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LES LECONS DEL’EXPERIMENTATION
Neuf sites ont mis en place des projetsdifférents selon les configurations locales.Mais, de ces projets différents, on a putirer quatre leçons communes à retenirpour construire une action publique endirection des adolescents. Des leçons quel’on peut considérer comme des prérequis
 
: changer de regard sur lesadolescents, considérer que l’espace localest un enjeu, s’assurer de certainesconditions pédagogiques, respectercertaines conditions politiques. (Voirpages suivantes images et territoires, jeunes et adultes, activités et projets, lesconditions politiques et attentes,perspectives et conclusion).
SOMMAIRE
Éditorialp.1Les leçons de l’expérimentationp.1Représentations et territoiresp.2Bibliographie sommairep.2Jeunes et adultesp.5Activités et projetsp.7Les conditions politiquesp.8Attentes et perspectivesp.10Les sites de lexpérimentationp.11
LES NEUF SITES
Angers (49100) - Aubagne (13400) –Bordeaux (33000) – Dunkerque (59000)– Coulommiers (77120) - La Réunion(97400) – Rilleux-la-Pape (69140) - LaRivière-de-Corps (10440) – Vallet(44330).
L’ACCUEIL DES 11-15 ANSDANS LE TEMPS DE LOISIRS
EDITORIAL
Pendant trois ans, à l’initiative du MJSVA,l’INJEP a assuré le suivi duneexpérimentation autour des loisirséducatifs des 11-15 ans sur neuf sitesdifférents avec le concours sur chacun deces sites d’un référent «
 
 jeunesse etsports
 
». La première année, chaqueopération avait bénéficié d’un soutienfinancier exceptionnel de lancement de8000 euros pour chacun des projetsretenus. L’expérimentation sestprolongée sur trois ans avec uneimplication variable mais continue del’ensemble des acteurs
 
réunis dans un«
 
comité national de pilotage
 
»
 
: éluslocaux, services municipaux, associations,services déconcentrés de jeunesse etsports comme de l’administrationcentrale du Ministère de la jeunesse, dessports et de la vie associative etnaturellement de l’INJEP. Cinq réunionsd’échange, extrêmement riches, se sonttenues au niveau national entre lesdifférents acteurs, complétées par desvisites sur la plupart des sites par l’INJEP.Une enquête a également été réalisée parquestionnaire auprès de chacun d’entreeux et des entretiens plus approfondisont été menés avec des jeunes sur deuxcommunes. L’échantillon retenu com-prenait volontairement des collectivitésde taille et de nature différentes.En arrière fond de cette expérimentation,le constat dressé unanimement
 
: celui dela crise des structures d’accueil destinéesà la tranche d’âge des 11-15 ans. Ils nese reconnaissent plus dans les activitésque leur proposent les centres de loisirstraditionnels qu’ils ont jusque làfréquentés et les structures destinéesaux jeunes en général, ne les prennent
 
pas en compte. Ils désertent alorsmassivement les équipements publics deproximité et les activités qui leur sontproposées. Au-delà de ces considérationsnotons qu’en terme de politique publique,cette tranche d’âge, en gros celle des«
 
années-collège
 
», échappe trèslargement aux dispositifs qui s’adressentsoit aux plus petits, «
 
les enfants
 
», soitaux plus grands «
 
les jeunes
 
». C’estainsi, par exemple, qu’ils échappent à undispositif comme les projets éducatifslocaux qui touchent surtout des élèvesdes classes primaires. Tout se passecomme si ces années représentaient unesorte de point aveugle des politiquespubliques. Trou noir qui recoupe celui dessciences sociales
 
: jusqu’à une daterécente les travaux de sociologietraitaient peu de cette question.L’ouvrage récent de François de Singly,«
 
Les adonaissants 
» apparaît ici commepionnier. L’essentiel de la recherche étaitlaissé à la psychologie avec même uneforte médicalisation des problématiquescomme si on continuait à considérer,malgré les mises en garde du grandpsychanalyste Winicott que«
 
l’adolescence n’est pas unemaladie
 
»
 
!À travers cette expérimentation,l’ambition du «
 
comité national depilotage
 
»
 
