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LES INSCRIPTIONS DE VELEIA-IRUÑA
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LES INSCRIPTIONS DE VELEIA-IRUÑA
Hector IGLESIAS*
h.iglesias@biarritz.fr dolhats.iglesias@free.fr 
La découverte au cours des années 2005 et 2006 sur le site archéologique de Veleia-Iruña, dans larégion de Vitoria, province basque d’Alava, d’inscriptions rédigées, les unes manifestement en latinpopulaire et tardif 
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, et les autres assurément en basque, ou plus exactement en « proto-basque », desinscriptions datant selon toute vraisemblance du III
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siècle de notre ère, voire d’une période allant duII
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au IV
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siècle, a déclenché en Espagne une polémique des plus curieuses.Cette polémique, qui vue de France, ou de quelque autre pays européen, pourra surprendre, tantsur la forme que sur le fond, le spécialiste mais également le simple curieux intéressé par cesquestions savantes, a pris une ampleur inhabituelle dans le monde de la recherche scientifique, dumoins telle qu’on la conçoit en Europe occidentale.En effet, le déroulement de cette affaire, dont la presse, principalement basque et espagnole, s’estlargement emparée, est à bien des égards, comme nous allons le constater à présent, tout à faitextraordinaire.Dans un premier temps, les archéologues à l’origine de ces découvertes ont saisi, le plusnaturellement du monde semble-t-il, un certain nombre d’universitaires en sciences humaines,spécialisés notamment en linguistique et en histoire, des auteurs originaires principalement de larégion basque, auxquels ils ont présenté leurs découvertes afin que ceux-ci donnent leur avis sur lesujet.Jusqu’à présent rien de véritablement surprenant, ni en Europe ni dans quelque autre endroit.L’examen des inscriptions a en effet été confié, à la demande expresse de ces mêmesarchéologues
ce point aura toute son importance
, à plusieurs enseignants dépendant pour laplupart de l’Université du Pays Basque méridional, c’est-à-dire la partie du territoire basque
* Docteur en Etudes Basques. Membre associé d’IKER, Centre de recherche sur la langue et les textes basques,Baiona / Bayonne. IKER est une unité mixte de recherche (UMR), membre de la fédération
Typologie etUniversaux linguistiques
du CNRS, spécialisée dans l’étude de la langue et des textes basques.
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La nuance a son importance comme nous le verrons tout au long des présents commentaires.
 
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Manuscrit auteur, publié dans "in press (2009) 1-223"
 
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 jouissant de nos jours d’un statut d’autonomie, ainsi qu’à quelques autres universitaires, presque tousespagnols
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Ces auteurs ont alors établi, chacun de leur côté, un rapport, ensemble de rapports qui ont par lasuite été remis, à la demande de celles-ci, aux autorités politiques de la province.Or il se trouve que dans quelques-uns de ces rapports, une minorité cependant, il est clairementaffirmé
la plupart du temps il s’agit même d’affirmations catégoriques, tout à fait inhabituellesdans le monde de la recherche européenne, et tout particulièrement dans le domaine des scienceshumaines où les certitudes ont toujours été peu nombreuses
que toutes ces inscriptions, plusieurscentaines, résulteraient en réalité d’une grossière falsification.Il a donc été publiquement affirmé par certains de ces auteurs, notamment, pour ne pas les citer,Joaquín Gorrochategui, Joseba Lakarra et Isabel Velázquez, les trois principaux auteurs qui feront parla suite l’objet de la plupart de nos commentaires, que ces découvertes « sont » (à l’indicatif, seloneux) le résultat certain d’une « falsification » (non pas d’une « prétendue falsification », mais d’une« falsification » tout court), conclusion définitive qui à ce niveau de la recherche ne manquera paségalement de surprendre, et cela d’autant plus que toutes les analyses effectuées en laboratoire
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nonseulement contredisent les dires de ces auteurs, mais sembleraient même démontrer au contrairel’authenticité de ces inscriptions
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.Le ton définitif, absolument catégorique, voire sans appel, de nombre des conclusions de cesauteurs pourra également surprendre et éveiller aussitôt chez le lecteur, fût-il non spécialiste de cesquestions, sinon de prime abord le soupçon, du moins une certaine curiosité.Mais le plus étonnant est à venir.Dans certains de ces rapports, ceux qui feront principalement l’objet de nos commentaires, il estclairement sous-entendu, quoique jamais démontré véritablement, que les archéologues à l’originede ces découvertes, archéologues professionnels reconnus par leurs pairs universitaires, et celadepuis des décennies, seraient les véritables faussairesIl s’agit, répétons-le, et jusqu’à preuve du contraire, de sous-entendus dénués de tout fondementréel, car jusqu’à présent il n’existe pas de preuves, du moins à en croire la presse et… la justice, un juge même ayant été officiellement saisi de cette affaire.À la suite des rapports réalisés par ces spécialistes en sciences humaines (et non en sciencesexactes), et malgré le fait que les conclusions de ces rapports n’ont été à aucun moment corroboréespar l’ensemble des analyses effectuées par les divers laboratoires européens et américains sollicités,
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A l’exception d’un auteur italien et d’un autre anglais dont on a également sollicité l’avis.
