scolaires.Dans le champ de Jeunesse et Sports, développement important des Maisons de Jeunes et des Foyers deJeunes et d’Education Populaire, des Clubs de jeunes....structures auxquelles les collectivités localescommencent à apporter des moyens.Nous connaissons aujourd’hui les limites et les bénéfices de cette première histoire de la participation et del’implication des jeunes dans la vie locale.La principale de ces limites : une sourde et tenace opposition à la participation des jeunes : la parole, lespropositions des jeunes ne sont pas prises en compte, ni mises en débat, marginalisées jusqu’à l’envi dansles établissements scolaires et dans les collectivités locales.Le principal de ces bénéfices : à côte de l’engagement politique et syndical (syndicalisme lycéen étudiant, parexemple), la formation de jeunes, sans doute moins politisés, qui participent, proposent, organisent, appren-nent la responsabilité, l’exercent et, ce faisant, acquièrent une légitimité, une compétence démocratique.Quand on observe attentivement les parcours des chefs d’entreprise, des cadres, des responsables associa-tifs, politiques ou syndicaux, des élus locaux, régionaux ou nationaux, des animateurs socioculturels, d’ungrand nombre d’artistes dramatiques, on s’aperçoit presque immanquablement qu’ils ont pu s’engager plusou moins longuement dans un parcours de participation, d’implication favorisé par une commune, une ville,un établissement scolaire, des associations d’éducation populaire.La donne a changé à partir du début des années 80 :UNE JEUNESSE DANGEREUSE OU EN DANGER QU’IL FAUT CONTROLER - développement d’un chômage structurel de masse : installation dans la crise sociale,- développement du chômage des jeunes,- allongement des études et élévation du niveau de formation,- réapparition de la pauvreté, notamment chez les jeunes,- pertes significatives d’implantation des partis politiques, des mouvements d’éducation populaire, desorganisations confessionnelles dans la jeunesse, à la faveur de la dépolitisation de la société,- durée croissante de la jeunesse, de plus en plus autonome dans sa tête, de moins en moins indé-pendante dans sa réalité socio-économique ou, en tous cas, indépendante de plus en plus tard.Une importante population remuante voire dangereuse pour les uns : contrôle social.Une importante population remuante voire ressource pour les autres : accompagnement des initiatives des jeunes, développement local.La réflexion sur la participation et l’implication des jeunes est véritablement relancée au début des années1990 suite à divers mouvements de jeunes, notamment contre les premières tentatives de mise en place decontrats de travail spécifiques inscrivant la précarité et consacrant la perte de droits des jeunes par rapportau droit du travail, également contre les réformes de l’université tendant à limiter l’accès des jeunes bache-liers dans le premier cycle universitaire. Elle est relancée également en raison de révoltes et de violencesurbaines apparues dès la fin des années 70.L’Association nationale des Conseils d’enfants et de jeunes est crée en 1991.Fort développement des Conseils municipaux ou communaux de jeunes, de conseils d’enfants, de conseils dela jeunesse dans les quartiers. L’Anacej regroupe aujourd’hui 450 villes, départements et régions tentant degérer une politique de la participation des jeunes.Refonte de la participation des collégiens et des lycéens : création des Maison des lycéens, des Conseils de la Vie lycéenne, des Conférences de délégués d’élèves.
 
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Samedi 12 septembre 2009
Table ronde 2
Création par 4 fédérations d’éducation populaire du Réseau national des junior-associations au milieu desannées 1990 : par exemple, il existe aujourd’hui 35 Junior-associations en Basse-Normandie, associations demineurs, qui participent à la vie locale, dans des domaines comme les loisirs des jeunes, la mémoire histori-que, les pratiques artistiques, les pratiques sportives, l’éducation à l’environnement, etc.Lancement en 2006 de l’opération nationale « Jeunesses en Région », projet de participation des jeunes à lavie régionale et donc à la conception des politiques des régions qui concernent la jeunesse (lycées, formationprofessionnelle, culture, éducation à l’environnement et au développement durable, etc.), collaboration entrel’Association des Régions de France et 3 mouvements d’éducation populaire.Pour de bonnes (la jeunesse comme ressource) ou de moins bonnes (la jeunesse comme danger) raisons, laparticipation et l’implication des jeunes dans la vie locale ou régionale s’imposent progressivement commedes enjeux politiques, tant de la jeunesse que de la société civile.
Présentation des témoins
:Guillaume Masson-Blin, responsable régional des EEDF : témoignage d’un parcours d’implication en tant que jeune, puis animateur et directeur de séjour de vacances, formateur BAFA..., puis responsable d’une associa-tion de jeunesse et d’éducation populaire. Parcours ayant canalisé les choix de formation professionnelle.Samuel Hyler, Alexandre Outrequin, Junior-Association « Les Lumières du canton de Canisy » (50) : témoi-gnage d’un parcours, de la participation à des structures de loisirs à la conception / création d’une Junior-as-sociation (apprentissages, obstacles, points positifs) qui a pour projet l’organisation de sorties familiales, deconcerts ainsi qu’un projet humanitaire avec le Burkina-Faso.Céline Marc, déléguée départementale des Junior-associations, Ligue de l’enseignement de la Manche.
TémoignagesGuillaume : animateur EEDF
depuis quelques mois après avoir été délégué régional des EEDF, représen-tant les bénévoles du réseau. A bénéficié à partir de l’âge de 10 ans d’accueils en CLSH, rencontre dans la foulée avec les Eclaireurs, puisaide-animateur à l’âge de 17 ans avant d’être animateur et de suivre la formation préparatoire au Bafa puisBafd.Se considère comme un lycéen modèle... bien que perdant sa motivation scolaire au fil du développement deson engagement en direction des enfants et des jeunes dans la cadre de l’animation volontaire.Rencontre avec des associations à l’Université, découverte de l’animation avec l’encadrement de classes dedécouverte puis de l’encadrement de centres de vacances pour personnes handicapées mentales. Au contact de cette réalité associative et militante, il a au fur et à mesure vécu une perte de motivation pourles études universitaires.Ses actions lui ont permis de s’orienter vers une formation professionnelle dans le champ de l’éducation spé-cialisée (moniteur-éducateur).Parallèlement, à 25 ans il a été élu et a pris en charge une responsabilité militante au sein du réseau desEEDF : responsable régional des bénévoles du mouvement (similaire au conseil d’administration local,échelon essentiel dans une association nationale à entité unique)Guillaume considère qu’il a pu dans ce parcours apprendre à choisir en découvrant progressivement ses ap-pétences et ses compétences dans le cadre de projets. Aujourd’hui animateur, il pense que son rôle est d’ac-compagner les jeunes dans leurs choix en les aidant à concevoir des projets à court puis à moyen puis à longterme, à s’approprier ainsi la question des droits et des devoirs (le vrai choix se fait au contact de la réalité
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