était de disposer d’uneanalyse plus précise des attentes des 11-15 ans en matière de loisirs et dedégager des pistes pour y répondre. Legroupe partait du constat commun que,même si les difficultés ne commencentpas à onze ans, cet âge est un momentde rupture. C’est une période deconstruction, de dépassement de soi quipasse souvent par des attitudes deprovocation, de révolte et se traduit parla réticence à fréquenter une structure,voire à leur rejet. Les attitudes trèsconsommatrices et de «
 
zapping
 
» sontle lot courant des adolescents à l’imaged’ailleurs de notre société. Ils manifestentégalement une grande difficulté às’impliquer dans un projet, à aller jusqu’au bout, même s’ils ont étéassociés à son élaboration alors qu’unpeu partout l’impératif du projet devientla règle. De façon générale, ils semblentmanifester une grande difficulté defidélisation que ce soit à un lieu, à ungroupe si ce n’est celui des pairs, à uneidée. Une revendication essentielle
 
:avoir un lieu de rencontre, uniquementpour eux (elles), sans contrainte.
Jean-Claude Richez, responsableUREF/INJEP
Bibliographie sommaire
B
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L’adolescence aux mille visages,
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, Erès 2005D
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A l’école,sociologie de l’expérience scolaire 
, coll.«
 
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, le cavalier bleu, 2005F
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Institut National de laJeunesse et de l’Education Populaire,2005.
 
IMAGES ET TERRITOIRESChanger le regard sur lesadolescents
 
:
La première leçon est impérative etpréalable à toute action ou politique endirection de ce public.
Il faut changerde regard sur les adolescents.
Qu’ilssoient membres du groupe national depilotage ou acteurs de terrain, tous lesacteurs engagés dans l’expérimentationont pu travailler parce qu’ils ont produitde l’intelligence collective en travaillantensemble, en adoptant une postureréflexive, en acceptant de mettre àdistance pour mieux les analyser et lescomprendre leurs représentations del’adolescence. Et en effet, lors de lapremière réunion du groupe national depilotage, les discours, la manière depenser les relations avec les adolescentsfaisaient la part belle aux représentationsdominantes sur l’adolescence «
 
endanger
 
»
 
: pré-délinquante, menaçantl’ordre public comme si elle se réduisait àcette représentation négative. Il ne s’agitsurtout pas de nier la réalité de certainesformes de violence et la délinquance,mais de se prémunir contre lesamalgames et les représentations tropmonolithiques.Tout au long des rencontres qui ont jalonné le temps de l’expérimentation, enmême temps que chaque site développaitdes actions et y réfléchissait, parce queles acteurs acceptaient une démarcheréflexive, on a vu émerger d’autresreprésentations, des décideurs locauxconsidérer que leur action dépassait lemaintien de la paix sociale et qu’il étaitde leur responsabilité que les adolescentssoient reconnus sur leur territoireautrement que comme menace. Et c’estbien ce changement de regard qui apermis que cette expérimentation,diversifiée dans ses clinaisons,aboutisse à une dynamique collective. Onpeut aller plus loin, et faire l’hypothèseque sans ce changement de regard, sansla reconnaissance d’un droit de parolepour les adolescents, de leur besoin de seretrouver entre eux, d’une autonomieprogressive à favoriser, les actions endirection des adolescents sont vouées àl’échec.
L’espace local
 
: un double enjeu
 
:
Un territoire de vie pour les adolescents 
La deuxième leçon confirme et confortedes acquis des politiques éducativesterritoriales
 
: l’espace local est un enjeu.Certes, Il représente
le lieud’élaboration des politiques«
 
territorialisées et
 
territoriales
 
»
mais, il est avant tout, le
territoire surlequel vivent les adolescents
. Qu’ils’agisse de leur vie familiale, scolaire oude leur vie pendant leur temps libre, ilscirculent, se retrouvent, se rassemblentsur ce territoire de vie. Ce temps libérédes obligations familiales et scolaires estessentiel, c’est un temps de détente etde loisirs certes, mais surtout c’est unfort
temps de sociabilité juvénile
quicontribue à la construction de soi.
Certains espaces
de rencontres et dedéambulation
sont donc chargés desens
pour les jeunes
 
: rues, pieds desimmeubles, centres commerciaux,espaces musicaux. Des sites commeAubagne ou Angers ont comprisl’importance de ces espaces, et lesresponsables rencontrent les jeunes là oùils sont, au pied de leur immeuble, et leurproposent des animations ou des loisirssportifs dans une ambiance conviviale,sans esprit de compétition.On connaît par ailleurs le goût desadolescents pour des rassemblements à
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