partie de nombreux comités créés pour défendre la liberté de penser et de s’indigner
;durant l’année 1912, l’aménagement de sa propriété de Cheverchemont, à Triel, est lasource de difficultés pécuniaires auxquelles il remédie en se séparant de quelques-unsdes chefs-d’œuvre de sa collection, notamment des
Iris
de Van Gogh. C’est dans cecontexte agité que se fait la genèse de
Dingo
, dont le thème est inspiré au romancier par son dégoût des hommes. Mirbeau y travaille dès 1909 et ce, jusqu’en mars 1912,époque à laquelle une paralysie du côté droit fait suite à un accident vasculaire et luiinterdit toute possibilité de poursuivre l’œuvre en cours. Il fait donc appel à Léon Werth pour le seconder. Écrivain engagé dont les convictions sont au diapason de celles deMirbeau, Werth est également critique d’art et un journaliste que le romancier acontribué à lancer
. Sa collaboration est plus qu’une simple dette de reconnaissance ;elle est aussi l’hommage d’un jeune écrivain à un modèle avoué et une «
preuved’amitié
», ainsi qu’il l’écrit lui-même
. En ne cachant pas la part qui revenait à Werthdans la rédaction de
Dingo
(soit les trois derniers chapitres d’un roman qui en comptetreize), Mirbeau effectue un parrainage des plus généreux
.C’est riche de cetteambiguïté supplémentaire que le texte sera d’abord publié en feuilleton, du 20 février au8 avril 1913 dans
Le Journal
, avant de paraître en volume le 2 mai 1913, chezFasquelle.
Un «
tableau de chasse
»
La gent animale n’est pas étrangère à l’univers mirbellien. Dans
Le Calvaire
(1886),Juliette, la maîtresse de Mintié, n’apparaissait jamais qu’en compagnie de son fidèle petit chien Spy, qui finira massacré par son amant tandis que le passe-temps favori du père de ce dernier était d’exterminer à coups de fusil les oiseaux et les chats quis’aventuraient sur sa propriété ; pour complaire à Célestine, le capitaine Mauger mangeson furet domestique dans
Le Journal d’une femme de chambre
(1900) ;
La 628-E8
(1907) avait consacré un chapitre à « La faune des routes », chapitre dans lequell’intelligence de chaque espèce était jugée à l’aune de sa capacité de survie au voisinagede l’automobile. Si l’on ajoute à ces exemples romanesques, ceux tirés des multiplescontes rédigés par Mirbeau (
Pauvre Tom
en serait le plus représentatif), force est,
son édition de l’œuvre,
Dingo
in
Octave Mirbeau, Œuvres romanesques
, Buchet-Chastel/Société OctaveMirbeau, 2000-2001, vol. 3.
4
Voir pour de plus amples détails à ce sujet le chapitre XXI, « Dernières luttes (janvier 1909-décembre 1911) », de la biographie de Pierre Michel et Jean-François Nivet,
op. cit.
, pp. 845-882.
5
Sur cette amitié en particulier et sur Léon Werth en général, nous renvoyons à l’essai biographique de Gilles Heuré,
L’insoumis Léon Werth (1878-1955)
, Editions Viviane Hamy, 2006.
6
Léon Werth, cité par Pierre Michel dans sa préface à
Dingo
,
op. cit.
, p. 616.
7
On se souvient que
Le Foyer
était déjà présenté comme une œuvre écrite en collaboration, avecThadée Natanson en l’occurrence. Mais Pierre Michel et Jean-François Nivet rappellent, que ce futsurtout l’occasion de fournir à Thadée une «
planche de salut
» alors qu’il traversait une mauvaise passe,et que bien peu de choses lui reviennent dans le texte. (
op. cit.
, p. 731).
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