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Eurocompatibilité des aides d’Etat Préparation de la rencontre du 16 mars avec Martin Hirsch
La réglementation européenne en matière d’aides d’EtatLe paquet Monti-Kroes
L’Europe s’est construite autour du principe fondateur de libre circulation des personnes,des biens, des capitaux et des services. L’Europe s’est donc attachée à identifier et àbannir les dispositions et les pratiques pouvant constituer une entrave au droitfondamental à la concurrence.Le Traité instituant les Communautés européennes (art. 87) impose ainsi aux Etatsmembres de n’apporter une aide financière à certaines entreprises que si celle-ci ne vientpas entraver la concurrence.C’est également dans ce cadre que s’inscrit le paquet dit « Monti-Kroes », qui définit les
règles communautaires de concurrence relatives aux aides d’Etat
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auxentreprises chargées de la gestion d’un service d’intérêt économique général(SIEG).
 Les textes du paquet « Monti-Kroes » sont d’application directe dans les Etats membreset les collectivités territoriales depuis le 1er janvier 2006, même si leur application peineà se généraliser.
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Dans la terminologie européenne, les « aides d’Etat » renvoient à l’ensemble des aides publiques, qu’ellesproviennent de l’Etat lui-même ou des collectivités locales et territoriales. La circulaire du 27 décembre 2007 dudirecteur général des collectivités locales aux préfets de département et de région est à ce titre très instructive.Il y est notamment écrit que l’application de la réglementation européenne en matière d’aides d’Etat «
est uneopportunité majeure pour régulariser les aides de toute nature octroyées aux entreprises en charge del’exécution d’un SIEG, dont il est essentiel que les collectivités territoriales se saisissent
».
CNAJEP, le 13 mars 2009
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Eurocompatibilité des aides d’Etat Préparation de la rencontre du 16 mars avec Martin Hirsch
Libre prestation des services : l’exception des SIEG
Les instances communautaires se sont refusées à définir précisément la nature des SIGet la distinction entre SIG et SIEG. Ce refus s’explique principalement par l’applicationstricte du principe de subsidiarité. Les Etats membres ont ainsi un large pouvoird’appréciation pour déterminer ce qu’est un SIEG.
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 Pour opérer la distinction entre SIG et SIEG, la Cour de justice des communautéseuropéennes (CJCE) se fonde quant à elle sur un ensemble de critères relatifs auxconditions de fonctionnement du service en cause, tels que l'existence d'un marché, deprérogatives de puissance publique ou d'obligations de solidarité.Une tentative de définition peut néanmoins être donnée à l’aide de la notioncomplémentaire d’« entreprise en charge de l’exécution d’un SIEG » citée à l’article 86 duTraité qui englobe l’origine de la notion et ses conséquences. Il s’agit d’une entitéchargée d’une activité :-
 
économique (existence d’un marché économique caractérisé par la confrontationpossible d’une offre et une demande)-
 
mais assimilée à une mission d’intérêt général car confiée par un acte officiel etdont le coût est à la fois paramétré avant exécution et non surcompensé par lapuissance publique.Cette définition appelle à son tour une définition supplémentaire relative à la notiond’« entreprise », sachant que la Cour estime que ce n'est pas le secteur ou le statutd'une entité assurant un service (par exemple le fait qu'il s'agisse d'une entreprisepublique ou privée, d'une association d'entreprises ou d'un organisme d'administrationpublique), ni son mode de financement, qui déterminent si ses activités sont considéréescomme économiques ou non économiques, mais la nature de l'activité elle-même.C’est le régime général des SIEG qui prévaut actuellement, notamment en l’absenced’une réglementation sectorielle spécifique. En d’autres termes, tous les opérateurs sontsoumis à la concurrence, à l’exception des SIEG.
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La communication de la Commission européenne du 26 avril 2006
Mettre en oeuvre le programmecommunautaire de Lisbonne : Les services sociaux d'intérêt général dans l'Union européenne,
rappelle ainsi que«
les États membres sont libres de définir ce qu'ils entendent par services d'intérêt économique général, ou enparticulier par services sociaux d'intérêt général ».
 
CNAJEP, le 13 mars 2009
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Eurocompatibilité des aides d’Etat Préparation de la rencontre du 16 mars avec Martin Hirsch
Eurocompatibilité des aides d’Etat : le paquet « Monti-Kroes »
Avec le paquet « Monti/Kroes », on quitte la stricte problématique de la libre prestationdes services soulevée par la Directive Services, pour toucher au nerf de la bataille pourles services d’intérêt général : leur financement.Lorsqu’une entreprise, au sens communautaire du terme, est chargée par une collectivitépublique d’un SIEG, elle perçoit de cette dernière une compensation. Selon les cas, cettecompensation va être constitutive, ou non, d’une aide d’Etat.
Arrêt Altmark du 24 juillet 2003
Par l’arrêt Altmark, la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) ainterprété les dispositions des articles 86 (SIEG) et 87 (aides d’Etat) du Traité et aimpulsé une évolution jurisprudentielle vers un contrôle plus strict des aides publiquesaccordées aux SIEG.L’arrêt Altmark définit ainsi quatre critères qui détaillent tous les éléments d’un« contrôle maximum » des aides publiques pour les SIEG.Pour que les compensations financières versées en contrepartie de l’exécution de servicesd’intérêt économique général ne soient pas considérées comme des aides d’Etatcontraires au Traité, il faut tout à la fois :-
 
qu’elles se rapportent à une activité d’intérêt général (OSP) clairement définiepour laquelle l’opérateur a été expressément mandaté (exigence d’un acte demandatement officiel) ;-
 
qu’elles correspondent à une compensation paramétrée préalablement, de façonobjective et transparente (exigence de transparence), sans dépasser les coûts quirésultent des obligations de service public (exigence de nécessité et deproportionnalité) ;-
 
qu’elles soient déterminées soit dans le cadre d’une procédure de marché publicsoit par référence aux coûts d’une entreprise moyenne, bien gérée etadéquatement équipée (exigence de non affectation des échanges garantie par lastricte compensation des coûts liés à la prestation).
Paquet « Monti/Kroes » du 28 novembre 2005
La Commission a repris les critères d’Altmark dans la décision Kroes du 28 novembre2005, évitant cependant de reprendre le quatrième critère sur la référence à l’entreprisemoyenne bien gérée dont les difficultés d’application sont évidentes. Sur certains pointselle en a rajouté (mesure de prévention des surcompensations par exemple).Si la jurisprudence Altmark exclue la qualification d’aide d’Etat pour certainescompensations, le paquet Monti-Kroes va plus loin dans la clarification de la législationsur les aides d’Etat en détaillant les conditions de comptabilité des compensations deSIEG constituant des aides d’Etat.
CNAJEP, le 13 mars 2009
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