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Laboratoires de Geochron, Cambridge du Massachussets-USA et du
Centre for Isotope Research
del’Université de Gröningen, Pays-Bas ; laboratoires de l’Université de Cracovie, Pologne ; laboratoires despectroscopie nucléaire du CEA-CNRS, France ; laboratoires Adirondack du Centre technologique de Zamudio,Pays Basque. Toutes les datations au C14 effectuées offrent des résultats concordants. Ces datations font toutesremonter les objets contenant les fameuses inscriptions et soumis à l’analyse à une époque antérieure au V
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 siècle de notre ère.
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L’argumentation de certains de ces auteurs, cités ci-dessus, pourra cependant paraître des plus byzantines. Parexemple, à ce jour Lakarra, qui n’est pourtant pas, à notre connaissance, un spécialiste de ces questions,considère que les objets trouvés sur le site sont d'époque romaine, mais pas... les inscriptions qu'ils contiennentcar toutes, absolument... toutes les analyses effectuées par plusieurs laboratoires internationaux n'auraient,prétend-il... , non sans se contredire quelque peu, aucune valeur... (mais pourquoi reconnaître alors comme il lefait pourtant que ces objets sont bien d’époque ?) ; voir ses déclarations publiées dans le quotidien en languebasque
Berria
du 26 novembre 2008 où il affirme : « Inork ez du dudan jarri harriak III. mendekoak direnik,baizik eta idazkunak. Karbonoaren frogek ez dute, beraz, eztabaidarako balio, partidu hori irabazia dauka. Ezdago hor gerrarik, inork ez du-eta sekula ukatu markoak benetakoak direnik », soit en langue française :« Personne n'a mis en doute que les pierres [litt., c'est-à-dire les objets trouvés] soient du III
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siècle, ce sont lesinscriptions qui ne le sont pas. Les preuves tirées du carbone [14] n'ont, en conséquence, aucune valeur dans cedébat [linguistique]. La polémique ne porte pas sur la date des objets, personne ne conteste qu'ils soient du début
 
de notre ère ». En admettant que ce raisonnement, des plus insolites et étranges, fût fondé, ce qui est loin d’êtreassuré, on ne serait pas plus avancé car alors, comment et quand ces inscriptions sont-elles arrivées sur cesobjets d'époque ? Il s'agit là d'un mystère que personne, pas même... Lakarra, ne sait expliquer de façonrationnelle et cohérente, comme nous le verrons par la suite.
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les autorités politiques de la province ont procédé, sur la base de ces mêmes rapports, à la fermeturedu site archéologique, ce qui a entraîné le licenciement immédiat de l’ensemble du personneltravaillant depuis des années sur le site
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, et ont porté l’affaire devant les tribunaux.Jusqu’à présent l’observateur européen, neutre et impartial, dont nous sommes, bref l’observateurparfaitement indifférent, dont nous sommes également, aux rebondissements et aux « dessous », sitant est qu’il y en ait, de cette situation « politico-judiciaire » qui, quoique surprenante, ne concernefinalement que les autorités espagnoles, administratives, universitaires, politiques ou autres, bref l’observateur extérieur, dont nous sommes encore une fois, serait peut-être, à la rigueur extrême, endroit de faire part de son étonnement devant la tournure pour le moins inattendue et le déroulementquelque peu étrange de tous ces événements, du moins tels que les rapportent régulièrement lesmédias écrits et audio-visuels et il n’y a, semble-t-il, aucune raison de douter des récits, comptesrendus et autres explications émanant de ces moyens de communication.Vu depuis le monde de la recherche, du moins telle qu’elle se conçoit en France, tout cela pourraparaître, il est vrai, relativement étrange. Mais cela ne regarde finalement que les personnes qui sont,de près ou de loin, mêlées à cette affaire.Le fait est, pour revenir sur un terrain purement scientifique, le seul qui puisse nous concernerréellement, que ces rapports universitaires, des rapports officiels précisons-le bien, et les conclusionsqu’ils contiennent ont été rendus publics, à savoir versés officiellement dans le domaine public
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.Ces rapports étaient-ils destinés à être rendus publics ?Nous n’en savons rien.Le fait est qu’ils l’ont été et c’est là finalement le seul point qui compte.Car à partir du moment où ces conclusions universitaires (en réalité de « certains » universitaires,ce qui n’est pas la même chose comme on le verra par la suite) ont été rendues publiques, cesdernières se sont retrouvées, et se retrouvent
de facto
exposées à la critique
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, tout à fait légitime etinévitable, de l’ensemble de la communauté savante internationale versée dans ces questions.Personne ne peut sérieusement contester ce fait.Or quel n’a pas été notre étonnement
et dans notre cas il en faut beaucoup pour provoquercelui-ci
, à la lecture de ces rapports universitaires officiels ! Les arguments avancés par la plupartde ces auteurs, tout comme le ton et le style, fort inhabituels, parfois même familiers, de certains deces commentaires
principalement ceux avancés par Lakarra
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, un auteur versé dans l’étude de lalangue basque, Gorrochategui
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, spécialiste des langues indo-européennes anciennes et MadameVelázquez
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, latiniste de formation
, sont toujours étonnants, souvent inattendus, parfois tout à faitimprobables sinon absolument inexacts, voire franchement extravagants et saugrenus, alors que leursauteurs sont censés appartenir à l’élite intellectuelle de leur région ou pays, et être dans leurspécialité ce que certains sportifs sont dans leur domaine respectif, à savoir : des athlètes de hautniveau.Le principal tort de ces auteurs est en effet de présenter la plupart du temps, sinon presquetoujours, leurs explications comme des certitudes, des « certitudes » que même certains d’entre eux
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Des archéologues accusés désormais publiquement et officiellement par ces mêmes responsables politiquesprovinciaux, sur la base de ces fameux rapports qui feront longuement l’objet de nos commentaires, d’être àl’origine de la prétendue falsification.
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Tous les rapports sont consultables sur le site officiel du gouvernement provincial d’Alava.
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Des conclusions ressortant de rapports universitaires officiels à l’origine, ne l’oublions pas, de la mise auchômage d’un grand nombre de personnes. Il ne s’agit pas en conséquence d’un simple débat savant et feutréentre érudits de bonne famille discourant aimablement et savamment autour d’une tasse de thé. C’est égalementen cela que cette affaire « veleyense » est extraordinaire.
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Lakarra, J., 2008,
Informe sobre supuestas inscripciones eusquéricas antiguas de Veleia
, rapport daté du19 novembre 2008.
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Gorrochategui, J., 2008,
Dictamen a la Comisión Asesora de la Diputación de Álava sobre los hallazgosepigráficos de Iruña-Veleia
, rapport rendu public le 22 juin 2008.
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Velázquez, I., 2008,
Informe sobre los grafitos latinos de Iruña-Veleia
, rapport daté du 4 décembre 2008.
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